Barak a affirmé que ses relations avec Epstein étaient privées, mais les documents suggèrent qu’Epstein agissait comme un facilitateur. Après avoir quitté ses fonctions en mars 2013, Barak continue de négocier l’accord. Le 19 mars, il reçoit un e-mail de son beau-frère, Doron Cohen, contenant des documents du MF Group décrivant des plans pour un centre de surveillance et de vidéosurveillance à Abidjan. Les communications sont gardées secrètes grâce à des références cryptiques.
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L’histoire commence fin 2010, lorsqu’une élection présidentielle contestée en Côte d’Ivoire déclenche des violences.
Alors qu’une nation ouest-africaine vacillait au bord du chaos, deux personnages inattendus agissaient en coulisses pour façonner son avenir. L’un était Jeffrey Epstein, financier infâme et délinquant sexuel condamné. L’autre, Ehud Barak, ancien Premier ministre et ministre de la Défense israélien. Ensemble, ils ont transformé les troubles politiques ivoiriens en opportunité commerciale grâce à des e-mails secrets, des réunions privées et une diplomatie discrète.
L’histoire commence fin 2010, lorsqu’une élection présidentielle contestée en Côte d’Ivoire déclenche des violences. L’ONU certifie Alassane Ouattara comme vainqueur, mais le président sortant Laurent Gbagbo refuse de céder le pouvoir. Une intervention française et onusienne renverse Gbagbo en 2011. En juin 2012, Ouattara déjoue un complot de coup d’État et, cinq jours plus tard, rencontre Barak et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à Jérusalem pour discuter de coopération antiterroriste. Une délégation israélienne se rend rapidement en Côte d’Ivoire pour conseiller sur la sécurité et la reconstruction de l’armée présidentielle.
En 2013, à la fin de son mandat en tant que ministre israélien de la Défense et après sa supposée « retraite », Barak vend des services de sécurité israéliens à des gouvernements en difficulté, avec l’aide discrète d’Epstein. Dans des e-mails consultés par Drop Site News, Epstein écrit à Barak : « avec l’explosion des troubles civils […] et le désespoir de ceux au pouvoir, n’est-ce pas parfait pour toi. » Barak répond : « Tu as raison d’une certaine manière. Mais ce n’est pas simple d’en faire une source de revenus. »
En Côte d’Ivoire, cela impliquait de négocier des accords entre l’État israélien et la nation ouest-africaine. Des e-mails divulgués et des documents du US House Oversight Committee cités par Drop Site News montrent l’implication d’Epstein dans des opérations de renseignement israéliennes en Afrique en 2012, alors que Barak était encore ministre de la Défense.
Epstein a contribué à présenter des plans de surveillance des communications téléphoniques et internet ivoiriennes, élaborés par d’anciens responsables du renseignement israélien. Ces arrangements privés devinrent plus tard un accord officiel de sécurité entre Israël et la Côte d’Ivoire en 2014.
En coulisses, Epstein coordonnait des réunions clés. Le 18 juin 2012, le même jour où Barak rencontre Ouattara, le fils de Ouattara rencontre Epstein à New York. Trois mois plus tard, Epstein rencontre la nièce de Ouattara, Nina Keita, puis Barak en privé à l’hôtel Regency. Epstein se rend ensuite en Afrique, prévoyant des étapes en Côte d’Ivoire, en Angola et au Sénégal.
Barak a affirmé que ses relations avec Epstein étaient privées, mais les documents suggèrent qu’Epstein agissait comme un facilitateur. Après avoir quitté ses fonctions en mars 2013, Barak continue de négocier l’accord. Le 19 mars, il reçoit un e-mail de son beau-frère, Doron Cohen, contenant des documents du MF Group décrivant des plans pour un centre de surveillance et de vidéosurveillance à Abidjan. Les communications sont gardées secrètes grâce à des références cryptiques.
Les négociations sont brièvement perturbées par un rapport de l’ONU sur des munitions portant un label israélien, et l’embargo est prolongé. Barak appelle alors des figures de la sécurité israélienne, dont Amos Malka et Michael « Micky » Federmann, ainsi que Sidi Tiemoko Touré, chef de cabinet de Ouattara, le 27 mai.
Sous le prétexte « non sécuritaire » de construire des hôpitaux, Barak arrive à Abidjan le 1ᵉʳ août 2013, rencontrant de hauts responsables ainsi que le président Ouattara.
Le 16 septembre 2013, Barak reçoit une proposition de 13 pages d’Aharon Ze’evi-Farkash détaillant un système SIGINT (renseignement électromagnétique) pour la Côte d’Ivoire. Farkash écrit : « Le document est basé sur l’expérience accumulée durant le service d’Amnon et le mien au sein de l’unité… Je crois que cela répond au critère d’“exportation de connaissances”. J’ai pensé qu’il serait approprié de porter cela à ton attention. »
Barak coordonne d’autres réunions via Epstein à New York.
À la mi-2014, les embargos de l’ONU sont levés, et l’accord de défense et de sécurité intérieure entre Israël et la Côte d’Ivoire est signé.
Des e-mails révèlent également que Yoni Koren, ancien officier du renseignement israélien et proche collaborateur d’Ehud Barak, a séjourné à plusieurs reprises chez Epstein à Manhattan entre 2013 et 2015. Vétéran du Mossad, Koren continuait d’agir comme intermédiaire informel entre Barak et les services de renseignement israéliens.
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