Un haut responsable militaire du Front Polisario, Lahbib Mohamed Abdelaziz, a été tué le 8 juin 2026 lors d’une frappe de drone attribuée au Maroc dans le Sahara occidental. Selon les informations communiquées par le mouvement indépendantiste sahraoui, deux autres combattants ont également perdu la vie dans cette opération.
Âgé de 37 ans, Lahbib Mohamed Abdelaziz était le fils de l’ancien dirigeant historique du Polisario, Mohamed Abdelaziz. Considéré comme une figure montante de l’organisation, il occupait plusieurs responsabilités importantes, notamment le commandement de la brigade de réserve et un siège au sein du secrétariat national du mouvement.
L’attaque est intervenue alors que l’envoyé personnel de l’ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, effectuait une visite dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf, en Algérie, dans le cadre des efforts visant à relancer les négociations entre le Maroc et le Polisario.
Le décès du dirigeant sahraoui survient dans un contexte de fortes tensions entre les deux parties. Les discussions engagées ces derniers mois sont au point mort depuis une série d’incidents militaires ayant ravivé le conflit, officiellement relancé en 2020 après près de trente ans de cessez-le-feu.
La République arabe sahraouie démocratique (RASD) a décrété trois jours de deuil national. De son côté, le Maroc n’avait pas officiellement confirmé l’opération au moment de la publication des informations. Cette frappe s’inscrit dans une série d’attaques ciblées contre des cadres du Polisario observées ces dernières années dans le territoire contesté.
Trois Sahraouis tués à l’est du mur par un drone israélien — et le silence de Madrid, Paris et l’ONU
Le 8 juin 2026, une frappe marocaine a tué trois membres du Front Polisario à l’est du mur de séparation, parmi lesquels Lahbib Mohamed Abdelaziz, membre du Secrétariat national et fils de l’ancien président de la RASD. Selon des sources de presse, il s’agit d’une frappe de drone — et le recours marocain aux drones israéliens à l’est du mur est documenté depuis 2020 par un faisceau d’indices convergents. Un mois plus tôt, l’attaque revendiquée par le Polisario contre Smara — un blessé civil — avait provoqué en moins de 48 heures une vague de condamnations de Washington, Paris, Madrid et de l’Union européenne. Cette fois, ces mêmes capitales se taisent. Cette asymétrie n’est pas un détail : elle dessine la fin de l’hypothèse d’une négociation.
Le dimanche 8 juin 2026, la présidence sahraouie a annoncé la mort de trois membres du Front Polisario lors d’une opération militaire marocaine menée à proximité du mur de séparation qui partage le Sahara occidental. Parmi les victimes figure Lahbib Mohamed Abdelaziz, 37 ans, membre du Secrétariat national du Front et fils de Mohamed Abdelaziz, ancien secrétaire général du mouvement et président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) de 1992 à sa mort en 2016. La présidence sahraouie a décrété un deuil national de trois jours. Les forces armées sahraouies ont parlé d’un combattant tombé « martyr » sans préciser les circonstances ni l’identité des deux autres morts.
Selon des sources de presse citées par El País et reprises par plusieurs médias européens, la mort du dirigeant sahraoui résulte d’une frappe de drone marocaine. À ce stade, Rabat n’a fait aucune communication officielle sur l’opération : ni les modalités, ni la localisation précise, ni les moyens employés n’ont été confirmés par les autorités marocaines. Le CASO s’en tient ici aux faits établis — trois morts, dont un membre du Secrétariat national, à l’est du mur — et qualifie la dimension « drone » de la frappe comme une information de presse cohérente avec un schéma documenté, non comme une certitude juridictionnelle.
I.Le contexte : une guerre asymétrique à l’est du mur
Depuis la rupture du cessez-le-feu de 1991 — provoquée en novembre 2020 par l’intervention des troupes marocaines dans la zone tampon de Guergarat — le Front Polisario considère que le conflit armé a repris. Les affrontements se concentrent à l’est du mur de séparation, dans les zones que le Polisario désigne comme « territoires libérés ».
Cette guerre est profondément déséquilibrée. Depuis 2020, plusieurs enquêtes documentent l’usage par le Maroc de drones de conception israélienne dans le conflit. Trois Heron de la société Israel Aerospace Industries (IAI) ont été transférés au royaume pour environ 50 millions d’euros, dans le cadre d’un accord négocié — selon ces sources — par l’intermédiaire de la France. Dès avril 2021, la frappe ayant tué Addah Al-Bendir, chef de la gendarmerie du Polisario, avait été présentée par des analystes marocains et sahraouis comme une opération impliquant un drone de désignation de cible de conception israélienne. Les rapports du Secrétaire général de l’ONU eux-mêmes (S/2024/707) font état d’attaques attribuées à des véhicules aériens sans pilote de l’armée marocaine à l’est du mur.
Le Maroc compense par la technologie une supériorité qu’il ne peut établir au sol. Le drone israélien est devenu l’instrument structurant de cette asymétrie.
Il faut être précis : pour la frappe du 8 juin, aucun élément public ne permet d’affirmer la marque ou l’origine exacte de l’appareil. Mais le recours marocain à des drones israéliens pour frapper des cibles à l’est du mur est, lui, un fait documenté depuis cinq ans, par un faisceau d’indices convergents : livraisons attestées, fragments observés, rapports onusiens, déclarations d’experts. La mort d’un membre du Secrétariat national s’inscrit dans ce schéma.
II.Smara, 5 mai : la mécanique de la condamnation immédiate
Pour mesurer le silence du 8 juin, il faut le comparer à un précédent récent et documenté. Le 5 mai 2026, des projectiles revendiqués par le Front Polisario s’étaient abattus aux abords de la prison de Smara, blessant une femme à la jambe et aux épaules. En moins de 48 heures, une vague de réactions occidentales s’est déployée :
Les États-Unis ont « fermement condamné » l'attaque, estimant qu'une telle violence menaçait la stabilité régionale.
La France, via sa mission auprès de l'ONU, a condamné l'attaque, jugé qu'elle « menace la stabilité régionale » et appelé le Polisario à respecter le cessez-le-feu et les résolutions onusiennes.
L'Espagne a publiquement condamné l'attaque du 5 mai.
L'Union européenne, par la voix de son ambassadeur, a affirmé que l'attaque « doit être condamnée ».
Le porte-parole de l'ONU a relayé les préoccupations de l'envoyé personnel, Staffan de Mistura, et de la MINURSO.
D’autres États (Belgique, République tchèque, Bahreïn, Arabie saoudite, Émirats arabes unis) ont suivi. La séquence a été immédiate, coordonnée, et largement relayée — pour un blessé civil.
III.Le 8 juin : trois morts, le silence
Le 8 juin 2026, trois membres du Front Polisario sont tués — dont un membre du Secrétariat national.
Une guerre de plus en plus asymétrique
La mort de Lahbib Mohamed Abdelaziz dans une frappe de drone illustre l’évolution du conflit du Sahara occidental vers une guerre profondément asymétrique. D’un côté, le Maroc dispose d’importants moyens militaires modernes, notamment des drones de surveillance et d’attaque, des systèmes de renseignement sophistiqués et une capacité de projection qui lui permet de frapper des cibles à distance avec une grande précision. De l’autre, le Front Polisario s’appuie essentiellement sur des unités mobiles, des moyens conventionnels limités et une stratégie de guérilla héritée des décennies précédentes.
Cette différence de capacités réduit considérablement la possibilité d’affrontements directs entre les deux camps. Les opérations militaires prennent désormais la forme de frappes ciblées contre des responsables ou des groupes combattants identifiés, tandis que le Polisario peine à répondre sur le même terrain technologique. La guerre se joue autant dans le domaine du renseignement et de la maîtrise de l’espace aérien que sur le terrain lui-même.
Cette asymétrie modifie également les enjeux politiques du conflit. Chaque élimination d’un cadre du Polisario représente un revers symbolique et organisationnel pour le mouvement indépendantiste, tandis que le Maroc cherche à démontrer sa capacité à contrôler la situation sécuritaire dans le territoire disputé. Toutefois, l’expérience d’autres conflits montre que la supériorité technologique ne garantit pas à elle seule une solution politique durable. Malgré le déséquilibre militaire, la question du statut du Sahara occidental demeure entière et continue d’alimenter les tensions régionales.
Ainsi, le conflit sahraoui apparaît de plus en plus comme une confrontation entre une puissance étatique dotée de technologies avancées et un mouvement politico-militaire dont les marges d’action se réduisent face à l’évolution des moyens de guerre contemporains.
Avec CASO
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