Sahara Occidental : Quand un politicien demandait au Maroc d’arrêter de bombarder les mauritaniens avec ses « infos tronquées sur le Front Polisario »

Outré par ces tentatives de manipulation, Jean Tremblay a tenu à mettre les points sur les « i », en s'appuyant sur des documents d'archives pour rétablir ce qu'il estime être la vérité. Il rappelle ainsi que les câbles diplomatiques divulgués par WikiLeaks, et repris par le journal espagnol El Pais en décembre 2010, contredisent formellement les allégations marocaines. « Dans les câbles de WikiLeaks, la diplomatie américaine et les services de renseignements des USA disent clairement que le Front Polisario n'a pas de lien avec le terrorisme et l'extrémisme religieux », affirme-t-il.

Dans une intervention cinglante relayée par le site mauritanien Cridem, le politicien canadien Jean Tremblay a vivement dénoncé ce qu’il considère comme une campagne de désinformation menée par les médias marocains à l’encontre de l’opinion publique mauritanienne. L’élu de la région de Saguenay–Lac-Saint-Jean a accusé les autorités du Makhzen de tenter de manipuler la perception du conflit au Sahara occidental en liant artificiellement le Front Polisario au terrorisme.

« L’agence marocaine de presse et d’autres médias marocains, très souvent pilotés par les services de renseignements du makhzen, font de plus en plus apparition sur les sites mauritaniens pour dénigrer le mouvement du Front Polisario au Sahara occidental », écrit Jean Tremblay dans son article. Il déplore particulièrement l’utilisation de « soi-disant dépêches » qui prétendent que la direction du Front Polisario est infiltrée par la mouvance d’Aqmi. « On cite même les médias américains les plus éloignés pour donner crédit à ces allégations », ajoute-t-il, avant de contre-attaquer : « Je crois qu’Aqmi est déjà implanté au Maroc. Les attentats de Casablanca et autres villes marocaines en attestent de cette triste réalité mondiale du terrorisme. »

Outré par ces tentatives de manipulation, Jean Tremblay a tenu à mettre les points sur les « i », en s’appuyant sur des documents d’archives pour rétablir ce qu’il estime être la vérité. Il rappelle ainsi que les câbles diplomatiques divulgués par WikiLeaks, et repris par le journal espagnol El Pais en décembre 2010, contredisent formellement les allégations marocaines. « Dans les câbles de WikiLeaks, la diplomatie américaine et les services de renseignements des USA disent clairement que le Front Polisario n’a pas de lien avec le terrorisme et l’extrémisme religieux », affirme-t-il.

Le politicien québécois cite des extraits de ces documents selon lesquels le Front Polisario ne soutient pas le terrorisme, s’attache à combattre le trafic d’armes et ne favorise pas l’accès des sites extrémistes à l’intérieur des camps de réfugiés sahraouis. « Un document confidentiel publié en décembre 2009 », ajoute-t-il, indique que le Front Polisario mène également une « lutte contre l’émigration clandestine, le trafic d’armes et de la drogue », une position saluée par des organisations non-gouvernementales occidentales.

Ces affirmations trouvent un écho dans des rapports d’experts et des analyses de la région. Si certaines études publiées en 2010 soulignaient les risques de dérive d’une partie de la jeunesse sahraouie face à l’enlisement du conflit, elles mentionnaient également des arrestations de cadres du Polisario soupçonnés de liens avec des groupes armés, comme le mufti du Polisario arrêté par les services algériens en janvier 2010 pour ses liens présumés avec Aqmi . Cependant, la position officielle des États-Unis à cette époque était plus nuancée. En novembre 2010, le coordinateur du département d’État pour le contre-terrorisme, Daniel Benjamin, avait déclaré que la violence au Sahara occidental restait une « violence politique traditionnelle » et qu’il n’avait pas vu la preuve que les opérations d’Aqmi s’étendaient dans cette région .

« Donc, j’aimerais bien que les services de presse et de renseignements marocains arrêtent de bombarder les Mauritaniens avec leurs infos tronquées et biaisées relativement au peuple sahraoui », conclut Jean Tremblay. Il exprime sa confiance en le jugement des Mauritaniens, « compte tenu de l’histoire et de leur proximité avec ces braves Sahraouis », pour qu’ils se forgent leur propre opinion sur ce conflit.

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