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MIDRAND (Afrique du Sud) – Le Parlement panafricain (PAP) vient de clore l’un des chapitres les plus mouvementés de son histoire récente. Entre allégations de corruption, tentatives de blocage et redistribution des cartes régionales, la délégation marocaine sort de cette session élective affaiblie, n’ayant réussi à décrocher aucun poste clé au sein de l’institution. À l’inverse, l’Algérie confirme son retour en force avec l’élection de Fateh Boutbig à la présidence.
Une stratégie d’influence sur le banc des accusés
Dès l’ouverture des travaux à Midrand, l’ambiance était électrique. Selon plusieurs sources diplomatiques présentes dans les couloirs de l’institution, le Maroc aurait tenté de renverser les rapports de force par des méthodes jugées « contraires à l’éthique parlementaire ». Des témoignages font état de la distribution d’enveloppes financières en marge des sessions officielles, une manœuvre destinée à s’assurer le vote de certaines délégations indécises.
Cependant, cette stratégie de « diplomatie du carnet de chèques » semble avoir produit l’effet inverse. Loin de rallier les suffrages, elle a suscité l’indignation et renforcé la cohésion autour du bloc adverse, précipitant l’isolement du royaume au sein du caucus de l’Afrique du Nord.
Le grand chelem de l’Algérie et le nouveau bloc régional
Le contraste est saisissant : tandis que le candidat algérien Fateh Boutbig a été plébiscité pour diriger l’institution, le Maroc a enregistré une série de défaites humiliantes. Le royaume n’a réussi à conserver aucun de ses acquis, perdant successivement :
- La présidence du bureau régional de l’Afrique du Nord ;
- Le poste de vice-président ;
- Le siège de rapporteur ;
- La représentation au sein de la commission de supervision électorale.
Cette redistribution des rôles profite aux voisins directs. La Tunisie prend la tête du bureau régional, tandis que la Mauritanie s’impose avec deux postes stratégiques (vice-présidence et comité de suivi). Cette nouvelle configuration dessine une Afrique du Nord où le Maroc semble désormais marginalisé par ses propres voisins.
Confusion et incident de séance
Le point d’orgue de cette débâcle a été atteint lors de la session plénière. Dans un ultime effort pour bloquer l’élection de la présidence, la délégation marocaine a tenté de déposer une candidature de dernière minute, en violation directe des règlements de l’Union Africaine (UA) qui exigent une caution régionale préalable.
« C’était une scène d’un amateurisme déconcertant », confie un délégué ouest-africain. « Vouloir forcer une candidature sans l’aval de son propre groupe régional est une erreur diplomatique majeure. »
Le rejet pur et simple de cette motion par le comité d’organisation a laissé la délégation marocaine sans recours, marquant la fin de ses ambitions pour cette législature.
Un tournant pour la diplomatie continentale
Pour les observateurs de la scène africaine, ce qui s’est joué à Midrand dépasse le simple cadre d’une élection interne. C’est le signe d’une mutation profonde : le continent semble de moins en moins sensible aux pressions financières ou aux coups d’éclat procéduraux, privilégiant désormais la « logique du consensus et de la crédibilité institutionnelle ».
Le Maroc, qui avait fait de son retour au sein de l’UA en 2017 le fer de lance de sa politique étrangère, se trouve aujourd’hui face à un mur. Entre isolement diplomatique et perte d’influence, Rabat devra impérativement repenser sa méthode s’il souhaite retrouver une voix qui compte dans l’hémicycle de Midrand.