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Algérie: Le dinar face à un choc imminent

Admin 28 novembre 2025
devises change1

Abed Charef

Une certitude, et un pari.

La certitude, c’est que le taux du dinar algérien au marché parallèle va bientôt atteindre le double de celui du marché officiel. Le pari, c’est de savoir quand ce cap, désastreux pour l’économie algérienne, va être franchi. Avant la fin de l’année en cours, ou un peu plus tard, début 2026?

Sur le marché officiel, l’euro vaut actuellement 151 dinars. Au marché parallèle, plus volatile, il a dépassé les 285 dinars, pour frôler la barre des 290 dinars cette semaine, avec une accélération du mouvement ces derniers mois.

Pourtant, il y’a un an, une première action avait été engagée, laissant entrevoir une gestion différente de la monnaie nationale. Le président Abdelmadjid Tebboune avait annoncé que l’allocation touristique accordée aux algériens se rendant à l’étranger passerait de moins de cent euros à 750 euros par an. Un premier pas dans la bonne direction? Apparemment oui. En réalité non.

La décision n’avait pas été prise dans le cadre d’une stratégie économique et financière visant à réhabiliter le dinar, à s’attaquer au marché parallèle pour l’éliminer à terme, et en faire un élément de croissance en faisant valoir les avantages comparatifs de l’Algérie; elle avait été prise dans une logique de consommation. Il s’agissait juste d’offrir aux Algériens un peu plus de devises pour leurs voyages à l’étranger.

Dans la foulée, on découvrait que la mesure avait été largement improvisée. Il a fallu neuf mois pour commencer à l’appliquer, selon une procédure absurde. Les échos provenant des postes-frontières entre l’Algérie et la Tunisie, où des centaines, peut-être des milliers de personnes sont contraintes à des files d’attente interminables, confirment le caractère inadapté de la formule retenue.

Un pas en avant, deux en arrière

L’annonce de cette mesure, il y’a un an, avait provoqué une baisse de la pression sur le dinar, qui s’est stabilisé, et a même gagné un peu de terrain début 2025.

Mais la suite a été plus dure. Alors que d’autres actions étaient attendues pour réduire l’écart entre taux du marché parallèle et celui marché officiel, des décisions inverses ont été prises.

Pour desserrer la pression sur le dinar, il fallait par exemple élargir le financement bancaire à de nouveaux produits et de nouvelles activités, et envisager à terme une libération totale du commerce extérieur, quitte à faire glisser le dinar.

Le ministère du commerce a fait exactement l’inverse: il a établi de nouvelles restrictions sur les importations, exclu certains produits du financement bancaire, imposé des mesures qui ont ralenti les opérations commerciales. Résultat inévitable de cette démarche: la demande en devises au marché parallèle a augmenté, une hausse devenue nécessaire pour financer l’importation de produits qui ne sont désormais plus éligibles au financement bancaire.

Des mesures qui boostent le marché parallèle

Mais ce n’était qu’un début. Le gouvernement a fait pire ensuite. Il a consacré le fameux «commerce du cabas», ces importations financées à partir du marché parallèle, en offrant de nouvelles facilités aux acteurs concernés. Concrètement, cela signifie que le gouvernement a contribué à faire basculer une partie du commerce légal vers le marché parallèle. Au lieu de travailler à l’inclusion de l’activité commerciale, il a encouragé son exclusion.

Officiellement, le gouvernement voulait éviter le gaspillage de devises et protéger les réserves de change. Concrètement, il s’agit d’attaques concrètes contre le dinar.

Terrain glissant

Aujourd’hui, le dinar est sur un terrain glissant. L’écart entre marché parallèle et marché officiel est inquiétant. A un moment donné, il risque de déraper. Où cela peut-il mener? Sur quel engrenage cela risque de déboucher? Difficile à dire.

Le pays dispose d’une soupape de sécurité qui permet d’échapper au pire, avec une garantie de recettes d’hydrocarbures autour de quarante milliards de dollars par an. Mais ces revenus des hydrocarbures devraient servir à stimuler la croissance, non à éviter le pire.

Reste à savoir pourquoi le navire de la décision officielle vogue de cette manière, alors que tous les économistes indépendants, tout comme les institution spécialisées, indiquent qu’il faut prendre une direction opposée. Lobbies? Groupes de pression? Incompétence? Irresponsabilité?

Quelle que soit la réponse, elle confirme un fait: l’Algérie n’arrive pas à amorcer le virage, alors qu’elle est parmi les dix pays au monde où l’écart entre taux officiel et taux parallèle de la monnaie est le plus élevé.

Source : Alhirak alikhbari, Nov 28, 2025

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