Maroc : Signes de fin de règne de Mohamed VI et les perspectives pour son héritier, Moulay Hassan

L'héritage de Mohammed VI mêle fortune et rayonnement international à une pauvreté structurelle et un manque d'opportunités : une grande partie de la population souhaite émigrer. Le défi central pour Moulay Hassan sera de réduire les inégalités et d'éviter un "Maroc à deux vitesses", en impulsant une croissance plus inclusive qui rapproche le niveau de vie de celui de l'Europe du Sud.

Un sentiment de fin de règne

Bien que le roi Mohamed VI (62 ans) ne soit pas officiellement déclaré mourant, une atmosphère de transition s’installe au Maroc après 26 ans de règne, a rapporté El Confidencial jeudi. Le souverain est de plus en plus décrit comme un « roi absent », multipliant les longs séjours à l’étranger (Abu Dhabi, Paris, Le Caire) pour des raisons de santé ou de vacances.

Pour le journal espagnol, un signe marquant est son apparition très affaiblie et amaigrie, s’appuyant sur une canne, lors de la visite d’Emmanuel Macron en octobre 2024 et le fait qu’il délègue de plus en plus de fonctions protocolaires à son fils, Moulay Hassan (22 ans), comme lors de l’ouverture de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN).

Le profil de l’héritier : Moulay Hassan

Le futur roi est une figure encore mystérieuse. Contrairement à son père, il n’a pas de doctorat ni d’expérience dans les organisations internationales. Il est extrêmement proche de sa mère, la Princesse Lalla Salma (divorcée du roi en 2018). L’article souligne que cette dernière, ingénieure de formation, pourrait exercer une influence majeure sous son futur règne. On s’interroge sur ses futurs appuis, ses amis actuels manquant d’expérience politique.

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Un bilan politique : Stabilité et Autocratie

Mohamed VI laissera un pays qu’il a consolidé par une « autocratie illustrée ». Le Maroc est jugé comme le pays le plus stable du Maghreb, la monarchie servant de pilier politique et religieux.

Malgré une image de modernité, le régime a durci sa répression contre les mouvements sociaux (GenZ212), les journalistes indépendants et les voix critiques (comme l’ex-ministre Mohamed Ziane). La transition vers une monarchie parlementaire semble totalement écartée.

Succès Diplomatiques et Tensions Régionales

C’est le domaine où le bilan de Mohamed VI a brillé le plus éclatant. Au sujet du Sahara Occidental, soutenu par les États-Unis (Trump), la France et Israël, le plan d’autonomie marocain est désormais la base de référence à l’ONU, précise El Confidencial. Le Maroc envisage même d’occuper militairement les 20% restants du territoire, indique-t-il.

Le Maroc déplace ses pions pour contrer l’Algérie, proposant aux pays du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso) un accès à l’Atlantique via le port de Dakhla.

Lire aussi : Les neuf mystères du roi du Maroc Mohammed VI, selon une chaîne israélienne

Relations avec l’Espagne : Une « Guerre Hybride »

Les diplomates espagnols s’inquiètent de l’assurance croissante du Maroc. Rabat utilise l’immigration irrégulière comme outil de négociation politique (notamment sur Ceuta et Melilla).

L’alliance militaire avec Israël et l’acquisition de technologies de pointe inquiètent l’armée espagnole.

L’héritage économique : Entre fortune et pauvreté

Le roi lèguera une immense richesse (estimée à près de 5 milliards d’euros), gérée via la holding Al Mada, mais le pays avance à deux vitesses. À côté des méga-projets (TGV, port Tanger-Med), la pauvreté persiste. 44% des Marocains souhaitent émigrer, un chiffre qui montre le défi colossal qui attend Moulay Hassan : réduire l’écart de niveau de vie avec l’Europe (le PIB du Maroc reste équivalent à celui de la seule région de Valence en Espagne).

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