Le militant sahraoui Naâma Asfari, détenu au Maroc depuis 2010, a entamé le 8 juin une grève de la faim illimitée pour dénoncer ses conditions de détention et attirer l’attention sur la situation des prisonniers sahraouis. L’information a été révélée par le quotidien français Libération dans un article publié le 8 juin 2026.
Âgé de 56 ans, Naâma Asfari est l’un des membres du groupe dit de « Gdeim Izik », composé de militants sahraouis arrêtés à la suite des événements survenus en 2010 dans le camp de protestation érigé près de Laâyoune, au Sahara occidental. Avec 18 autres détenus, il purge actuellement une lourde peine à la prison de Kénitra, située près de Rabat.
Selon son épouse, Claude Mangin-Asfari, interrogée par Libération, cette grève de la faim marque une étape décisive après plusieurs actions de protestation menées en mai sous la forme de trois grèves de la faim de 48 heures. Elle affirme que son mari considère désormais qu’aucune avancée n’est possible sans un geste fort de sa part.
Le dossier de Gdeim Izik demeure l’un des plus emblématiques du conflit du Sahara occidental. En octobre 2010, des milliers de Sahraouis avaient installé un vaste campement pour dénoncer des discriminations socio-économiques et revendiquer le droit à l’autodétermination. Le démantèlement du camp par les autorités marocaines avait provoqué de violents affrontements ayant entraîné la mort de onze membres des forces de sécurité marocaines, selon les autorités.
À la suite de ces événements, plusieurs militants sahraouis ont été arrêtés puis condamnés à de lourdes peines de prison. Leurs avocats contestent depuis longtemps la régularité des procédures judiciaires, affirmant notamment que certains aveux auraient été obtenus sous la torture.
Plusieurs instances des Nations unies se sont penchées sur cette affaire. Entre 2014 et 2026, le Comité contre la torture (CAT) a relevé des violations de la Convention contre la torture dans plusieurs dossiers liés aux détenus de Gdeim Izik. En 2023, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a également estimé que leur détention présentait un caractère arbitraire et a appelé à leur libération.
Outre sa propre remise en liberté, Naâma Asfari réclame le transfert des prisonniers sahraouis vers des établissements pénitentiaires situés à proximité de leurs familles au Sahara occidental. Ses soutiens dénoncent également des difficultés d’accès aux soins médicaux ainsi que des mesures de représailles dont seraient victimes certains détenus.
Cette nouvelle action intervient dans un contexte où les efforts internationaux pour relancer le processus politique autour du Sahara occidental se poursuivent. Le même jour, l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, se trouvait dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf, en Algérie, dans le cadre de ses consultations avec les différentes parties prenantes au conflit.
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