2025




















Maroc: Hassan Aourid explique la colère de la génération Z

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Maroc: Hassan Aourid explique la colère de la génération Z
Tags: Maroc, Génération Z, Genz212, Hassan Aourid,

Le Maroc a été le théâtre de manifestations qui ont touché diverses villes marocaines, grandes, moyennes et petites, et même des villages, à l’appel de la génération Z ou génération de la révolution numérique, dont la tranche d’âge se situe entre 13 et 28 ans, sur fond de revendications sociales concernant la santé et l’éducation.

​La situation sociale était explosive, révélée par une série d’événements, dont la marche de milliers de personnes de tous âges dans les montagnes du Haut Atlas, sur plus de cent kilomètres depuis Aït Bouguemez en juillet dernier, pour des revendications élémentaires, y compris la présence d’un médecin dans un dispensaire, les sit-in de ce que l’on a appelé les manifestations de la soif dans le Moyen Atlas, pour dénoncer la faiblesse du raccordement à l’eau courante (août dernier), et les rassemblements de protestation devant un hôpital à Agadir suite au décès de huit femmes lors de l’accouchement (septembre).

​Sur fond de situation sociale critique, l’organisation de la «génération Z» a appelé à manifester le 28 septembre. L’interdiction de manifester a d’abord été prononcée, sous prétexte de l’absence d’autorisation pour une organisation inconnue, et les manifestants ont été dispersés.

​La jeunesse de la «génération Z» est revenue manifester le jour suivant, le 29 septembre, dans un deuxième temps, et a réussi à déjouer les autorités de sécurité quant à l’heure et au lieu de la manifestation, grâce à sa maîtrise de la communication numérique via la plateforme « Discord ».

L’approche face aux manifestations durant cette période a oscillé entre la souplesse et la rudesse, ou ce qu’un expert en sécurité, ou le porte-parole du pouvoir, a qualifié d’«intervention équilibrée». Des images d’entente et de complicité entre manifestants et forces de l’ordre alternaient parfois avec des scènes de friction et de tension dans d’autres cas.

​Quant au troisième temps, il a commencé à partir du 30 septembre, marqué par des dérapages, avec des actes de vandalisme, d’atteinte aux biens et de pillage. Cela s’est manifesté dans la commune rurale d’«Aït Amira» dans la banlieue d’Agadir, avec l’incendie du siège de La Poste, et le saccage d’un centre commercial à Inezgane. Les émeutes ont atteint leur apogée le 1er octobre avec la tentative de prendre d’assaut le centre de la Gendarmerie à La Qliaâ, relevant de la région d’Agadir, en brûlant la façade, brisant la clôture et allumant un feu avec des matériaux dégageant de la fumée, pour forcer les éléments de la Gendarmerie à partir par suffocation et s’emparer des armes, ce qui aurait constitué un danger pour la sécurité. Les forces de la Gendarmerie ont dû ouvrir le feu.

​Des actes de vandalisme et de pillage ont touché d’autres villes, comme Inezgane et Salé, et même des zones périphériques qui n’avaient historiquement pas connu de précédents de protestation ont été le théâtre de violences, comme Errachidia, Ouarzazate ou Zagora dans le Sud-Est. Cela témoigne d’un changement dans la géographie de la protestation au Maroc, dans des régions réputées pacifiques.

​On peut parler d’un quatrième temps, après les émeutes, marqué par la reprise d’initiative par l’organisation « Z », l’adoption de la voie pacifique et la prudence face aux éléments suspects incitant à la violence, ainsi que par le recul de l’intervention sécuritaire directe.

​Ces manifestations, par leur nature et leur forme, sont sans précédent dans l’histoire moderne du Maroc. Les protestations précédentes se caractérisaient par l’unité du lieu et du temps, dans une ville donnée, pour une seule journée. Elles diffèrent même des manifestations similaires par leur étendue temporelle, comme celles du 20 février dans le contexte du «Printemps arabe», qui étaient de nature politique, et elles diffèrent du «Mouvement du Rif» qui était de nature régionale.