L’Union Africaine adopte la «Déclaration d’Alger» sur les crimes coloniaux

En plaçant la question de la mémoire au cœur des relations internationales, Alger offre au continent un cadre cohérent pour sortir de la marginalisation et exiger un traitement fondé sur la vérité et l’équité.

L’Union africaine a franchi ce dimanche à Addis-Abeba une étape décisive dans sa quête de justice historique en adoptant officiellement, lors de son 39ème sommet, la « Déclaration d’Alger » sur les crimes du colonialisme en Afrique. Ce texte de référence, qui constitue désormais une pierre angulaire de l’effort continental pour la criminalisation du fait colonial et l’exigence de réparations, a été accueilli avec une grande estime par les chefs d’État africains. Ces derniers ont tenu à saluer la vision et l’initiative du président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune, dont l’engagement a permis de transformer une dynamique nationale en un projet juridique et mémoriel d’envergure continentale.

L’adoption de ce document s’inscrit directement dans la mise en œuvre des résolutions du sommet de l’Union africaine de 2025, placé sous le thème de la justice et des réparations pour les Africains. Fruit des travaux de la conférence internationale organisée à Alger fin 2025, cette déclaration va bien au-delà de la simple condamnation morale. Elle institutionnalise le 30 novembre comme une journée africaine officielle dédiée à la mémoire des martyrs de l’Afrique et des victimes de la traite transatlantique, du colonialisme et de l’apartheid. Par cet acte, l’organisation panafricaine consacre la mémoire collective comme un levier indispensable pour garantir la non-répétition des horreurs passées et pour asseoir les bases d’une reconnaissance internationale effective.

Le texte adopté à Addis-Abeba engage une nouvelle épreuve de force diplomatique en sommant les anciennes puissances coloniales d’assumer l’intégralité de leurs responsabilités historiques. Il exige de ces dernières une reconnaissance publique et sans équivoque des injustices perpétrées sur le sol africain. En parallèle, la déclaration prévoit la création d’une plateforme africaine pour la justice environnementale. Cette instance technique et juridique aura pour mission d’identifier les zones géographiques ayant subi des dommages irréversibles, d’évaluer les préjudices subis par les populations et d’accompagner les États dans l’élaboration de dossiers de réhabilitation et d’indemnisation conformes aux normes internationales.

Par cet acquis diplomatique majeur, l’Algérie confirme son rôle de pivot dans la structuration de la doctrine juridique africaine. En plaçant la question de la mémoire au cœur des relations internationales, Alger offre au continent un cadre cohérent pour sortir de la marginalisation et exiger un traitement fondé sur la vérité et l’équité. Cette réussite marque ainsi le début d’une ère où l’Afrique ne se contente plus de subir son histoire, mais s’organise pour en obtenir la réparation intégrale, transformant le passé douloureux en un socle pour une souveraineté africaine réaffirmée et respectée sur la scène mondiale.

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