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À la frontière entre le Mali et la Mauritanie, la forêt de Wagadou est devenue un sanctuaire stratégique pour les groupes jihadistes, en particulier le Jnim (affilié à Al-Qaïda). Difficilement contrôlable en raison de son isolement et de sa végétation, cette zone sert à la fois de base arrière, de zone de repli et de point de départ pour des attaques coordonnées.
Les tensions diplomatiques entre Bamako et Nouakchott se sont récemment ravivées. Mi-mars, l’armée malienne a affirmé que deux de ses soldats s’étaient échappés d’un camp de réfugiés en Mauritanie (Mbera), ce que Nouakchott a fermement démenti, dénonçant des accusations « infondées ». Bamako estime que ce camp, qui accueille près de 250 000 personnes, sert de refuge aux terroristes, tandis que la Mauritanie accuse l’armée malienne et ses alliés russes d’exactions contre des civils.
La forêt de Wagadou cristallise ces dissensions. Elle a été le théâtre de nombreuses opérations militaires, sans que les autorités maliennes parviennent à lever l’interdiction de circulation des civils décrétée en 2022. La zone reste floue sur le plan frontalier, ce qui complique les interventions et alimente les malentendus. Entre 2022 et 2024, au moins une quarantaine de civils mauritaniens ont été tués dans la région, selon l’ONG ACLED.
Par ailleurs, la dégradation sécuritaire dans l’ouest et le centre du Mali continue de pousser des milliers de civils vers la Mauritanie, avec plus de 1 100 personnes ayant franchi la frontière en décembre 2025 seulement.
Avec Jeune Afrique