Passer au contenu

Maghreb Online

Le Maghreb au jour le jour

Menu principal
  • Accueil
  • Maroc
  • Algérie
  • Mauritanie
  • Tunisie
  • Libye
  • Maghreb
  • Sahel
  • Monde
  • Monde

Tensions Washington-Madrid : La presse marocaine et israélienne voit Rabat comme le « plan B » de Trump dans le Détroit

Admin 18 mars 2026
polisario maroc USA flags

Les Etats-Unis dirigent les négociations entre le Maroc et le Front Polisario sur le Sahara Occidental.

Alors que l’Espagne a opposé son veto à l’utilisation des bases de Rota et Morón pour d’éventuelles frappes américaines contre l’Iran, un scénario géopolitique majeur agite les colonnes de la presse marocaine et pro-israélienne : le royaume chérifien pourrait-il supplanter Madrid comme principal allié de Washington dans le sud de l’Europe ?

La décision du gouvernement de Pedro Sánchez de bloquer l’utilisation des installations militaires espagnoles par le Pentagone dans le cadre du conflit avec l’Iran a provoqué des remous bien au-delà de la péninsule ibérique. Dans ce contexte de défiance transatlantique, une idée fait son chemin : et si Donald Trump décidait de « déplacer » sa fidélité stratégique de l’Espagne vers le Maroc ?

Plusieurs médias marocains se sont emparés de cette hypothèse avec enthousiasme. « La rupture entre les États-Unis et l’Espagne pose la question : Trump pourrait-il transférer les troupes de Rota vers le Maroc ? », s’interroge en une le quotidien As Sahifa de Casablanca. Le site d’information Bladi surenchérit : « Menaces de Trump contre l’Espagne : le Maroc attend le moment opportun pour s’emparer de l’infrastructure logistique américaine ». Une question similaire est posée par l’énigmatique plateforme SiliconValley.ma : « Le Maroc devrait-il profiter des tensions entre Washington et Madrid ? ».

Derrière ces spéculations, les observateurs perçoivent une opportunité pour Rabat de se positionner comme un partenaire irréprochable aux yeux de l’administration américaine. Officiellement silencieuse, la diplomatie marocaine laisserait ses relais médiatiques défendre l’idée d’un « changement géopolitique » bénéfique. « Marruecos posee costas estratégicas y una clara voluntad política de convertirse en centro de seguridad de la región » (Le Maroc possède des côtes stratégiques et une claire volonté politique de devenir un centre de sécurité pour la région), argue SiliconValley.ma, qui voit dans cette crise une occasion pour Rabat d’obtenir un « soutien plus explicite des États-Unis sur les questions régionales », notamment sur le dossier du Sahara Occidental, en échange de sa « loyauté inébranlable ».

Une loyauté sans faille envers Washington et Israël

Cette loyauté, Rabat s’emploie à la démontrer sur tous les fronts. Le roi Mohammed VI a été le premier dirigeant à accepter l’invitation de Donald Trump à rejoindre son « Conseil de la paix ». L’armée marocaine est également pressentie pour participer à la force de stabilisation internationale que le Pentagone souhaite déployer à Gaza. De plus, Rabat s’est abstenu de critiquer les bombardements contre l’Iran et a refusé de signer une plainte de huit pays musulmans dénonçant les restrictions israéliennes à l’accès aux lieux saints de Jérusalem, et ce malgré la présidence du Comité Al Qods par le souverain marocain.

Cette ligne politique n’échappe pas non plus aux analystes israéliens. « La question de fond est de savoir comment stabiliser le périmètre sud sans dépendre exclusivement de Madrid », écrit le journaliste Amine Ayoub dans The Times of Israel, appelant Washington à une « réévaluation pragmatique ». Pour l’ex-militaire israélien José Lev Álvarez, analyste au Middle East Forum, l’Espagne a « affaibli la coopération en matière de défense », tandis que le Maroc, qui a massivement modernisé son arsenal (dont 24% provient désormais d’Israël), représente une alternative crédible.

Une menace pour Ceuta, Melilla et la présence américaine en Espagne ?

Certaines voix vont plus loin, à l’instar de Michael Rubin, ancien haut responsable américain et analyste à l’American Enterprise Institute. Il estime que Donald Trump et Marco Rubio devraient punir une Espagne qu’il qualifie « d’antiaméricaine et antisémite » non pas par des sanctions commerciales, mais en « reconnaissant formellement Ceuta et Melilla comme territoire marocain occupé ». Une perspective qui alerte l’ancien ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel García Margallo. « Tout cela va nous causer un désastre monumental, et cela se produira probablement à Ceuta et Melilla », a-t-il mis en garde, rappelant que ces deux villes se trouvent dans une « zone grise » de l’article 5 de l’OTAN.

Faut-il pour autant s’attendre à un départ précipité des Américains de Rota et Morón ? Rien n’est moins sûr. Le général Michael E. Langley, chef de l’AFRICOM, a démenti devant le Congrès américain en juin dernier tout projet de transfert des bases hors d’Espagne. Il a réaffirmé leur rôle crucial pour les opérations en Méditerranée, en Afrique et au Moyen-Orient. Le coût prohibitif d’un tel déménagement et l’attractivité de la base de Rota pour les militaires américains semblent, pour l’heure, garantir la pérennité de la présence américaine sur le sol espagnol.

Si le Maroc, malgré une augmentation significative de son budget de défense, ne peut encore rivaliser militairement avec l’Espagne (dont le budget de la défense reste presque le double), il n’en demeure pas moins que la crise diplomatique actuelle entre Madrid et Washington offre à Rabat une tribune inespérée pour se présenter comme l’allié fiable et indispensable dans une région en pleine recomposition.

Avec El Confidencial

#Maroc #Espagne #EtatsUnis #SaharaOccidental #Basesmilitaires #Rota #Morón

À propos de l'auteur

Admin

Administrator

Visitez le site Web Afficher tous les messages

Post navigation

Previous: Moyen Orient : Washington n’arrive pas à mondialiser la question du Détroit d’Ormuz
Next: Tensions géopolitiques : Madrid se tourne vers Alger pour sécuriser son approvisionnement en gaz

Histoires connexes

el confidencial boutarbouch
  • Monde

Le Maroc et le CNI se mobilisent contre l’octroi de la nationalité espagnole à un militant islamiste

Admin 3 mai 2026 0
Omar Brouksy le fils de notre ami
  • Monde

Mohammed VI gouverne le Maroc à partir de son hôtel près de la Tour Eiffel (Brouksy)

Admin 3 mai 2026 0
livre brouksy
  • Monde

Marruecos: Nuevo libro traza las entrañas de un reinado bajo tensión

Admin 3 mai 2026 0
  • Deux soldats américains portés disparus après des manœuvres militaires au Maroc
  • Au Sahara Occidental, les Etats-Unis sont juge et partie pour favoriser le Maroc
  • Le Maroc et le CNI se mobilisent contre l’octroi de la nationalité espagnole à un militant islamiste
  • CAN : au Sénégal, la blessure reste vive après la décision de la CAF
  • En Tunisie, El Othmani poursuivi par la malédiction de la signature de la normalisation avec Israël
Copyright © All rights reserved. | MoreNews par AF themes.