Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a tenu le 16 juillet dernier à Rabat des propos qui risquent de raviver les tensions avec l’Algérie, alors même que Paris et Alger tentaient de renouer le dialogue après une longue période de glaciation diplomatique.
En visite officielle au Maroc, le chef du gouvernement français a réaffirmé avec force le soutien de la France à la position marocaine sur le dossier du Sahara occidental. Qualifiant l’engagement de la France aux côtés du Maroc de « loyal et fidèle », il a insisté sur le caractère « intangible » de la position française, telle qu’exprimée par le président Emmanuel Macron dans sa lettre au roi Mohammed VI lors de la Fête du Trône, le 30 juillet 2024.
Une formule qui change la donne
Si le rappel de cette position n’est pas nouveau, c’est une petite phrase ajoutée par Sébastien Lecornu qui fait aujourd’hui polémique : « Nous en tirerons toutes les conséquences. »
Cette formule, inédite dans la communication officielle française sur ce sujet, est perçue par de nombreux observateurs comme un message de défiance explicite à l’égard de l’Algérie. Dans un contexte de reprise progressive, bien que fragile, des contacts entre les deux capitales, cette surenchère verbale suscite des interrogations majeures sur les intentions réelles de Paris. Quel était l’objectif de cette déclaration, sinon celui de braquer, une fois de plus, le voisin algérien au risque de fragiliser une dynamique diplomatique chèrement acquise ?
Un contraste avec les appels à l’apaisement
Cette sortie du Premier ministre français détonne avec les discours officiels prônant l’apaisement, régulièrement affichés de part et d’autre de la Méditerranée. Alors que la France et l’Algérie tentent, non sans mal, de tourner la page de plusieurs mois de crise profonde, cette prise de position pourrait être interprétée comme un frein brutal à toute perspective de normalisation durable.
L’angle mort des priorités diplomatiques
Par ailleurs, cette visite met en lumière un paradoxe frappant : si la question du Sahara occidental occupe le devant de la scène, d’autres dossiers sensibles semblent relégués au second plan. Le cas du journaliste français Christophe Gleizes, dont la famille et les proches multiplient les appels à la libération, semble cruellement absent des priorités affichées par le chef du gouvernement lors de ce déplacement.
Alors que la diplomatie française navigue dans des eaux de plus en plus troubles au Maghreb, les propos de Sébastien Lecornu à Rabat marquent une étape supplémentaire dans une séquence diplomatique où les mots pèsent autant, sinon plus, que les actes.
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