L’intégration économico-sociale maghrébine : une impérieuse nécessité

L’intégration économico-sociale maghrébine devient une impérieuse nécessité pour mieux relever ensemble tous les défis du moyen et du long terme qui s’accumulent. Cette intégration est, à ce jour, nettement en retard par rapport à d’autres régions du monde, mais elle peut et doit emprunter des raccourcis pour accélérer le rythme de son édification en parfaite synergie avec son partenaire principal l’Union européenne, mais également avec les autres pôles de l’économie mondialisée.

Le Maghreb peut maintenant tirer, avec intelligence, un grand profit de l’expérience des autres régions en évitant les erreurs et les insuffisances et en optimisant les voies du succès (le problème du Sahara trouvera sa solution quand l’intégration avancera et commencera à apporter ses fruits.)

Les études comparatives sur les résultats des intégrations régionales avancées sont nombreuses, il faut les exploiter en ayant toujours à l’esprit nos spécificités et en évitant deux erreurs majeures qui ont été commises dans certaines régions : laisser s’installer voir s’aggraver une fracture sociale et une fracture identitaire et ne pas pratiquer des politiques communes de vrai co-développement. Notre futur commun, pour relever les défis et les menaces, ne peut être construit d’une manière viable que sur la base d’une volonté commune forte autour d’une vision claire d’une société de progrès et d’ouverture. Une société qui sans renier ses racines et ses vrais valeurs musulmanes humanistes, fait de la cohésion sociale son primat fondateur et du développement durable l’outil principal de promotion et d’épanouissement de l’homme et de la femme dans un Maghreb où il sera toujours agréable de vivre pour tous.

En termes plus concrets, nous devons imaginer un Maghreb « objectif » qui, à l’horizon 2030 aura éradiqué la pauvreté, l’analphabétisme et l’extrémisme par un authentique développement régional intégré. Un Maghreb qui en matière de critères de développement humain aura rejoint ses partenaires du Nord les plus proches. Un Maghreb dont le moteur sera une population jeune, innovante et créatrice de richesse. Une jeunesse bien dans sa peau, valorisée par une nouvelle culture de l’entreprenariat responsable, une culture de la tolérance et de la démocratie citoyenne et une culture du dialogue permanent avec les autres peuples. Une société maghrébine consolidée et durablement stabilisée par une grande classe moyenne bénéficiant d’un bien-être raisonnable, bien motivée pour les activités diversifiés auxquelles elle s’adonne, participant avec efficience à l’action collective politique, sociale et culturelle. En un mot, des Maghrébins en 2030 fiers de leur appartenance à leur pays et à la région, à la construction de laquelle ils auront grandement contribué; fiers, également, de la réussite mutuellement profitable des partenariats multi-sectoriels qu’ils auront développés avec l’Union Européenne.

Dans une telle perspective, les quatre libertés de circulation recherchées (personnes, capitaux, biens, services) ne peuvent être que de simples moyens, parmi d’autres. Elles ne peuvent apporter les résultats escomptés pour la réalisation d’une vision commune d’un destin de prospérité partagé que si elles étaient accompagnées par des politiques multi-sectorielles communes de qualité, mise en œuvre avec compétence.

Et je place la politique commune de formation des ressources humaines aux premières loges. C’est avec des ressources humaines de haute qualité, maîtrisant le savoir et le savoir faire qu’on relèvera tous nos défis.

Ainsi, le Maghreb Uni, qu’on se doit de faire émerger avant 2030 en synergie avec une Union Européenne qui aura tiré véritablement toutes les leçons des résultats mitigés du Processus de Barcelone peut apporter la preuve que « le choc des civilisations » n’aura pas lieu et offrir au monde un modèle de coopération régionale et intra-régionale renforcée qui pallie aux défaillances actuelles de la gestion inefficiente de la mondialisation. Il me semble approprié de réfléchir à notre futur régional commun tout en ayant pleinement conscience de l’ampleur et de la complexité des défis et des enjeux du monde que nous vivons.

La Régionalisation n’est pas antinomique de la globalisation et de la mondialisation. Elle n’efface pas totalement les interdépendances devenues structurelles entre tous les pays de notre planète. Une régionalisation réussie permet, seulement, de mieux s’insérer dans la dynamique de la mondialisation pour tirer profit des opportunités et tenter d’éviter, autant que se peut ses dérives.

2030, avec l’accélération de l’histoire c’est demain ! Mais, c’est en même temps 22 prochaines longues années de labeur intense pour tous, si nous voulons bâtir pour nos peuples un avenir meilleur et si nous voulons placer les cinq pays de l’UMA dans l’orbite de la convergence avec nos partenaires du Nord de la Méditerranée.

L’essentiel de l’effort nécessaire pour construire notre avenir ne peut venir, en premier lieu, que d’une mobilisation nationale forte autour des réformes nationales multi-sectorielles incontournables. Réformes qu’il faudra, selon l’état des lieux de chaque pays, soit poursuivre et parachever, soit entreprendre en accélérant leur mise en œuvre pour faire en sorte qu’une convergence maghrébine, notamment législative et réglementaire, puisse émerger rapidement dans divers domaines notamment pour l’environnement des entreprises, les formalités administratives, les facilitations pour les investissements intra-maghrébins et le développement d’un marché financier maghrébin.

Les avancés et l’expérience acquise déjà dans certains domaines par deux pays de la région sera mise à la disposition des autres pays qui le souhaitent pour accélérer une dynamique de l’harmonisation mutuellement avantageuse. Une concertation permanente plus forte sur les réformes futures sera éminemment précieuse et renforcera la confiance, fondement de tout travail commun. Les effets bénéfiques de l’intégration maghrébine ne feront qu’appuyer et potentialiser les résultats de l’effort national qui demeurera toujours déterminant.

Un grand programme de développement agricole et rural durable pour le Maghreb

Je mettrai en premier lieu, de nos défis, la sécurité alimentaire conçue comme la capacité de nos pays et de notre région à rendre disponible à nos populations des biens alimentaires répondant aux normes sanitaires et à des prix compatibles avec le pouvoir d’achat des différentes catégories : Cela pose tout de suite les problématiques d’un grand chantier du développement agricole et rural durable et économe en eau pour toute la région Euro-méditerranéenne pour les deux prochaines décennies.

L’Union Européenne peut elle s’exonérer d’une implication plus grande et plus significative pour mettre en œuvre avec les pays du Sud de la Méditerranée un grand programme de développement de la productivité agricole, agro-alimentaire et de maîtrise des techniques d’irrigation économe en eau pour les pays de son Sud avec ses volets « formation », « recherche » et « développement » axé essentiellement sur la sélection des semences et plants adaptés aux zones arides ainsi que la lutte contre la désertification.

Pour relever les défis du changement climatique et celui de la sécurité alimentaire, les cinq pays du Maghreb devraient décréter d’urgence la faisabilité du Maghreb agricole et rural durable avec toute ses composantes : marché commun agricole maghrébin, mise en synergie totale des moyens de formation et de recherche, développement agricole concerté et coordonné, ouverture totale aux investissements réciproques dans les sociétés de développement agricoles et de développement rural intégré. La création d’un Fond maghrébin pour le développement agricole, agro-alimentaire de développement régional intégré et pour l’appui à la recherche devrait être mise à l’étude. Un tel fond pourrait être alimenté par une contribution annuelle de chaque pays membre de l’UMA de l’ordre de 0,25 du PIB de chaque pays (sur la base d’un PIB maghrébin estimé à quelques 303 milliards de dollar en 2007 cela donnera une dotation annuelle de l’ordre de 750 millions de dollars).

Avec un plan d’action précis, une stratégie de mise en œuvre efficace et un suivi rigoureux on incitera certainement des pays donateurs conscients des enjeux à abonder l’effort financier maghrébin et à le multiplier par deux. La révolution verte du Maghreb peut devenir, alors, une réalité en marche. L’économie de la connaissance (y compris les TIC bien entendu ) aura toute sa place pour valoriser l’agriculture du Maghreb de demain.

Le Maghreb de l’énergie est déjà en marche

En second lieu est placé le défi de la sécurité énergétique : Le Maghreb de l’énergie est aujourd’hui une réalité qui ne cesse d’avancer. En matière de garantie d’approvisionnement pour l’horizon 2030 et dans le cadre des intérêts mutuels bien compris, les deux pays maghrébins exportateurs devraient pouvoir, par le biais de contrats de livraisons à moyen et long terme, assurer l’approvisionnement des trois autres pays de manière telle que l’ensemble du Maghreb soit sécurisé sur le long terme. Le secteur par ailleurs offre de très larges possibilités de partenariat maghrébin et euro méditerranéen tant dans le domaine de la prospection pétrolière et gazière, que dans le raffinage et la distribution.

La coopération déjà existante dans le domaine de l’interconnexion des réseaux électriques devrait pour être optimisée s’étendre à une forte concertation sur les programmes lourd du moyen et long terme relatif à la production d’électricité, soit pour les turbines à gaz ou pour les turbines mixte gaz-solaire ou pour le nucléaire civil ou on peut imaginer des projets communs.

Le solaire et l’éolien devraient offrir des opportunités considérables pour les pays du Maghreb pour un travail en commun depuis la recherche-développement jusqu’à la production des équipements pour les besoins locaux et l’exportation notamment en Afrique.

Construire le Maghreb par la diffusion de la maîtrise de la connaissance et du savoir faire

La transition démographique dans notre région est à la fois un défi et un atout : durant les deux prochaines décennies dans les cinq pays de l’UMA la population dans la tranche 16-60 ans continuera à augmenter. Ce sera un atout si nous arrivons à créer une adéquation qualitative et quantitative entre les créations d’emploi et notamment les sorties de notre système éducatif et de formation. Ce sera un atout si graduellement on réussit à faire baisser le chômage, notamment celui des jeunes en augmentant les créations annuelles d’emplois d’au moins 30% par an pour arriver vers 2030 à un taux moyen de chômage se rapprochant de la moyenne européenne. C’est, l’un de nos grands paris, et il est impératif de le gagner. Cela sera difficile mais non impossible. Cela passe, entre autres, par une mise à niveau rapide et de grande envergure de notre système éducatif et de formation.

Certes, nos pays ont engagé, à des rythmes divers, de grandes réformes, dont la mise en œuvre se poursuit. Il appartient bien entendu à chaque pays de définir son propre parcours de réformes. Certes, nous disposons, les uns et les autres, d’un noyau d’excellents universitaires et enseignants ! Mais dans ce que je propose, il s’agit d’une mise à niveau de ce qui peut être réalisé en commun et qui vise, essentiellement, l’élargissement du champ de l’excellence.

A ce titre, il s’agit de s’employer à bien choisir et à faire évoluer sans complexe notamment dans les sciences exactes, les sciences appliquées, la technologie, l’ingénierie, le management des entreprises et la gestion administrative ce que l’Europe, l’Amérique ou même l’Asie a de meilleur. Cela veut dire que nous devons choisir nos partenariats dans les Universités, les Instituts, les Grandes écoles et les Centres de formation Professionnelles et Technologiques parmi les établissements étrangers les mieux classés ou les mieux cotés de par le monde avec l’ambition de voir avant 2030 au moins 25% de nos propres institutions figurant dans le classement mondial de ce qui est devenu une sorte de marché mondial de la formation.

Sans cette mise à niveau accélérée de nos ressources humaines vers l’excellence, on ne pourra pas développer à temps, nos jeunes pôles de compétitivité, pour en faire des un grand programme de développement Agricole et rural durable pour le MaghrebU. n grand Programme de développement Agricole et rural durable pour le Maghreb l’innovation, la créativité, la multiplication et l’agglomération des grappes d’entreprises compétitives.

Pour gagner la bataille de la compétitivité avec nos partenaires européens c’est la qualité, les compétences et le savoir faire de nos ressources humaines qui seront notre principal avantage comparatif, notre principal atout durable s’ajoutant à notre proximité géographique de l’Europe à un moment où le coût de l’énergie va inéluctablement renchérir de nouveau le coût du transport des produits en provenance des zones lointaines.

Mais, parallèlement, aux autoroutes maritimes et autres projets physiques, le projet prioritaire le plus structurant, que nous devons réaliser au cours des cinq prochaines années devrait être un grand projet de mise à niveau vers l’excellence de nos Universités, de nos Instituts, de nos Grandes Ecoles, de nos Centres de recherches et de nos pôles de compétitivité, de nos pépinières de création d’entreprise, ainsi que de nos centres de formations professionnelles.

Cofinançons un tel projet en y incluant une grande université Virtuelle Euro-Maghrébine diplômante pour la formation à distance dans des disciplines à définir. Il sera impératif pour l’avenir de nos pays de nous employer à entreprendre ce projet commun par le biais d’un Fond Commun Maghrébin ad hoc à créer. Cela paraît hautement prioritaire et pourrait à juste titre nous conduire à dire que nous construisons notre Maghreb par la maîtrise du savoir.

Dans l’alternative d’un Maghreb qui compte avant tout sur ses propres potentialités les modestes noyaux d’universités virtuelles que nos pays ont commencé à réaliser seraient à mettre en pool ou à fusionner et le parachèvement de travaux en cours sera accéléré par une mise en commun des moyens et par des aides bilatérales des pays amis qui choisiront de participer à cette belle aventure avec nous.

Parmi nos défis, il y a lieu de citer en premier lieu la sécurité alimentaire conçue comme la capacité de nos pays et de notre région à rendre disponible à nos populations des biens alimentaires répondant aux normes sanitaires et à des prix compatibles avec le pouvoir d’achat des différentes catégories.

Cela pose tout de suite les problématiques d’un grand chantier du développement agricole et rural durable et économe en eau pour toute la région maghrébine pour les deux prochaines décennies.

L’Union Européenne peut, elle, s’exonérer d’une implication plus grande et plus significative pour mettre en œuvre avec les pays du Sud de la Méditerranée un grand programme de Développement de la productivité agricole, agro-alimentaire et de maîtrise des techniques d’irrigation économe en eau pour les pays de son Sud avec ses volets Formation, Recherche et développement axé essentiellement sur la sélection des semences et plants adaptés aux zones arides ainsi que la lutte contre la désertification.

Pour relever les défis du changement climatique et celui de la sécurité alimentaire les cinq pays du Maghreb devraient décréter d’urgence la faisabilité du Maghreb agricole et rural durable avec toute ses composantes : marché commun agricole maghrébin, mise en synergie totale des moyens de formation et de recherche, développement agricole concerté et coordonné, ouverture totale aux investissements réciproques dans les sociétés de développement agricoles et de développement rural intégré. La création d’un fond maghrébin pour le développement agricole, agro-alimentaire de développement régional intégré et pour l’appui à la recherche devrait être mise à l’étude. Un tel Fond pourrait être alimenté par une contribution annuelle de chaque pays membre de l’UMA de l’ordre de 0,25 du PIB de chaque pays.

En second lieu, il y a lieu de placer le défi de la sécurité énergétique : Le Maghreb de l’énergie est aujourd’hui une réalité qui ne cesse d’avancer. En matière de garantie d’approvisionnement pour l’horizon 2030 et dans le cadre des intérêts mutuels bien compris, les deux pays maghrébins exportateurs devraient pouvoir, par le biais de contrats de livraisons à moyen et long terme, assurer l’approvisionnement des trois autres pays de manière telle que l’ensemble du Maghreb soit sécurisé sur le long terme.

Le Maghreb de l’énergie est le secteur, par ailleurs, offre de très larges possibilités de partenariat maghrébin et euro méditerranéen tant dans le domaine de la prospection pétrolière et gazière, que dans le raffinage et la distribution.

La coopération déjà existante dans le domaine de l’interconnexion des réseaux électriques devrait, pour être optimisée, s’étendre à une forte concertation sur les programmes lourds du moyen et long terme relatif à la production d’électricité, soit pour les turbines à gaz ou pour les turbines mixte gaz-solaire ou pour le nucléaire civil ou on peut imaginer des projets communs.

Le solaire et l’éolien devraient offrir des opportunités considérables pour les pays du Maghreb pour un travail en commun depuis la recherche-développement jusqu’à la production des équipements pour les besoins locaux et l’exportation notamment en Afrique.

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