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Contre toute attente, le conflit du Sahara Occidental n’a rien d’une « guerre oubliée ». Il concerne les consommateurs belges, leur facture de gaz et la qualité de leur démocratie, révèle une étude de l’Association Joseph Jacquemotte.
Une occupation coloniale méconnue
Ancienne colonie espagnole, le Sahara Occidental figure toujours sur la liste des territoires non autonomes de l’ONU. Pourtant, depuis le départ unilatéral de l’Espagne en 1976, aucune puissance administrante officielle n’est désignée. Le Maroc occupe militairement la majeure partie du territoire, malgré un avis contraire de la Cour internationale de justice (1975). Le Front Polisario, qui réclame l’indépendance, contrôle une bande orientale et gère des camps de réfugiés en Algérie.
Un combat juridique européen
En octobre 2024, la Cour de justice de l’UE a annulé les accords commerciaux entre l’UE et le Maroc portant sur les produits agricoles et halieutiques du Sahara Occidental. Motif : ces accords ne peuvent s’appliquer au territoire occupé sans le consentement du peuple sahraoui, qui vit majoritairement en exil. La Cour exige un étiquetage clair « Made in Western Sahara », ce que la Commission européenne tente encore de contourner.
Ce que les Belges achètent (sans le savoir)
- Tomates et melons : cultivés sous serre à Dakhla (entreprises liées au roi du Maroc), ils arrivent dans les rayons de Delhaize étiquetés « Maroc » après un transit frauduleux par Agadir.
- Phosphate : la mine de Bou Craa rapporte environ 200 millions USD par an au Maroc. Le minerai sert à fabriquer les engrais de l’agriculture intensive belge.
- Poisson : le Sahara Occidental est la première zone de pêche du Maroc. L’UE en achète 68 % des exportations, participant à une surpêche dénoncée par les ONG.
Un lobbying marocain en Belgique
L’étude pointe une influence excessive du Maroc sur la classe politique et les médias belges :
- Le MR a été le premier parti à soutenir le plan d’autonomie marocain, en rupture avec la doctrine belge historique.
- Le scandale du « Marocgate » a révélé une corruption d’eurodéputés.
- Les médias belges ignorent la répression au Maroc (mouvement GenZ212) tout en critiquant systématiquement l’Algérie, pourtant mieux classée à l’indice de développement humain.
L’Algérie, partenaire gazier incontournable
Depuis la guerre en Ukraine, l’Algérie est devenue un fournisseur stratégique de gaz pour l’Europe (un tiers du gaz italien). Le commissaire européen à l’Énergie a récemment manifesté son intérêt pour le gaz et l’hydrogène vert algériens. Pourtant, la RTBF a minimisé ce partenariat, ce qui, selon l’étude, dessert le consommateur belge, notamment en Wallonie où le bâti ancien rend la dépendance au gaz plus forte.
Conclusion : agir comme citoyen-consommateur
L’étude appelle les Belges à :
- Exiger un étiquetage honnête des produits (Sahara Occidental, pas Maroc).
- Boycotter les tomates, melons, poissons et phosphates issus du territoire occupé.
- Soutenir un tourisme éthique (Dakhla est une destination à la mode, mais participe à la colonisation).
- Se méfier des médias et des élites inféodées au lobbying marocain.
« La liberté du peuple sahraoui est intimement liée à la qualité de notre débat démocratique interne », conclut l’étude.