La réunion est pilotée par Massad Boulos, représentant spécial du président Donald Trump pour l’Afrique, et par Michael Waltz, ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies. Autour de la table figurent les chefs de la diplomatie marocaine, algérienne et mauritanienne, ainsi que le responsable des affaires étrangères du Front Polisario. L’émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, participe également aux discussions.
Des négociations discrètes se tiennent ce dimanche à Madrid entre le Maroc, l’Algérie, le Front Polisario et la Mauritanie, sous la supervision directe des États-Unis, afin de tenter de relancer le processus politique autour du Sahara occidental. Selon des sources diplomatiques citées par El Confidencial, cette rencontre se déroule dans les locaux de l’ambassade américaine, dans le plus grand secret.
La réunion est pilotée par Massad Boulos, représentant spécial du président Donald Trump pour l’Afrique, et par Michael Waltz, ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies. Autour de la table figurent les chefs de la diplomatie marocaine, algérienne et mauritanienne, ainsi que le responsable des affaires étrangères du Front Polisario. L’émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, participe également aux discussions.
Une médiation américaine renforcée
Depuis l’automne dernier, Washington a pris l’initiative du dossier, reléguant l’ONU à un rôle secondaire. Cette rencontre madrilène fait suite à une première réunion secrète organisée à Washington deux semaines auparavant, restée largement ignorée des médias.
Les États-Unis considèrent désormais la résolution du conflit comme une priorité stratégique. Massad Boulos a récemment affirmé que ce dossier figurait parmi les « priorités maximales » de l’administration Trump. Dans ce cadre, il s’est rendu en janvier à Alger pour rencontrer le président Abdelmadjid Tebboune, conscient de l’influence décisive de l’Algérie sur le Polisario.
Une nouvelle offre marocaine d’autonomie
Au cœur des discussions figure une nouvelle proposition marocaine d’autonomie pour le Sahara occidental. Initialement limitée à trois pages en 2007, cette offre a été élargie à un document de 40 pages, élaboré en janvier dernier par plusieurs conseillers royaux, avec l’appui des services de renseignement et de hauts responsables gouvernementaux.
Cette version renforcée vise à répondre aux exigences américaines et européennes, qui réclamaient un projet plus consistant. Toutefois, selon les premières évaluations américaines, le plan reste insuffisant. Une véritable autonomie impliquerait une réforme constitutionnelle au Maroc, dans un pays historiquement très centralisé.
Par ailleurs, Rabat craint que de telles concessions ne favorisent d’autres revendications régionales, notamment dans le Rif, marqué par des tensions sociales persistantes.
Des soutiens internationaux croissants
Malgré ces limites, le Maroc a progressivement consolidé ses appuis diplomatiques. L’Union européenne a soutenu pour la première fois son plan d’autonomie en janvier dernier. L’Espagne avait déjà pris position en 2022, à travers une lettre du Premier ministre Pedro Sánchez au roi Mohammed VI. Les États-Unis et la France sont allés plus loin en reconnaissant la souveraineté marocaine sur le territoire.
L’un des objectifs de Rabat est désormais d’obtenir une réduction, voire un démantèlement, de la MINURSO, la mission onusienne déployée dans la région. Son budget est déjà en baisse, et plusieurs postes ont été supprimés ces derniers mois.
L’autodétermination toujours en suspens
La MINURSO avait pour mission initiale d’organiser un référendum d’autodétermination, prévu par les accords de 1991 entre le Maroc et le Polisario. Ce projet n’a jamais abouti, en raison de blocages politiques et du manque de fermeté de la communauté internationale à l’époque.
Aujourd’hui encore, l’Algérie et le Front Polisario continuent de défendre le principe de l’autodétermination, malgré la pression américaine en faveur de la solution d’autonomie.
Madrid, terrain diplomatique discret
Le choix de Madrid résulte d’une décision unilatérale des États-Unis, principalement pour des raisons pratiques. Le ministère espagnol des Affaires étrangères n’a pas été associé à l’organisation de la rencontre, bien que son ministre, José Manuel Albares, profite de l’occasion pour recevoir ses homologues algérien et mauritanien.
La capitale espagnole s’impose de plus en plus comme un lieu neutre pour les négociations internationales, après avoir déjà accueilli, en septembre dernier, des discussions commerciales entre Washington et Pékin.
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