Ces événements au Maroc ont suscité une forte dynamique locale et internationale. Face à l'intensification des pressions sur le gouvernement pour mettre en œuvre des réformes transparentes et tangibles, la rue marocaine reste à la croisée des chemins entre l'appel au changement et la confrontation dans la rue avec les forces de sécurité.
Tags : Maroc, Génération Z, Genz212, Makhzen, Mohammed VI, éducation, santé, Jabaroot, succession, DGED, DGST, Fouad Ali El Himma,
Depuis une semaine, le Maroc est le théâtre d’une vague de protestations populaires sans précédent, portant la signature de la Génération_Z juvénile. Jour après jour, les jeunes manifestants élèvent le plafond de leurs revendications, plongeant ainsi le système du Makhzen ainsi que ses bras médiatiques et financiers dans un état d’urgence.
Revenant à la première étincelle des protestations, les manifestants avaient initialement soulevé une série de revendications sociales traditionnelles, dans le contexte d’un système de santé et d’éducation en état d’effondrement au Maroc et d’une corruption généralisée. Rapidement, le cercle des protestations s’est élargi et la liste des revendications a changé, passant de réformes économiques à l’exigence du départ du gouvernement, de la reddition de comptes des corrompus et des responsables du pillage des fonds du peuple marocain. Avec la répression continue des manifestations et l’utilisation de balles réelles, des photos du roi du Maroc, Mohammed VI, ont été brûlées à Agadir, et même des slogans appelant à la chute de la monarchie ont été brandis.
La Génération Z bouscule le système du Makhzen marocain
Ces protestations, menées par des jeunes indépendamment de toute organisation partisane ou syndicale sous le nom de « Gen Z 212 », sont considérées comme une réponse directe à ce qu’ils perçoivent comme une négligence délibérée de leurs demandes par le gouvernement et un mépris pour leurs droits fondamentaux.
Des observateurs estiment que ce qui se passe au Maroc est le reflet d’une bataille pour la succession qui se déroule en coulisses entre des ailes rivales, en raison de l’état de santé déclinant du roi Mohammed VI, absent de la prise de décision depuis des années, et de différends entre les services de renseignement et le Palais Royal, notamment après les soi-disant fuites de Jabaroot, qui ont révélé la corruption de membres de la famille royale et de hauts symboles du système du Makhzen, qu’il s’agisse de chefs d’agences de sécurité, de politiciens ou de l’entourage du roi.
Réactions au Maroc : la diabolisation des manifestants
Malgré le caractère pacifique des manifestations, les forces de sécurité marocaines ont eu recours à l’usage de la force pour disperser les manifestants, entraînant la mort de 3 manifestants par balles réelles, des dizaines de blessés et l’arrestation de milliers d’autres.
Le paradoxe est que, au lieu de répondre aux revendications des jeunes, les autorités marocaines les ont qualifiés de « saboteurs » (terroristes), une description proche du terme « voyous » (oubaches) utilisé par Hassan II pour désigner les manifestants Rifains lors de l’Intifada de 1984. Dans le même ordre d’idées, le Chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, a refusé de démissionner malgré les appels de la rue marocaine à son départ.
Comment les médias mondiaux ont réagi à la vague de protestations au Maroc
Les médias mondiaux ont largement relayé l’évolution rapide des événements au Maroc, se concentrant sur ce qu’ils ont appelé la répression des manifestants par les services de sécurité marocains utilisant des balles réelles, ce qui a entraîné la mort de 3 manifestants aux mains des éléments de la Gendarmerie Royale marocaine. Fait révélateur, les chaînes de télévision d’information arabes ont traité les événements au Maroc avec une froideur confinant à l’occultation médiatique.
L’agence Reuters a titré en gros : « L’accumulation des crises derrière le mouvement de la Génération Z au Maroc ».
Le journal français à large diffusion Le Monde a écrit : « Au Maroc, le régime a eu tort de penser qu’offrir des jeux sportifs au peuple lui ferait oublier les problèmes sociaux. »
Organisations internationales des droits de l’homme tirent à boulets rouges sur le système du Makhzen marocain
Human Rights Watch a demandé au système du Makhzen marocain de respecter le droit de manifester et de ne pas recourir à l’usage excessif de la force contre les manifestants pacifiques. Dans un communiqué, l’organisation a déclaré qu’elle suivait de près la vague d’arrestations arbitraires et a fermement condamné l’utilisation de balles réelles par la Gendarmerie Royale marocaine pour disperser les manifestants.
Amnesty International, de son côté, a condamné ce qu’elle a appelé la répression des manifestants au Maroc, demandant l’ouverture d’une enquête indépendante sur les circonstances de la mort de 3 jeunes Marocains par balles réelles.
Organisations et instances internationales : le Maroc a franchi les lignes rouges
Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, a fermement condamné l’usage de la violence contre les manifestants, soulignant que la mort de trois civils lors de manifestations pacifiques exige la mise en place d’une commission d’enquête indépendante afin d’assurer la justice pour les victimes. La militante yéménite Tawakkol Karman, lauréate du prix Nobel de la paix, a exprimé son soutien à la jeunesse marocaine sur la plateforme X.
L’Union européenne a appelé à la retenue et au maintien du calme, réaffirmant le droit des jeunes à la participation politique et à l’expression de leurs revendications.
Les conséquences du mouvement Génération_Z
Ces événements au Maroc ont suscité une forte dynamique locale et internationale. Face à l’intensification des pressions sur le gouvernement pour mettre en œuvre des réformes transparentes et tangibles, la rue marocaine reste à la croisée des chemins entre l’appel au changement et la confrontation dans la rue avec les forces de sécurité.
