Algérie : SE NOYER DANS UN (RE)VERRE D’EAU

« Après un Bengrina faisant flèche de tout bois, et se voyant déjà dans l’habit du futur président de la République, et qui a promis de se plaindre à l’état-major de l’ANP, sachant que celui-ci ne fait pas de politique et ne s’immisce pas dans ce genre de questions -oui, oui, chez nous, le rêve n’a jamais été interdit. Mais les illusions, si- voilà que le staff électoral de Tebboune vient de balancer un énorme pavé dans la mare » .

Par Mohamed Abdoun 

La présidentielle de ce 12 décembre négocie, fort laborieusement il faut le dire, son ultime virage pour aborder comme il se doit sa dernière ligne droite, et piquer ainsi un sprint de tous les diables. Hormis la tentative de Benflis de mettre un pied en Kabylie, par exemple, aucun candidat ne s’y est risqué.

La capitale, aussi, reste une sorte de » cité interdite « , où seul Bengrina a tenté un » bain de foule « , bien caché derrière un imposant cordon sécuritaire et quelques partisans zélés. Les marches favorables à ce rendez-vous électoral, organisée depuis quelques jours par des appendices du pouvoir, à l’instar de l’UGTA, ontelles aussi prouvé qu’une grande majorité de citoyens y est encore rétive.

Que ces candidats n’ont pas correctement mené leurs campagnes respectives. Qu’ils n’ont pas su se montrer convaincants. La meilleure preuve de ce constat, sans doute, réside dans la manière avec laquelle certains d’entre eux en sont arrivés à se crêper le chignon. Au diable, donc, cette fameuse charte solennellement signée sous la » haute autorité » de l’ANIE.

Après un Bengrina fraisant flèche de tout bois, et se voyant déjà dans l’habit du futur président de la République, et qui a promis de se plaindre à l’état-major de l’ANP, sachant que celui-ci ne fait pas de politique et ne s’immisce pas dans ce genre de questions -oui, oui, chez nous, le rêve n’a jamais été interdit. Mais les illusions, si- voilà que le staff électoral de Tebboune vient de balancer un énorme pavé dans la mare. Celui-ci, mené par des » journalistes » en manque d’expérience et de notoriété sans doute, vient de décider de porter plainte contre Mihoubi et sa propre équipe de campagne.

Le reproche qui leur est fait, tenezvous bien, est celui de » propager la fitna entre les citoyens « , et de mener une » propagande tendancieuse pour faire croire que Azzedine Mihoubi est le prochain président de la République selon des instructions venues d’en haut « . Sic. Tebboune, en acceptant de se porter candidat, en dépit du hirak qui persiste dans la rue, a clairement accepté les règles du jeu, et signifié et finigrane que ce scrutin serait libre, et transparent. Le plus ouvert de toute l’histoire de l’Algérie aussi.

Que Mihoubi ait fait croire le contraire -ce dont je doute largement, étant entendu que même s’il était vraiment le favori, il ne gagnerait rien à le crier sur les toits, mais aurait au contraire tout à perdrene devrait en aucune manière déstabiliser son adversaire Tebboune. Ce dernier nous a, en effet, assuré que l’Etat en a fini avec la bande, et que les actuels dirigeants sont cleans, et exclusivement engagés en faveur de l’intérêt suprême de la nation.

Bref, et pour ne pas faire long, ce genre de chamailleries trahissent un début de panique chez certains candidats qui se savent perdants d’avance, qui regrettent d’avoir risqué autant pour gagner si peu, et qui tentent aujourd’hui de sauver les meubles en criant au loup. Mais, à force de l’avoir fait avant, plus personne ne les écoute à présent…

M. A.

La Tribune des lecteurs, 2 déc 2019

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