Sahara occidental : «Biden peut annuler sans risque la décision de Trump» selon des universitaires américains

La déclaration unilatérale du président sortant Donald Trump sur la prétendue souveraineté du Maroc dur le Sahara occidental ne cesse de susciter l’indignation de l’opinion publique américaine et internationale.

Pour certains analystes, l’élu à la présidence américaine à la possibilité d’annuler cette déclaration. C’est d’ailleurs l’avis de nombreux hommes politiques américains. «Joe Biden peut revenir sur la décision du président américain sortant, Donald Trump, relative à la reconnaissance de la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental sans «conséquences sur le plan stratégique», ont soutenu trois universitaires américains dans une tribune publiée dans le magazine américain Foreign Policy. «Il n’y a aucune raison stratégique empêchant Biden d’annuler, dès son investiture (le 20 janvier courant), le revirement impétueux de Trump», au sujet du Sahara occidental, assurent les auteurs du texte, Jospeh Huddleston, Harshana Ghoorhoo, Daniela A. Maquera Sardon, trois chercheurs de l’université Setan Hall (Etats-Unis) spécialisés dans les questions de politique internationale. 
Les auteurs de la tribune ont constaté, par ailleurs, que l’un des éléments les plus frappants dans la proclamation de Donald Trump (faite le 10 décembre dernier) est le fait qu’elle ait été liée à la normalisation des relations diplomatiques entre le régime marocain et l’entité sioniste. Une normalisation qui a été le prix à payer par le Maroc pour «gagner» la reconnaissance du président américain sortant, notent les universitaires. Ils relèvent que la décision de Trump a été rendu publique «alors que le Maroc et le Front Polisario, le mouvement de libération sahraoui, s’engageaient dans un conflit armé actif». Ils ont tenu à rappeler, en outre, le caractère illégal de la présence marocaine au Sahara occidental, en vertu des résolutions des Nations unies et des verdicts prononcés par plusieurs cours internationales. 
«Ceci signifie que les activistes défendant le droit à l’autodétermination (du peuple sahraoui) et le Front Polisario ne sont pas des «séparatistes», comme cela a été mentionné dans le Washington post et le New York Times, mais plutôt un mouvement de décolonisation», affirment les trois universitaires. «Le fait que les Etats-Unis prennent position en faveur de l’occupation démontre que la politique étrangère de ce pays privilégie désormais le pouvoir à la loi et les actions unilatérales à la coopération», déplorent-ils, considérant, néanmoins, que tout n’était pas perdu et que l’annulation de la décision de Trump serait «aussi facile à faire qu’une rature sur un texte». 
«En théorie, le gouvernement marocain pourrait réagir au changement de la position américaine en rompant ses relations diplomatiques avec Israël, mais il paierait un prix plus élevé que les Etats-Unis», notamment sur le plan économique, assurent les universitaires. «Il s’agit d’une crise mais c’est aussi une opportunité pour les Etats-Unis et les Nations unies. Une administration Biden engagée en faveur d’une justice anticoloniale et considérant la coopération internationale comme une voie pour résoudre les conflits pourrait donner la possibilité au Conseil de sécurité de l’ONU de mettre enfin en œuvre le référendum qui résoudra le conflit une fois pour toutes», estiment-ils. 
A l’échelle internationale, la mobilisation au profit de la cause sahraouie se renforce de jour en jour. « La lutte du peuple sahraoui pour l’indépendance et l’autodétermination doit rester une priorité pour le continent africain, a indiqué une déclaration du Comité exécutif du Congrès national africain (ANC), au pouvoir en Afrique du Sud. De son côté la diplomatie suédoise a réitéré la nécessité d’organiser un référendum d’autodétermination libre au Sahara occidental, saluant les récentes déclarations de l’ancien conseiller à la sécurité nationale américaine, John Bolton dans lesquelles il avait critiqué la reconnaissance de la prétendue «souveraineté» du Maroc sur le Sahara occidental, en échange de la normalisation avec Israël.
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