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Maroc Leaks : Note sur l’élection présidentielle en Algérie (avril 2014)

boutefliks election 2014

Le texte souligne le risque que cette élection, perçue par certains comme une « mascarade », accentue la crise politique, sociale et morale en Algérie

Résumé

Le document analyse le contexte de l’élection présidentielle algérienne d’avril 2014, marquée par un fort climat de contestation et de défiance politique. Le principal parti islamiste, le MSP, annonce le boycott du scrutin pour protester contre la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un quatrième mandat et dénoncer « le monopole du pouvoir, l’absence de conditions démocratiques, le manque de transparence électorale et le refus des autorités de mettre en place une commission électorale indépendante ». Le parti critique également « l’insuffisance des réformes politiques et la fragilité persistante de l’économie, qui affecte le pouvoir d’achat des citoyens ».

Ce boycott s’inscrit dans un contexte plus large de remise en cause de la crédibilité de l’élection, après des positions similaires du RCD et les fortes réticences du FFS, tandis que le soutien du RND reste nuancé. L’absence de consensus autour de la candidature de Bouteflika, notamment en raison de son état de santé, renforce les incertitudes. Des appels à un boycott actif du scrutin émergent, risquant d’affaiblir la légitimité nationale et internationale de l’élection.

Sur le plan des candidatures, malgré un grand nombre de postulants initiaux, les contraintes légales de collecte de signatures réduisent fortement les candidatures crédibles, dont sept profils principaux issus du champ politique, économique et culturel.

En conclusion, le texte souligne le risque que cette élection, perçue par certains comme une « mascarade », accentue la crise politique, sociale et morale du pays. Toutefois, il rappelle qu’elle pourrait aussi représenter une opportunité historique de rupture avec l’immobilisme, de réforme de la gouvernance et de renouvellement générationnel, même si, en matière de politique étrangère (notamment sur le Sahara), une continuité avec la ligne de Bouteflika est attendue.

Texte du document

I/Les Faits : un boycott de la présidentielle

II/Les raisons du boycott du MSP : le monopole du pouvoir, des conditions anti-démocratiques

III/Des élections teintées d’incertitude et qui s’annoncent controversées : une absence de crédibilité et de légitimité en perspective

CandidatFonction
Louisa HanouneSecrétaire générale du Parti des travailleurs
Ahmed BenbitourAncien chef de gouvernement
Ali BenflisAncien Premier Ministre
Ali BenouariEx Ministre du Trésor
Yasmina KhadraÉcrivain / Ancien commandent des services de renseignements Algériens (DRS), notamment durant la décennie noire / Directeur du centre culturel algérien de Paris
Boukhelifa MouradExpert Management & Informatique
Rachid NekkazCandidat de la Jeunesse et du Changement

Conclusion :

-Le MSP, avait d’ores et déjà déclaré en décembre 2013 que l’Algérie courait « à la catastrophe si Bouteflika décrochait un quatrième mandat », mandat qui s’apparente davantage à une intronisation et une volonté coriace de prolonger la mainmise sur le pays.

-Mais dans quelles conditions Bouteflika mènera-t-il son mandat? A t il les capacités physiques de diriger l’Algérie cinq années de plus ? 

-Risque que cette élection présidentielle précipite le pays dans une crise morale, politique et sociale.

-Un avenir des plus incertain pour l’Algérie compte tenu de l’état dans lequel se trouve le pays : chômage et désespérance des jeunes, économie exsangue et dépendante des hydrocarbures, pauvreté croissante, corruption généralisée, sentiment de perte des valeurs, menaces aux frontières…

-En outre, les différents profils ayant initialement postulés, majoritairement non qualifiés pour la plus haute fonction de l’Etat, font que cette échéance s’apparente davantage à une mascarade qu’à des élections présidentielles sérieuses et crédibles.

-Or cette échéance, avec l’élection d’un nouveau président, pourrait être un tournant historique qui permette à l’Algérie de tourner la page de 15 ans d’immobilisme, de s’’engager sur la voie de l’effort et du redressement, en comptant sur la jeunesse (passer le relai à celle-ci). Elle pourrait constituer l’occasion de procéder à des changements fondamentaux dans le mode de gouvernance, dans les équilibres des pouvoirs institutionnels, et de consacrer la solidarité, les libertés, la démocratie et les droits de l’homme.

-Pour ce qui est de la position algérienne vis-à-vis du Sahara et au vu des profils des candidats, elle devrait généralement s’inscrire dans la continuité de celle adoptée par Bouteflika ; le différend préfabriqué autour de ladite question étant inhérent à la politique étrangère algérienne.

Source:

#Algérie #Bouteflika #Elections #SaharaOccidental

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