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Explosions et tirs nourris à Kati, combats à Sévaré et opérations dans la région de Kidal. La junte appelle au calme, mais la vulnérabilité du dispositif sécuritaire apparaît au grand jour.
Une large attaque coordonnée, d’une rare intensité, a secoué le Mali dès les premières heures de ce vendredi 25 avril. Vers 5h du matin, des explosions et des tirs d’armes automatiques ont retenti simultanément dans plusieurs villes du pays, y compris aux abords de la capitale Bamako, visant des positions stratégiques des Forces armées maliennes (FAMa).
Épicentres des violences : Kati, Sévaré, Kidal
À Kati, à une quinzaine de kilomètres de Bamako, le camp militaire Soundiata, principale base de garnison de la région, a été la cible d’au moins deux fortes détonations, suivies de rafales soutenues. Des témoins font état d’une possible attaque à la voiture piégée visant la résidence du ministre de la Défense, Sadio Camara. Des soldats ont rapidement bouclé les voies d’accès. Un hélicoptère d’attaque Mi-24 des FAMa a été aperçu survolant la capitale, signe d’une riposte aérienne immédiate.
À Sévaré (région de Mopti), des combats intenses sont en cours autour de la base militaire. Selon des sources sécuritaires et des analystes suivis sur X (ex-Twitter), dont Paweł Wójcik et le compte Saheliens, l’attaque est attribuée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Des allégations non confirmées de manière indépendante évoquent une possible pénétration des assaillants dans une partie de l’enceinte. Ce serait l’opération la plus importante depuis l’offensive coordonnée de juillet 2025 dans l’ouest du pays.
Dans la région de Kidal, le Front de libération de l’Azawad (FLA, séparatistes touaregs) a revendiqué des opérations contre les positions maliennes. Plusieurs bases auraient été prises ou contournées. Des informations non vérifiées font état d’un retrait tactique des forces gouvernementales et des mercenaires d’Africa Corps (ex-Wagner) dans certains secteurs.
Réaction officielle : « Neutraliser les assaillants »
Dans un communiqué publié en milieu de matinée, l’État-Major général des Armées a confirmé des attaques contre « plusieurs points stratégiques et casernes » à Bamako et ailleurs. Il appelle la population au calme et à la vigilance, tout en assurant que les FAMa sont engagées pour « neutraliser les assaillants ». Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des mouvements de troupes et des ripostes aériennes.
Aucun bilan officiel n’a été communiqué à ce stade. Les combats étaient toujours signalés à Sévaré vers 10h30, tandis que la situation à Kati paraissait sous contrôle, selon des sources locales.
Une menace hybride – djihadistes et séparatistes
Depuis plusieurs mois, les FAMa, appuyées par Africa Corps (l’héritier russe de Wagner), font face à une menace hybride. D’un côté, les djihadistes du JNIM, ultra-mobiles et de plus en plus sophistiqués (drones, attaques simultanées). De l’autre, les rebelles touaregs du FLA, avec lesquels des alliances tactiques ponctuelles semblent se dessiner – un scénario redouté depuis longtemps par les observateurs.
L’attaque de ce 25 avril pourrait marquer un nouveau palier dans l’escalade du conflit. Elle intervient après l’offensive de juillet 2025 dans l’ouest (Kayes, Niono), qui avait déjà démontré la capacité du JNIM à frapper sur plusieurs fronts à la fois.
Analyse : un test existentiel pour la junte
Pour la junte malienne, qui a fait de la reconquête de la souveraineté et de la sécurité son cheval de bataille, cette journée est un test majeur. La simultanéité des frappes – y compris aux portes de Bamako – révèle une vulnérabilité persistante, malgré des années d’appui russe et un discours martial.
« Cette attaque pourrait signer un début de retrait des mercenaires russes, qui, malgré leurs succès dans la prise des villes du Nord, refusent les engagements à large spectre, notamment à l’ouest, se contentant de contrôler les zones conquises », analyse un spécialiste régional sous couvert d’anonymat. Si les informations sur la fuite des éléments d’Africa Corps à Kidal se confirmaient, ce serait un coup dur tant pour Moscou que pour Bamako.
Aucune revendication officielle pour l’instant
Aucun groupe n’a formellement revendiqué l’ensemble des attaques au moment de la rédaction de cet article. Mais l’empreinte opérationnelle – simultanéité, choix de cibles, zones géographiques – correspond aux modes d’action habituels du JNIM, avec une possible coordination ponctuelle avec le FLA.
Les autorités maliennes insistent sur leur « détermination ». Mais sur le terrain, les faits sont têtus : le Mali n’a jamais été aussi proche d’un embrasement généralisé depuis le départ de la force Barkhane et de la MINUSMA.
Avec Menadefense