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Analyse de la résolution du Conseil de Sécurité sur le Sahara occidental

Admin 2 novembre 2025
UNSC4

Le Conseil ne reconnaît pas formellement la souveraineté marocaine. Très important : la résolution ne dit pas “le Sahara est marocain”. Juridiquement, le statut final du territoire reste non résolu. Le Polisario garde donc encore une base légale internationale pour exister politiquement.

Tags : Sahara Occidental, Maroc, Algérie, Etats-Unis, autonomie, Conseil de Sécurité, MINURSO,

par Tewfik Hamel
Dr. Histoire militaire _ Enseignant-Chercheur-Consultant-formateur

1 novembre 2025

Voici l’essentiel à retenir:

Le Conseil de sécurité change le cadre du conflit. On n’est plus dans “référendum d’autodétermination avec possibilité d’indépendance”, on est dans “solution politique négociée”. Le plan marocain devient la base officielle des négociations. La résolution dit que les discussions doivent se faire “sur la base de l’Initiative marocaine d’autonomie (2007)”. C’est une victoire diplomatique majeure pour Rabat.

L’autonomie sous souveraineté marocaine est présentée comme la solution la plus réaliste. Le texte affirme que “l’autonomie authentique sous souveraineté marocaine” est la voie la plus faisable. C’est la première fois que ce degré de langage apparaît aussi clairement dans une résolution de ce niveau.

Le concept d’autodétermination est redéfini. On maintient le mot “autodétermination”, mais on le vide de son sens classique (possibilité d’indépendance) pour le reformuler comme “autonomie interne réaliste sous souveraineté marocaine”.

Le référendum n’est plus mentionné comme issue centrale. MINURSO est prolongée jusqu’en 2026, mais la résolution ne réaffirme plus l’organisation d’un référendum d’indépendance. On demande même une “revue stratégique” du rôle futur de MINURSO.

Les États-Unis deviennent l’architecte politique du processus. Le Conseil remercie explicitement Washington pour sa volonté d’accueillir les négociations. Les Américains ne sont plus juste un acteur influent : ils deviennent coproducteurs du cadre final.

Le Polisario est affaibli mais pas effacé. Il reste reconnu comme “partie” dans les négociations. Il n’est pas déclaré illégitime. Mais il est poussé dans un coin : soit il vient discuter d’une autonomie marocaine, soit il risque d’être décrit comme l’obstacle à la paix.

Le Conseil ne reconnaît pas formellement la souveraineté marocaine. Très important : la résolution ne dit pas “le Sahara est marocain”. Juridiquement, le statut final du territoire reste non résolu. Le Polisario garde donc encore une base légale internationale pour exister politiquement.

L’Algérie alerte sur le précédent. Alger dit : si l’ONU valide “annexion + autonomie interne” comme solution acceptable, ça devient un modèle exportable ailleurs, contre le principe classique de décolonisation.

Le temps joue contre le Polisario. Le Maroc consolide son narratif (“stabilité, développement, autonomie réaliste”), soutenu par de grandes puissances. Le défi du Polisario devient : rester crédible aux yeux des Sahraouis et du monde sans être relégué au rôle d’opposition interne marginale.

Le Conseil pousse clairement vers une normalisation sous souveraineté marocaine, sans aller jusqu’à reconnaître juridiquement cette souveraineté. Le Polisario n’est pas mort, mais le centre de gravité diplomatique mondial n’est plus de son côté.

Comment interpréter la position de la Russie et de la Chine

a) Elles ne votent pas POUR la résolution

La résolution a été adoptée avec 11 voix pour. La Russie, la Chine et le Pakistan se sont abstenus. Personne n’a voté contre. L’Algérie n’a pas participé au vote.

En pratique à l’ONU :

-Voter “pour” = je soutiens politiquement la ligne du texte.
-Mettre un veto = je bloque complètement le texte.
-S’abstenir = je marque un désaccord, mais je ne bloque pas.

Donc : Russie + Chine ont exprimé un désaccord… mais elles ont laissé passer le texte américain.

Elles auraient pu le bloquer : ce sont des membres permanents du Conseil de sécurité, elles ont le droit de veto. Elles ne l’ont pas utilisé. Ça, c’est l’information stratégique.

b) Quel est leur problème avec le texte ?

La Russie l’a dit explicitement :

-elle considère le texte “déséquilibré”, trop aligné sur la position américaine et marocaine ;
-elle dit qu’on s’éloigne de la “méthode traditionnelle du Conseil”, c’est-à-dire une approche plus neutre qui garde clairement l’option du référendum et du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ;
-elle accuse les États-Unis d’utiliser le Conseil pour imposer leur propre lecture politique du conflit. (Sous-texte russe : “Washington transforme l’ONU en chambre d’enregistrement de ses deals régionaux”.)

La Chine, elle aussi, s’est abstenue. Elle ne s’est pas alignée sur Washington. Elle n’a pas voté “oui”. Pourquoi ?

Pékin est traditionnellement très attachée dans son langage diplomatique à l’idée de souveraineté territoriale des États (ça l’arrange sur le Xinjiang, le Tibet, Taïwan).

Mais attention : la Chine est aussi prudente avec toute résolution qui peut apparaître comme une légitimation d’un “fait accompli territorial” (annexion + autonomie interne), parce que ce genre de modèle, utilisé ailleurs, pourrait aussi servir contre ses alliés ou, un jour, contre elle.

En gros : Pékin ne veut pas créer de jurisprudence trop claire sur “on enterre le référendum, on valide juste l’autonomie sous souveraineté”, parce que ce précédent devient exportable dans d’autres conflits sécession/annexion.

Donc Russie et Chine ont le même message officiel : “Le texte est trop pro-Maroc/pro-USA, pas assez équilibré, pas assez fidèle au langage historique du Conseil sur l’autodétermination sahraouie.”

c) Mais pourquoi pas de veto alors ?

C’est le point sensible.

En théorie, Moscou ou Pékin pouvaient tuer la résolution en opposant leur veto. Elles ne l’ont pas fait. Résultat : la résolution passe, et elle passe avec le langage que veulent les États-Unis et la France (autonomie marocaine = solution la plus réaliste).

Pourquoi laisser passer ?

Plusieurs raisons possibles (qui se combinent) :

Priorités stratégiques. Ni la Russie ni la Chine ne veulent ouvrir une crise frontale avec le Maroc. Rabat est devenu, pour les deux, un partenaire utile en Afrique, dans le monde arabe, et dans les forums Sud global. Elles ne veulent pas se le mettre à dos sur un texte où leur intérêt vital direct n’est pas engagé.

Équilibre avec l’Algérie sans aller au clash global. Les deux ont des liens importants avec l’Algérie : défense (Russie), énergie, diplomatie Sud global, BRICS élargis, etc. L’abstention leur permet de dire à Alger :

-Gestion du paquet diplomatique américain. Le texte final a été “adouci” pour éviter un veto russe ou chinois : on a réintroduit des références au droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, alors que les versions initiales étaient encore plus pro-marocaines. En clair, Moscou et Pékin ont déjà obtenu des concessions dans le texte avant le vote. Du coup, elles jugent qu’elles peuvent se contenter de l’abstention.

Donc : Russie/Chine jouent une ligne “on désapprouve l’angle américain, mais on ne va pas exploser la résolution, parce qu’on a déjà atténué le texte, et on ne veut pas se retrouver seuls à protéger une ligne dure pro-Polisario contre tout le reste du Conseil.”

2. Est-ce une trahison de l’Algérie ?

Il faut être précis ici.

Si on se place du point de vue algérien le plus dur, celui qui dit :

-“le Sahara occidental est un cas classique de décolonisation inachevée” ;
-“l’ONU doit garantir un référendum incluant l’indépendance” ;
-“tout cadrage qui impose l’autonomie marocaine est inacceptable” ;

Alors oui, l’abstention russe et chinoise peut être vécue comme une déception stratégique majeure, voire comme une semi-trahison symbolique.

Pourquoi ? Parce que l’Algérie pouvait espérer que Moscou ou Pékin posent un veto pur et simple, ce qui aurait empêché le Conseil d’adopter une résolution qui consacre l’autonomie marocaine comme “solution la plus réaliste” et qui relègue l’option indépendance au silence. Ce veto n’est pas venu. La résolution est passée. Donc, du point de vue d’Alger, Moscou et Pékin ont laissé passer un texte qui change la donne en faveur du Maroc.

Mais. Nuance très importante :

La Russie et la Chine ne sont pas passées “du côté du Maroc” officiellement. Elles n’ont pas voté oui. Elles n’ont pas applaudi l’autonomie marocaine comme “seule base”. Elles ont dit : on s’abstient, on a des réserves, le texte est déséquilibré. AP News+1 Donc elles gardent une posture :
Elles envoient un signal à Alger, sans couper le lien : L’abstention est un message à l’Algérie :
Moscou surtout a déjà utilisé le Conseil de sécurité pour bloquer d’autres résolutions occidentales dans des dossiers qu’elle juge vitaux (Ukraine, Syrie, etc.). Le Sahara occidental n’est pas vital dans la même mesure pour elle. Elle va donc jusqu’à l’abstention (signal politique), pas jusqu’au veto (acte frontal).

Donc, vu de Moscou/Pékin :

Ce n’est pas une trahison, c’est du réalisme : on protège nos intérêts sans brûler du capital diplomatique sur un dossier où notre enjeu vital n’est pas engagé.

Vu d’Alger :

C’est une demi-trahison fonctionnelle. Parce que l’Algérie se retrouve relativement seule à porter, jusqu’au bout, la thèse de l’autodétermination “classique”. Et l’ONU vient d’adopter — grâce à l’absence de veto russe/chinois — une résolution qui ancre le narratif marocain comme cadre par défaut.

3. Formule courte pour résumer ça

-Russie et Chine ont freiné, mais n’ont pas bloqué. Elles ont obtenu un texte un peu moins brutalement pro-marocain (réintroduction du mot “autodétermination”), puis elles se sont abstenues pour montrer leur désaccord. Elles n’ont pas mis leur veto.

-Elles envoient un signal double : “Nous n’avalons pas totalement la version américaine… mais nous n’allons pas non plus offrir à l’Algérie un veto géopolitique gratuit contre le Maroc et contre Washington/Paris.”

-Pour l’Algérie, politiquement, c’est une claque. Alger aurait voulu que ses partenaires stratégiques (Moscou, Pékin) empêchent l’ONU d’acter que “l’autonomie sous souveraineté marocaine est la solution la plus réaliste”. Ils ne l’ont pas fait. Résultat : ce narratif entre dans une résolution du Conseil de sécurité sans être bloqué.

-Moscou et Pékin ont fait passer leurs priorités globales avant la défense intégrale de la ligne algérienne. Mais “trahison” est trop simple, parce qu’elles n’ont pas basculé pro-Maroc officiellement ; elles ont juste choisi de ne pas se sacrifier pour aller au bout de la position algérienne.

Analyse de la résolution

1. Le cœur du message : l’ONU acte un changement de paradigme

Ce texte marque une rupture par rapport à l’approche historique du dossier Sahara occidental.

Pendant les années 1991–début 2000, la référence centrale était : cessez-le-feu + MINURSO = organisation d’un référendum d’autodétermination incluant l’option indépendance.

Ici, ce schéma disparaît complètement.

À la place :

-le Conseil “réaffirme son engagement” pour une “solution politique juste, durable et mutuellement acceptable” ;
-il dit que cette solution doit être “basée sur le compromis” ;
-et surtout il affirme que “une autonomie réelle sous souveraineté marocaine constitue la solution la plus réaliste et la plus faisable”.

Donc l’ONU ne parle plus d’un choix ouvert où l’indépendance est une issue possible ; elle tend à consacrer l’autonomie interne comme horizon de sortie.

C’est majeur. C’est ce que Rabat cherche depuis des années, et ce que le Polisario et l’Algérie considèrent comme une dénaturation du droit à l’autodétermination.

2. L’expression “self-determination… in a realistic manner”

Le paragraphe opératoire 3 dit en substance :

-les négociations doivent viser une solution finale qui “assure l’autodétermination du peuple du Sahara occidental d’une manière réaliste” ;
-et reconnaît que l’“autonomie authentique sous souveraineté marocaine” pourrait être le résultat le plus faisable.

C’est l’endroit où le texte fait son travail juridique et rhétorique le plus sophistiqué.

Pourquoi ? Parce qu’il redéfinit le contenu même du principe d’autodétermination.

Traditionnellement : autodétermination = droit d’un peuple non autonome à choisir librement son statut international (y compris l’indépendance).

Ici : autodétermination = exercice interne, via une autonomie substantielle, à l’intérieur de la souveraineté marocaine.

Autrement dit : on ne nie pas le mot “autodétermination”, mais on le déplace du terrain externe (choix du statut international) vers le terrain interne (modalités de gouvernance locale).

C’est exactement le point que les opposants vont qualifier de “captation sémantique” : on garde le vocabulaire onusien (principe sacré), mais on modifie son contenu opérationnel.

3. Le plan marocain de 2007 devient “la base”

Le Conseil de sécurité ne dit pas simplement “nous prenons note du plan marocain”. Il va beaucoup plus loin : Il “prend note du soutien exprimé par de nombreux États membres” au plan marocain d’autonomie (avril 2007).

Puis, dans les paragraphes opératoires, il dit explicitement que les négociations doivent être “based on Morocco’s Autonomy Initiative”.

Il encourage les parties à formuler des “propositions constructives” en réponse à cette initiative.

Ce n’est pas neutre.

Juridiquement, c’est très fort : Le Conseil de sécurité — pas seulement un État membre — inscrit dans une résolution que les pourparlers doivent être menés “sur la base” d’une proposition unilatérale déposée par l’une des parties (le Maroc). On n’a pas d’équivalent symétrique mentionnant, par exemple, un “plan du Polisario” ou l’option “référendum avec indépendance”.

Politiquement, ça produit un effet de hiérarchie :

-le projet marocain devient la matrice de la négociation ;
-le Polisario est invité à réagir à cette matrice, pas à imposer la sienne.

Pour Rabat, c’est une reconnaissance internationale de la centralité de son offre. Pour le Polisario, c’est une marginalisation de son propre projet historique (indépendance pleine et entière).

Pour Alger, c’est un précédent dangereux : une puissance contrôle militairement un territoire contesté, propose une “autonomie”, et le Conseil de sécurité en fait la base d’une “solution durable”. Ce schéma, s’il est validé, peut ensuite être invoqué ailleurs.

4. Déclassement du référendum comme mécanisme

Le mandat initial de MINURSO (Mission des Nations Unies pour l’Organisation d’un Référendum au Sahara occidental) était… le référendum. Le nom le dit.

Dans cette résolution :

-le Conseil renouvelle MINURSO jusqu’au 31 octobre 2026 ;
-il insiste sur son rôle dans le soutien aux efforts politiques de l’Envoyé personnel ;
-il demande une “revue stratégique” du mandat dans les six mois.

Ce qu’il ne fait pas : il ne réaffirme pas explicitement la mission historique d’organiser un référendum d’autodétermination.

Donc, on prolonge la MINURSO comme outil de stabilité, de monitoring du cessez-le-feu et de soutien politique à l’Envoyé du SG — mais on ne rappelle plus le cœur référendaire originel.

Et on exige une revue stratégique du mandat.

Traduction : la MINURSO risque de glisser de “mission de référendum” vers “mission de gestion de paix / stabilisation politique autour d’une autonomie négociée”.

C’est l’institutionnalisation du gel : on ne parle plus de décolonisation à achever par une consultation populaire, on parle de stabilisation durable d’un statu quo sous souveraineté marocaine aménagée.

Pour le Polisario, cela ressemble à un désarmement politique de l’outil MINURSO.

5. Le rôle des États-Unis

Le texte remercie explicitement les États-Unis pour leur “volonté d’accueillir des négociations”. C’est énorme au plan diplomatique.

Traditionnellement : les pourparlers se tenaient sous égide ONU, avec la Suisse, Genève, Vienne, Manhasset (États-Unis mais sous chapeau ONU), etc. On essayait de garder une forme de neutralité procédurale.

Ici : le Conseil de sécurité entérine que Washington devient plate-forme (et par extension coproducteur du cadre politique). En clair : les États-Unis ne sont pas seulement une puissance de soutien, ils sont installés dans le rôle de parrain politique du processus.

Conséquence stratégique :

-Cela renforce l’axe Rabat–Washington–(Paris), qui considère l’autonomie marocaine comme la seule issue réaliste.
-Cela marginalise la capacité des autres acteurs (Algérie, Russie, voire certains membres du Mouvement des non-alignés) à imposer une médiation alternative.

Et c’est cohérent avec le langage américain récent selon lequel le plan d’autonomie marocain est “the only realistic basis”. Là, cette lecture est, pour la première fois à ce niveau, injectée dans une résolution de forme onusienne et pas seulement dans un communiqué bilatéral.

6. Le traitement du cessez-le-feu et de l’équation sécuritaire

Le Conseil “souligne l’importance de respecter le cessez-le-feu” et d’éviter toute action qui mettrait en péril le processus politique.

Traduction implicite :

-message au Polisario, qui a annoncé publiquement la reprise de la lutte armée après 2020 ;
-message aussi au Maroc pour limiter les opérations militaires à l’est du mur.

Mais attention au cadrage : la logique est “toute reprise des hostilités = menace à la négociation = menace à l’option autonomie”. Donc, toute escalade militaire du Polisario pourra être lue comme un refus de “la seule issue réaliste”, et donc politiquement disqualifiée devant le Conseil.

C’est une pression asymétrique, parce que le Maroc contrôle déjà l’essentiel du territoire et peut dire : “nous, nous sommes pour la solution réaliste soutenue par le Conseil ; ce sont les autres qui menacent la paix”.

7. Le volet humanitaire : réfugiés sahraouis

La résolution exprime “une profonde préoccupation” face au manque de financement pour les réfugiés sahraouis et appelle les bailleurs à contribuer davantage.

Il y a deux choses à noter ici :

-C’est un rappel que la question humaine reste grave (Tindouf, dépendance à l’aide, fatigue sociale et générationnelle des réfugiés).
-Mais : ce passage ne va pas jusqu’à politiser la situation humanitaire en disant, par exemple, que la prolongation du statu quo nuit aux droits fondamentaux des Sahraouis et exige donc une solution conforme au droit à l’indépendance. Il reste neutre/technique : “il manque des fonds, donnez de l’argent, enregistrez les réfugiés”.

Le Maroc lit cela ainsi : la communauté internationale reconnaît la pression humanitaire, donc la nécessité d’une issue rapide — et l’issue rapide proposée, c’est l’autonomie.

Le Polisario lit cela autrement : on humanitarise la souffrance des réfugiés sans affirmer leur droit collectif à choisir l’indépendance. On leur demande d’attendre sagement pendant qu’on institutionnalise l’autonomie marocaine comme horizon.

8. Conclusion : ce que cette résolution change concrètement

On peut résumer la portée de la version originelle en quatre phrases claires :

-Institutionnalisation du plan marocain comme base unique de négociation. Le Conseil ne met plus sur la table plusieurs scénarios concurrents. Il dit : négociez “sur la base de l’Initiative marocaine d’autonomie”.

-Redéfinition de l’autodétermination. Le texte garde le mot “self-determination”, mais le vide de son sens classique (référendum incluant l’indépendance) pour le remplir d’un sens nouveau : autonomie interne “réaliste” sous souveraineté marocaine. C’est un basculement normatif qui avantage clairement Rabat.

– Repositionnement de MINURSO. MINURSO n’est plus décrite comme l’architecte d’un référendum futur, mais comme un outil de stabilisation et d’accompagnement politique. Et on demande une revue stratégique de son mandat. On se dirige donc vers une MINURSO “normalisatrice” plutôt que “décolonisatrice”.

-Américanisation du dossier. Les États-Unis sont explicitement légitimés comme hôte et moteur du règlement. Le Conseil adopte, presque mot pour mot, la lecture américaine : l’autonomie marocaine est “la solution la plus réaliste et la plus faisable”.

Ce que ça veut dire, froidement :

-Pour Rabat : victoire stratégique. Le Conseil commence à parler comme le Maroc parle depuis 2007.

-Pour Alger : alerte rouge. Le Conseil est en train de transformer une question de décolonisation en un dossier de régionalisation interne sous souveraineté marocaine, ce qui, pour l’Algérie, viole l’ADN onusien sur les territoires non autonomes.

-Pour le Polisario : rétrécissement dramatique de l’espace diplomatique. Le référendum avec option indépendance n’est plus l’axe du texte. Le mouvement est maintenant sommé de négocier les modalités d’une autonomie qu’il rejette.

-Pour le Conseil de sécurité lui-même : création d’un précédent. Il est en train d’assumer qu’une souveraineté contestée peut être “verrouillée” politiquement par une autonomie interne, si les grandes puissances jugent que c’est “réaliste”.

Et c’est précisément ce précédent que l’Algérie, la Russie et le Pakistan contestent : parce qu’une fois que ce modèle est validé ici, il devient exportable ailleurs.

#SaharaOccidental #Polisario #Maroc #Algérie #EtatsUnis #Conseil_de_Securite #autonomie #MINURSO

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