Le président américain a annoncé que la future voie rapide reliant Tiznit, au Sud du Maroc, à Dakhla, dans le territoire contesté du Sahara occidental, sera baptisée « Autoroute Donald J. Trump ».
C’est une consécration inédite pour un président américain en exercice. Donald Trump a lui-même révélé que le Maroc allait donner son nom à une autoroute de plus de 1 000 kilomètres traversant le désert du Sahara occidental. Cette annonce, publiée sur son réseau Truth Social ce dimanche 26 juillet, est le dernier chapitre en date de la relation privilégiée que le dirigeant républicain entretient avec le royaume chérifien.

« Merci au très respecté Mohammed VI, roi du Maroc. Quel grand honneur. J’espère pouvoir parcourir toute cette grande route un jour. J’espère que ce sera bientôt », a déclaré le locataire de la Maison-Blanche, saluant la décision du souverain marocain .
Un projet stratégique à 880 millions d’euros
L’infrastructure, dont le coût est estimé à environ 880 millions d’euros, reliera Tiznit, dans le sud du Maroc, à Dakhla, située dans la partie contestée du Sahara occidental. La route longera la côte atlantique sur environ 1 000 kilomètres, desservant des villes comme Guelmim, Tan-Tan, Laâyoune et Boujdour avant d’atteindre son terminus méridional .
Le projet, lancé par Rabat en 2015 dans le cadre d’un programme de développement des provinces du Sud, a été achevé en janvier 2025 après une décennie de travaux. L’extrémité sud de l’autoroute doit notamment faciliter l’accès au futur Port Atlantique de Dakhla, un mégaprojet dont la mise en service est prévue pour 2028 .
Une décision hautement symbolique
Ce baptême intervient dans un contexte géopolitique particulièrement sensible. Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, est au cœur d’un conflit territorial qui oppose le Maroc au Front Polisario depuis 1975. Rabat, qui contrôle environ 80 % du territoire, propose un plan d’autonomie sous sa souveraineté, tandis que le Front Polisario réclame un référendum d’autodétermination.
Donald Trump a été un fervent défenseur de la position marocaine depuis la fin de son premier mandat, lorsqu’il avait reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental en échange de la normalisation des relations entre Rabat et Israël dans le cadre des Accords d’Abraham . Cette décision avait marqué un tournant diplomatique majeur et valu à l’ancien puis actuel président la gratitude du royaume chérifien.
Un rapport de l’Institut européen de la Méditerranée souligne d’ailleurs que le retour de Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025 a été perçu comme « une opportunité » par le Maroc, qui entend « remporter une fois pour toutes le conflit du Sahara occidental » en obtenant une reconnaissance internationale définitive .
Une série d’hommages à travers le monde
Ce n’est pas la première fois que le nom de Donald Trump est donné à une voie publique. Aux États-Unis, une portion de la route menant à son domaine de Mar-a-Lago en Floride a récemment été rebaptisée « President Donald J. Trump Boulevard », une cérémonie à laquelle il avait assisté en janvier dernier .
L’annonce marocaine s’inscrit toutefois dans une tout autre dimension, tant par l’ampleur du projet que par ses implications géopolitiques. Si l’idée de rebaptiser une avenue à Rabat en l’honneur du président américain avait circulé en 2025, elle n’avait jamais été officiellement confirmée .
L’opposition sahraouie, soutenue par l’Algérie, n’a pas manqué de dénoncer cette décision qui, selon elle, « renforce l’occupation » du territoire. La polémique est donc loin d’être apaisée, et le geste marocain apparaît comme un nouveau coup de force diplomatique, avec la bénédiction affichée de l’administration Trump.
Source : Forbes
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