Contrairement au Maroc, le PNR Rifain ne revendique pas la souveraineté sur Ceuta et Melilla

Le Parti National Rifain affirme ainsi se distinguer à la fois de la position officielle du Royaume du Maroc, qui revendique la souveraineté sur Ceuta et Melilla, et des interprétations qui réduiraient sa position à une simple question territoriale.

Le mouvement rifain revendique une lecture différente du débat hispano-marocain sur les deux villes autonomes, en s’appuyant sur l’héritage politique d’Abdelkrim El Khattabi et en présentant Ceuta et Melilla comme des espaces de rencontre plutôt que comme de simples enjeux territoriaux.

Dans le contexte des relations diplomatiques entre l’Espagne et le Maroc, la question de Ceuta et Melilla demeure l’un des sujets les plus sensibles. Ces deux villes autonomes espagnoles, situées sur la côte nord-africaine, cristallisent depuis plusieurs décennies des débats politiques et historiques. Face aux positions traditionnelles qui les considèrent principalement sous l’angle de la souveraineté territoriale, le Parti National Rifain (PNR) affirme défendre une vision distincte, centrée sur la mémoire historique, les échanges humains et la coopération entre les populations.

Le mouvement rifain inscrit sa position dans l’héritage de Mohammed Abdelkrim El Khattabi, figure majeure de l’histoire du Rif et fondateur de la République du Rif. Selon le Parti National Rifain, son approche s’inspire du projet politique porté par Abdelkrim, qui avait établi au début du XXᵉ siècle une expérience étatique rifaine moderne. Le mouvement rappelle également le parcours d’Abdelkrim à Melilla, où il exerça notamment des fonctions judiciaires et journalistiques, contribuant au journal local El Telegrama del Rif dans sa section arabe.

Une lecture historique différente du nationalisme marocain

Le Parti National Rifain estime que l’histoire de Ceuta et Melilla ne peut être analysée uniquement à travers le prisme des revendications territoriales contemporaines. Il souligne que ces deux villes ont connu une présence ibérique ancienne, remontant au XVe siècle, soit plusieurs siècles avant la création de l’État marocain moderne en 1956.

Dans cette perspective, le mouvement considère que la situation actuelle de ces territoires doit être replacée dans un contexte historique plus large, marqué par des interactions constantes entre les populations ibériques et rifaines. Il rappelle également qu’en 1921, lors de la guerre du Rif, Melilla fut encerclée par les forces rifaines sans faire l’objet d’une attaque, en raison de l’ordre donné par Abdelkrim El Khattabi.

Pour le Parti National Rifain, cet épisode illustre une approche historique qui diffère des lectures purement conflictuelles de la relation entre le Rif et les villes espagnoles.

Des villes perçues comme des ponts entre les peuples

Au-delà de la question historique, le PNR affirme vouloir dépasser la logique des frontières contestées. Le mouvement présente aujourd’hui Ceuta et Melilla comme des espaces de connexion entre communautés liées par des siècles d’échanges humains, économiques et culturels.

Chaque année, des milliers de Rifains traversent ces frontières pour travailler, étudier, faire leurs achats ou rendre visite à leurs proches. Le Parti National Rifain insiste également sur le rôle de ces villes dans les déplacements de la diaspora rifaine en Europe, notamment pour ceux qui transitent par voie terrestre ou maritime afin de rejoindre le Rif.

Cette réalité quotidienne est, selon le mouvement, la preuve que Ceuta et Melilla ne représentent pas uniquement une question géopolitique, mais aussi des lieux où se croisent des histoires individuelles et familiales.

Une troisième voie entre revendication et abolition des frontières

Le Parti National Rifain affirme ainsi se distinguer à la fois de la position officielle du Royaume du Maroc, qui revendique la souveraineté sur Ceuta et Melilla, et des interprétations qui réduiraient sa position à une simple question territoriale.

Le mouvement défend plutôt une approche basée sur la coopération transfrontalière et le renforcement des liens entre les populations. Dans son discours, Ceuta et Melilla ne doivent pas être envisagées uniquement comme des frontières à supprimer ou des territoires à récupérer, mais comme des « ponts » à consolider entre des peuples historiquement connectés.

Cette position place le Parti National Rifain dans une perspective particulière au sein du débat régional : une vision qui cherche à articuler identité rifaine, mémoire historique et pragmatisme humain autour de deux villes dont l’histoire reste profondément liée aux dynamiques de la Méditerranée occidentale.

Avec La Iberofonía

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