Avocate exerçant au Maroc et profitant d’un logement social à Bruxelles

Une enquête déclenchée à la suite d’un signalement auprès de l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) a révélé le cas d’une femme qui aurait bénéficié pendant près de deux décennies de plusieurs dispositifs sociaux en Belgique alors qu’elle exerçait parallèlement comme avocate au Maroc, selon le site PAL.

L’affaire, qui alimente une nouvelle polémique sur les contrôles des aides sociales à Bruxelles, concerne une avocate marocaine qui aurait conservé un logement social dans la capitale belge ainsi que diverses prestations, notamment une indemnité d’invalidité et une intervention majorée pour les soins de santé, alors que son activité professionnelle se déroulait à l’étranger.

Une déclaration d’incapacité de travail contestée

Selon PAL, l’enquête aurait débuté après que son ex-mari a informé l’INAMI de la situation. Les vérifications menées par l’organisme auraient montré que la bénéficiaire déclarait être incapable de travailler en Belgique depuis 2016, tout en étant inscrite au barreau au Maroc et en y exerçant la profession d’avocate depuis plus de vingt ans.

D’après les informations rapportées par le média belge, la femme résidait principalement au Maroc avec sa famille et ne se rendait en Belgique que ponctuellement, parfois pour des périodes limitées, notamment pour des démarches administratives ou des rendez-vous médicaux.

Les autorités auraient estimé que son véritable centre de vie se trouvait au Maroc, alors que son dossier administratif en Belgique lui permettait de continuer à accéder à plusieurs avantages sociaux.

Un logement social bruxellois au cœur de la controverse

Au-delà des allocations, l’affaire concerne également l’occupation d’un logement social à Bruxelles. Selon PAL, la femme aurait obtenu ce logement en raison de son statut social déclaré en Belgique, combiné à son accès à une allocation d’invalidité et à une intervention majorée pour les frais médicaux.

Les vérifications auraient également porté sur la situation familiale. Selon le média, aucun de ses enfants n’aurait jamais été inscrit dans une école en Belgique, un élément utilisé par les enquêteurs pour appuyer l’hypothèse d’une résidence effective au Maroc.

Une nouvelle polémique politique sur la fraude sociale

Cette affaire intervient dans un contexte de débat politique intense en Belgique sur la lutte contre la fraude aux prestations sociales. Le président du Mouvement réformateur (MR), Georges-Louis Bouchez, a réagi dans les colonnes de La Dernière Heure, dénonçant un système de contrôle qu’il juge insuffisant.

« Notre système social est aussi troué qu’un tamis », a-t-il déclaré, selon PAL.

Le responsable politique estime que les abus pourraient être plus nombreux que les cas actuellement détectés et plaide pour la création d’un registre fédéral permettant de mieux croiser les données liées aux différentes aides sociales.

Selon Bouchez, cité par PAL, ces fraudes ne concernent pas uniquement les personnes installées dans un pays précis mais peuvent impliquer plusieurs États, ce qui nécessiterait davantage d’accords internationaux pour faciliter l’échange d’informations.

Vers un renforcement des contrôles ?

Le gouvernement belge prévoit dans son accord de législature de renforcer les mécanismes de lutte contre les abus dans le système social. Parmi les pistes évoquées figure la mise en place d’un cadastre centralisé des prestations sociales afin d’améliorer le suivi des bénéficiaires.

L’affaire de cette avocate bruxelloise illustre une difficulté récurrente pour les autorités : vérifier la résidence réelle des bénéficiaires et lutter contre les situations où des avantages sociaux belges continuent d’être perçus alors que la vie quotidienne se déroule principalement à l’étranger.

Selon PAL, le dossier pourrait servir de nouvel argument aux partisans d’un contrôle renforcé des prestations sociales transfrontalières, alors que le débat sur la fraude aux aides publiques reste particulièrement sensible en Belgique.

Mise à jour :

À ce jour, il n’existe pas d’information publique fiable indiquant précisément ce qu’est devenue cette avocate après la révélation de l’affaire en juillet 2025. Les médias qui ont rapporté le dossier se sont principalement concentrés sur la découverte de la situation par l’INAMI et sur les réactions politiques, mais n’ont pas publié d’éléments sur une éventuelle condamnation, une restitution des sommes perçues ou une procédure judiciaire aboutie.

Ce que l’on sait :

L’INAMI a ouvert une enquête après un signalement effectué par son ex-conjoint. Selon les informations rapportées par plusieurs médias, l’organisme a conclu qu’elle aurait déclaré une incapacité de travail en Belgique alors qu’elle exerçait comme avocate au Maroc depuis 2003.

Les autorités auraient considéré que son domicile réel se trouvait au Maroc, où elle vivait avec sa famille, tandis qu’elle conservait en Belgique un dossier lui permettant de bénéficier d’un logement social, d’une prime d’invalidité et d’une intervention majorée pour les soins de santé.
À la suite des contrôles, il est probable que ses droits sociaux aient été réévalués ou suspendus, mais aucun communiqué public détaillant les sanctions administratives ou judiciaires n’a été identifié.

Plusieurs questions restent donc sans réponse publique :

-A-t-elle été contrainte de rembourser les allocations et avantages perçus ?
-Le logement social bruxellois a-t-il été récupéré par l’administration ?
-Une plainte pénale pour fraude sociale a-t-elle été déposée ?
-Continue-t-elle à exercer comme avocate au Maroc ?

L’affaire semble avoir surtout été utilisée comme exemple politique dans le débat belge sur la fraude sociale, notamment par Georges-Louis Bouchez (MR), qui a appelé à renforcer les contrôles et le croisement des données entre pays.

Si une procédure judiciaire a été engagée après juillet 2025, elle n’a pas, à notre connaissance, fait l’objet d’une communication publique permettant de connaître son issue.

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