Paris, 7h12 du matin.
Le réveil sonne. Une douce mélodie de raï envahit la chambre. Panique immédiate.
— « Non… pas encore… » murmure Bruno Retailleau en attrapant son téléphone.
Mais il est déjà trop tard. Son assistant vocal lui répond avec un accent d’Oran :
— « Sbah el kheir Bruno, aujourd’hui il fait 23 degrés et il y a un risque élevé de couscous. »
Le sénateur blêmit.
Dans la cuisine, nouvelle catastrophe : la baguette a mystérieusement été remplacée par du msemen. Le beurre ? Harissa. Le café ? Un gigantesque verre de Selecto servi par un voisin qui lui lance joyeusement :
— « Alors kho, bien dormi ? »
Retailleau transpire.
Il allume BFM TV pour se rassurer. Grave erreur.
Le bandeau défile :
« FLASH INFO : la pétanque sera désormais précédée d’un thé à la menthe obligatoire. »
Le chroniqueur politique explique sérieusement :
— « La France est entrée dans une phase de couscousisation avancée. Les merguez progressent de 12 % dans les campagnes. »
Dans un ultime réflexe républicain, Bruno Retailleau décide de sortir prendre l’air. Mais dehors, l’horreur continue.
La boulangerie s’appelle désormais « La Tradition de Tizi Ouzou ».
Le fleuriste vend uniquement du jasmin.
Même le chien du voisin refuse d’aboyer et fait « ya khoooo ».
À la pharmacie, il demande discrètement un Doliprane.
La pharmacienne répond :
— « Rupture de stock. Mais on a du citron-gingembre de chez la tante Malika. »
Le sénateur vacille.
Midi approche. Il entre dans un restaurant « bien français » pour se réfugier. Le serveur arrive :
— « Aujourd’hui chef, on a couscous royal, couscous merguez, couscous végétarien et couscous sans gluten pour les bobos. »
— « Et un steak-frites ? »
Le silence tombe dans la salle.
Une fourchette chute au ralenti.
Un enfant regarde alors Bruno Retailleau avec compassion :
— « Monsieur… faut évoluer un peu. »
Le sénateur s’effondre sur sa chaise pendant qu’au loin, l’accordéon d’Édith Piaf fusionne lentement avec du raï autotuné.
Puis soudain…
Il se réveille en sursaut.
Tout va bien.
La France est intacte.
Son café est normal.
La radio diffuse un débat sur l’insécurité.
Il respire enfin.
Mais au moment précis où il ouvre son frigo…
…une boîte de chorba lui tombe dessus.
Source : Urgent Algérie