Maroc : « Je ne pratique pas la diffamation et je ne fuirai pas la justice » (Lmrabet)

Le journaliste marocain Ali Lmrabet a affirmé, dans une déclaration accordée au site d’information Safirkom, qu’il se tient à la disposition de la justice chaque fois que celle-ci souhaitera l’entendre, assurant être convaincu de n’avoir commis aucun acte contraire au Code de la presse du Maroc.

Selon lui, l’affaire porte sur l’interprétation de ses opinions et analyses diffusées dans le cadre de son activité journalistique sur sa chaîne YouTube. Il explique que l’enquête s’est principalement concentrée sur la qualification de certains de ses contenus comme relevant de la diffamation et de la calomnie à l’encontre d’institutions, une accusation qu’il rejette catégoriquement.

« Je connais les règles déontologiques du métier de journaliste. Je ne pratique pas la diffamation et je suis prêt à comparaître devant la justice dans le cadre de la législation sur la presse », a déclaré Ali Lmrabet, estimant que l’ensemble de ses interventions relève de la liberté d’opinion et d’expression. Il affirme également être prêt à défendre ses analyses et ses prises de position devant les tribunaux.

Le journaliste s’est par ailleurs interrogé sur les raisons pour lesquelles aucune procédure n’a été engagée à son encontre en Espagne, où il réside et d’où il diffuse ses contenus, si certaines parties s’estiment effectivement lésées par ses propos.

Ces déclarations interviennent après la décision prise mercredi par le parquet près le tribunal correctionnel de première instance d’Aïn Sebaâ, à Casablanca, de le remettre en liberté après son audition, tout en ordonnant la restitution des objets saisis lors de son interpellation.

Cette décision est intervenue à l’issue de l’enquête menée par la Brigade nationale de la police judiciaire. Le parquet avait auparavant prolongé la durée de la garde à vue afin d’approfondir les investigations, avant de présenter Ali Lmrabet devant le ministère public mercredi matin.

Le journaliste avait été interpellé dans la soirée du dimanche 12 juillet 2026 à l’aéroport Ibn Battouta de Tanger, avant d’être transféré au siège de la Brigade nationale de la police judiciaire à Casablanca.

Dans un précédent communiqué, le parquet avait indiqué que cette arrestation faisait suite à plusieurs avis de recherche émis à son encontre, en raison de soupçons portant sur des faits susceptibles de constituer des infractions au regard de la loi.

Selon le ministère public, ces soupçons concernent la diffusion de contenus numériques considérés comme comportant des actes répréhensibles, notamment des faits de diffamation et de calomnie visant des personnes et des institutions, ainsi que l’outrage à des organismes institués par la loi.

L’interpellation d’Ali Lmrabet avait suscité de nombreuses réactions de la part d’organisations marocaines et internationales de défense des droits humains, qui avaient appelé à sa libération et au respect des garanties relatives à la liberté de la presse et à la liberté d’expression, avant que le parquet ne décide finalement de le remettre en liberté à l’issue des investigations.

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