À l’approche de son 94ᵉ anniversaire, Othman Benjelloun demeure à la tête de Bank of Africa (BoA), sans qu’un plan de succession clairement identifié n’ait été rendu public. Cette situation alimente les interrogations sur l’avenir de l’un des principaux groupes bancaires du Maroc, présent dans 18 pays africains.
Selon Africa Intelligence, le gouverneur de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, aurait récemment multiplié les initiatives pour préparer l’après-Benjelloun. Le patron de la banque centrale aurait notamment réuni plusieurs administrateurs de BoA au début de l’année 2026 afin de les inciter à renforcer leur implication dans la gouvernance de l’établissement, dans un contexte suivi de près par le Palais royal.
Cette démarche ferait suite à une première médiation engagée en 2025. Selon Africa Intelligence, Othman Benjelloun avait alors adressé, par l’intermédiaire du conseiller royal Fouad Ali El Himma, un message au roi Mohammed VI dans lequel il se disait disposé à quitter la présidence de la banque si telle était la volonté royale. Cette éventualité n’aurait toutefois pas été retenue, faute d’un successeur jugé suffisamment solide pour prendre les commandes de la troisième banque marocaine par les actifs.
Sur le plan capitalistique, la famille Benjelloun, réunie au sein d’O Capital Group, contrôle un peu plus de 35 % du capital de BoA, tandis que le Crédit Mutuel détient près d’un quart des actions. L’hypothèse d’un désengagement de la banque française continue d’alimenter les analyses. Un tel scénario renforcerait mécaniquement le poids des institutions publiques marocaines déjà présentes au capital, notamment la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), Mamda-MCMA et la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite (CIMR).
Cette perspective s’inscrirait dans une tendance plus large de repli de plusieurs groupes bancaires français en Afrique. En avril 2026, BNP Paribas a ainsi annoncé la cession de sa participation majoritaire dans BMCI au groupe marocain Holmarcom.
Si la famille Benjelloun semble déterminée à conserver son contrôle sur O Capital Group, les modalités de la succession du dirigeant historique demeurent ouvertes. L’éventuelle recomposition de l’actionnariat et de la gouvernance de Bank of Africa pourrait ainsi constituer l’un des principaux dossiers du secteur bancaire marocain dans les prochains mois.
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