
NEW YORK, NATIONS UNIES (AP) – Une image saisissante de la dissonance diplomatique s’est jouée lundi au Conseil de sécurité de l’ONU. La première dame des États-Unis, Melania Trump, a présidé une réunion consacrée à la protection des enfants dans les conflits armés, au moment même où l’administration de son mari, Donald Trump, mène des frappes militaires aux côtés d’Israël contre l’Iran.
Arrivée au siège des Nations unies sous escorte et accueillie par le secrétaire général António Guterres, Melania Trump a serré la main des représentants des 15 pays membres avant d’ouvrir la séance. Elle a reconnu présider cette réunion à « une période difficile », alors que les frappes américano-israéliennes et la riposte iranienne embrasent le Moyen-Orient.
« Les États-Unis sont aux côtés de tous les enfants du monde », a-t-elle déclaré, sans faire référence directe aux récents événements. « J’espère que la paix sera bientôt vôtre. »
L’école des filles frappée en Iran au cœur des débats
Mais l’ombre de la guerre a rapidement plané sur la session. La réunion était en effet éclipsée par le bilan dévastateur d’une frappe aérienne ayant touché, selon les médias d’État iraniens, une école de filles dans le sud de l’Iran, tuant au moins 165 personnes et en blessant des dizaines d’autres. L’armée israélienne a déclaré ne pas être au courant de frappes dans cette zone, tandis que le Pentagone a indiqué examiner ces informations.
Juste avant le début de la réunion, l’ambassadeur d’Iran à l’ONU, Amir Saeid Iravani, a fustigé l’initiative américaine. Il a jugé « profondément honteux et hypocrite » que les États-Unis convoquent une réunion sur la protection des enfants en temps de conflit tout en « lançant des frappes aériennes sur des villes iraniennes ».
La cheffe des affaires politiques de l’ONU, Rosemary DiCarlo, a confirmé que l’organisation avait pris connaissance des rapports concernant l’école, notant l’impact généralisé des hostilités sur les enfants. « Ces deux derniers jours nous ont rappelé cette réalité », a-t-elle déclaré. « Des écoles en Israël, aux Émirats arabes unis, au Qatar, à Bahreïn et à Oman ont fermé et sont passées à l’enseignement à distance en raison des opérations militaires en cours dans la région. »
Une présidence symbolique mais des coupes budgétaires
C’est en tant qu’épouse du président Donald Trump que Melania Trump a pu occuper le fauteuil américain, les États-Unis assurant la présidence tournante du Conseil pour le mois de mars. Une première pour une « first lady », selon l’ONU.
Dans son discours, elle a plaidé pour une « paix durable » passant par l’éducation et appelé le Conseil à « sauvegarder l’apprentissage ». Pourtant, l’administration Trump a récemment coupé les financements de plusieurs agences onusiennes clés pour ces questions, notamment le Bureau du représentant spécial pour les enfants et les conflits armés, ainsi que l’agence pour l’enfance, l’UNICEF. Les États-Unis se sont également retirés de l’UNESCO.
La question ukrainienne en toile de fond
Cette apparition très médiatisée survient également après une initiative rare de la première dame l’été dernier. Melania Trump avait alors écrit une lettre au président russe Vladimir Poutine, une démarche qui aurait contribué à la réunification d’enfants ukrainiens déplacés avec leurs familles. Ces enfants avaient été transférés de force en Russie depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en 2022, une situation que le président Volodymyr Zelenskyy tente de résoudre avec l’aide de la communauté internationale.
La réunion de lundi, bien que programmée avant le déclenchement des hostilités entre l’Iran et Israël, s’est ainsi déroulée dans un climat de tensions extrêmes, illustrant le décalage entre les discours humanitaires et les réalités géopolitiques du moment.
Avec Associated Press