Dans une enquête publiée il y a environ un an, intitulée "Cette oligarchie algérienne", le magazine français L'Obs a révélé qu'un grand nombre de responsables et d'hommes d'affaires algériens, actuels et anciens, ont investi pendant des décennies dans les plus beaux quartiers de Paris et de ses environs.
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- D’anciens responsables ont transféré des sommes considérables pour acheter des biens immobiliers et des propriétés.
- La justice algérienne demande l’aide de la France dans cette mission.
L’Algérie a commencé à notifier des commissions rogatoires à la France à l’encontre de personnes recherchées par la justice dans des affaires de corruption impliquant d’anciens responsables du régime de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika. Il s’agit de plus d’une centaine de personnalités proches de lui, qui ont transféré des fonds en France pour acheter des biens immobiliers et des propriétés, rouvrant ainsi le débat juridique sur les chances de l’État algérien de récupérer les produits de la corruption financière et politique sous l’ancien régime.
Le magazine français Le Point a cité une de ses sources à Paris affirmant que « les informations demandées par les autorités algériennes sont beaucoup plus vastes que les aspects fiscaux de ces personnes. » Le magazine a précisé que, bien que les noms des personnes ciblées n’aient pas été révélés, ses sources ont confirmé qu’il s’agissait d’une centaine de personnalités liées au régime de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika.
Le Point a poursuivi en disant que l’actuel président algérien, Abdelmadjid Tebboune, estime que le moment est opportun pour tenter de récupérer les gains illicites en France, et ne souhaite pas que des organisations non gouvernementales comme Transparency International s’immiscent dans ce que le gouvernement algérien considère comme une affaire intérieure.
Dans une enquête publiée il y a environ un an, intitulée « Cette oligarchie algérienne », le magazine français L’Obs a révélé qu’un grand nombre de responsables et d’hommes d’affaires algériens, actuels et anciens, ont investi pendant des décennies dans les plus beaux quartiers de Paris et de ses environs.
Le magazine a pu dresser une longue liste de noms de l’oligarchie algérienne à Paris et dans ses banlieues luxueuses, dont l’ancien ministre de l’Industrie, Abdeslam Bouchouareb, qui possède un appartement au cœur du Paris historique, sur les rives de la Seine, près de la cathédrale Notre-Dame. Cet appartement de 156 mètres carrés, acheté en 2006 pour environ un million d’euros, dont la moitié payée en espèces, est estimé aujourd’hui entre 2,5 et 3 millions d’euros.
L’Obs a révélé que l’ancien directeur du protocole à la Présidence de la République, Mokhtar Rafik, qui a travaillé pendant 14 ans aux côtés de Bouteflika jusqu’au dernier jour de son mandat, possède un petit appartement dans le 12ème arrondissement de Paris, près de la mairie. Il l’a acheté au nom d’une société immobilière en février 2018, pour 320 000 euros, payés en espèces.
Le site Mondafrique avait publié en 2014 une série d’enquêtes sur des responsables algériens qu’il accusait de posséder des biens immobiliers valant des millions d’euros à Paris, y compris un appartement pour Ammar Saâdani, Secrétaire général du parti du Front de Libération Nationale (FLN), à Neuilly-sur-Seine, qui est l’un des quartiers les plus huppés de Paris et dont le nom était lié à l’ancien président français Nicolas Sarkozy, qui fut maire de la ville. Le site avait également évoqué à l’époque un appartement de l’ancien ministre Abdeslam Bouchouareb, sur le quai de Montebello, face à la Seine et à la cathédrale Notre-Dame.
Des experts juridiques ont confirmé que la récupération des fonds détournés de l’étranger nécessite de revoir la législation algérienne concernant la manière et les mécanismes de récupération des fonds d’une part, et de conclure des accords de coopération judiciaire avec les pays étrangers où les accusés détiennent des biens mobiliers, immobiliers et des sociétés, en plus d’intensifier les efforts diplomatiques à cet égard.
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