Sahara Occidental : Quand le Conseil de sécurité tente de renverser l’Assemblée générale de l’ONU

Récompenser le brigandage : quand le Conseil de sécurité cherche à renverser l’Assemblée générale,

by Owei Lakemfa

Une situation très dangereuse est apparue dans le monde lorsque le Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU), le 31 octobre 2025, a décidé illégalement d’annuler une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU). Cela n’a pas attiré l’attention du monde. Cela n’a pas fait la une des journaux internationaux parce qu’il existe une complicité universelle. Presque tous les pays ont peur des membres permanents du CSNU dont la connivence a conduit à cette résolution illégale qui remet en cause les fondements mêmes de l’organisation mondiale.

Un signe de la dégénérescence des relations internationales est que onze des quinze membres du CSNU ont voté en faveur de ce viol délibéré des relations internationales tandis que trois se sont abstenus. La Chine et la Russie, qui disposent du droit de veto, auraient pu interrompre cette dangereuse dérive et cette caution du brigandage, mais ont choisi de s’abstenir. Seule l’Algérie, guerrière historique de la justice internationale et championne de la décolonisation universelle, est restée fidèle à ses principes.

Malheureusement, outre les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne, champions historiques et notoires du colonialisme, de l’exploitation et de l’injustice, sept autres pays ont voté avec eux pour renverser le monde. Ce sont la Grèce, berceau de la civilisation occidentale ; le Danemark, un pays supposément libéral ; la Slovénie, qui a connu une guerre féroce et devrait valoriser la paix ; la Somalie, un État défaillant depuis des décennies ; la Sierra Leone, encore en convalescence après d’horribles conflits ; la Corée du Sud, en posture de guerre depuis 1953 ; ainsi que les États dociles du Guyana et du Panama. Le Pakistan, qui s’est battu dans une guerre violente d’indépendance, s’est contenté d’une abstention douteuse.

L’humanité, après deux boucheries universelles appelées Première et Seconde Guerres mondiales, a décidé d’assurer la paix mondiale, la liberté et la justice en créant l’ONU en 1945.

Dans ce cadre, son Assemblée générale a adopté le 14 décembre 1960 la résolution 1514 (XV), intitulée « Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux ».

Cette Déclaration, précise-t-elle, a été adoptée : « Consciente de la détermination proclamée par les peuples du monde dans la Charte des Nations unies de réaffirmer leur foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des hommes et des femmes et des nations grandes et petites, et de favoriser le progrès social et l’amélioration des conditions de vie dans une liberté plus grande. »

De même, la Résolution a été adoptée : « Reconnaissant l’ardent désir de liberté qui anime tous les peuples dépendants et le rôle décisif de ces peuples dans la conquête de leur indépendance. » L’AGNU ajoute qu’elle est : « Convaincue que tous les peuples ont un droit inaliénable à la liberté complète, à l’exercice de leur souveraineté et à l’intégrité de leur territoire national. »

Elle a donc adopté la Résolution qui stipule clairement que : « La sujétion des peuples à une domination et exploitation étrangères constitue un déni des droits fondamentaux de l’homme, est contraire à la Charte des Nations unies et compromet la cause de la paix et de la coopération mondiales.

  1. Tous les peuples ont le droit à l’autodétermination ; en vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et poursuivent librement leur développement économique, social et culturel. »

C’est sur cette base que de nombreux pays sont devenus indépendants et membres de l’ONU.

Mais alors que les autres puissances coloniales accordaient l’indépendance de manière franche, l’Espagne a décidé en 1975 de céder sa colonie du Sahara occidental à la Mauritanie et au Maroc — ce dernier étant lui-même une ancienne colonie de la France — comme un butin de guerre.

Aujourd’hui, 50 ans plus tard, les ressources de ce pays continuent d’être pillées par le Maroc, l’Espagne et l’Union européenne.

En 1975, afin de mettre fin à la guerre d’indépendance menée par le patriotique Front POLISARIO des Sahraouis, l’ONU demanda à la Cour internationale de Justice (CIJ) de se prononcer sur les revendications du Maroc, qui affirmait occuper ce pays africain frère au motif que le Sahara occidental faisait partie de son territoire avant la colonisation espagnole. La CIJ, le 16 octobre 1975, déclara que les prétentions du Maroc étaient fausses, car il n’existait aucun lien territorial entre lui et le Sahara occidental.

Mais le Maroc ignora les conclusions de la CIJ et la position de l’ONU selon laquelle le Sahara occidental devait être libéré. La guerre d’indépendance entre le Sahara occidental et le Maroc se termina par le « Plan de règlement » de 1988 proposé par l’ONU. Les deux parties signèrent l’accord qui prévoyait « un cessez-le-feu et la tenue d’un référendum sans contraintes militaires ou administratives ».

Selon ce référendum, également approuvé par l’Union africaine, les Sahraouis devaient, en 1992, voter pour l’indépendance ou l’intégration au Maroc.

Mais aujourd’hui, 37 ans plus tard, ce référendum est bloqué par le Maroc, qui craint de le perdre après avoir échoué dans ses tentatives de le manipuler. Le Maroc a déversé ses citoyens au Sahara occidental en prétendant qu’ils étaient sahraouis et avaient le droit de voter. L’ONU mit alors en place un organisme international de vérification des électeurs, avec le Maroc et le Sahara occidental comme observateurs.

Les critères adoptés par la commission de vérification éliminèrent les infiltrés marocains. Chaque électeur devait soit posséder la carte d’identité espagnole délivrée à l’époque coloniale au Sahara occidental, soit être inscrit dans le recensement espagnol de 1974 du territoire. L’électeur pouvait aussi voter si ses parents ou grands-parents figuraient dans ce recensement ou s’il pouvait prouver avoir vécu au Sahara occidental sous colonisation espagnole. Un autre critère était l’appartenance à une tribu sahraouie.

Il existait aussi une différence culturelle essentielle entre Marocains et Sahraouis : les Marocains portent deux noms — un prénom et un nom de famille — tandis que les Sahraouis en portent trois : leur prénom, le nom de leur père et celui de leur grand-père. Lorsque ces critères furent appliqués, le Maroc comprit qu’il ne pourrait pas infiltrer le référendum et que, laissés à eux-mêmes, les Sahraouis voteraient pour l’indépendance. Il bloqua donc le référendum.

Ainsi, pour refuser aux Sahraouis leur droit à l’autodétermination et livrer le Sahara occidental — membre fondateur de l’Union africaine — au Maroc, le CSNU a décidé de voter pour un prétendu Plan d’autonomie marocain qui cherche à renverser la résolution 1514 de l’AGNU de 1960 et à empêcher les Sahraouis d’exercer leur droit fondamental à déterminer leur avenir.

Selon le plan marocain, désormais approuvé par le CSNU, les Sahraouis deviendraient une région sous autorité marocaine, tandis que le Maroc exercerait :

• « les attributs de souveraineté, en particulier le drapeau, l’hymne national et la monnaie

• les attributions liées aux pouvoirs constitutionnels et religieux du Roi, Commandeur des croyants et garant de la liberté de culte et des libertés individuelles et collectives

• la sécurité nationale, la défense extérieure et l’intégrité territoriale

• les relations extérieures, et

• l’ordre judiciaire du Royaume. »

Tous les amoureux de la liberté et de la justice, tous les pays engagés dans le développement humain et un monde meilleur, doivent rejeter ce viol flagrant perpétré par le CSNU, défendre la souveraineté de l’AGNU et les droits humains fondamentaux de toutes les personnes et de tous les peuples.

Source : Vanguard (Nigeria)

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