Guerre Iran-Israël : les monarchies du Golfe résistent à la pression de Washington

Alors que l’Iran et Israël s’affrontent militairement, les États arabes du Golfe, pourtant alliés de longue date des États-Unis, refusent catégoriquement d’être entraînés dans le conflit. Malgré les frappes qui pleuvent sur leur sol et les pressions insistantes de l’administration Trump, Riyad, Abou Dhabi et leurs voisins cherchent avant tout à préserver leur survie à long terme aux côtés de leur puissant voisin iranien.

Une position intenable

Depuis le début des hostilités, les États du Golfe sont pris entre deux feux. Pris pour cible par une grande partie des tirs iraniens – Téhéran ayant reconnu que 40 % de sa puissance de feu visait en réalité ses voisins arabes plutôt qu’Israël –, ils subissent également les pressions de Washington pour rejoindre la coalition anti-iranienne.

Le sénateur républicain Lindsey Graham a été le plus clair : il est inacceptable que les États-Unis défendent des partenaires comme l’Arabie saoudite sans qu’ils participent à « la lutte commune contre l’Iran ». Il a menacé de « conséquences » en cas de refus. Pendant ce temps, l’Iran intensifie ses frappes pour forcer ces mêmes monarchies à faire pression sur Donald Trump afin qu’il désescalade.

La méfiance règne

Malgré les déclarations de Trump, qui assure que les frappes ont poussé les pays du Golfe à « insister pour être impliqués », ces derniers démentent fermement. Le milliardaire émirati Khalaf Al Habtoor a brièvement exprimé le sentiment général sur X, avant d’effacer son message : « Nous savons qui a entraîné toute la région dans cette escalade dangereuse sans consulter ses ‘alliés’. »

Selon les analystes, les dirigeants de la région nourrissent une profonde méfiance envers Washington. « Ils ont le sentiment que l’administration Trump a privilégié la sécurité d’Israël au détriment de la leur », explique Hasan Alhasan, de l’International Institute for Strategic Studies. Surtout, ils savent que les forces américaines finiront par quitter la région, alors que l’Iran restera leur voisin pour toujours.

Des frappes stratégiques qui inquiètent

Le conflit a déjà pris une tournure particulièrement inquiétante pour ces États désertiques, dépendants à 50 % du dessalement de l’eau. Une frappe en représailles a endommagé une usine de dessalement à Bahreïn, après qu’une installation similaire a été touchée en Iran (fait attribué par la presse israélienne aux Émirats, qui l’ont fermement démenti).

Par ailleurs, le détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole mondial, est quasiment à l’arrêt. Les prix du pétrole et du gaz flambent sur les marchés mondiaux, l’Europe ayant vu ses prix gaziers bondir de 50 % après l’arrêt de la production au Qatar.

Une neutralité active

Si les capitales du Golfe refusent de combattre, elles pourraient opter pour un soutien discret : ouverture de l’espace aérien et des bases aux forces américaines, voire frappes ciblées sur les sites de lancement de drones ennemis. Mais leur objectif reste le même : « rétablir la dissuasion et mettre fin rapidement au conflit », contrairement aux États-Unis et à Israël qui semblent vouloir détruire les capacités militaires iraniennes.

Reste que l’inaction a aussi un prix. Comme le résume un expert : « Combien de temps le Golfe peut-il rester les bras croisés à encaisser les attaques ? »

With CNN

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