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Il y a des gifles diplomatiques qui claquent plus fort que les mots. La visite récente du président algérien Abdelmadjid Tebboune à Rome en est une. Reçu avec tous les honneurs par Giorgia Meloni, chaleureusement accueilli, entouré de ministres italiens de premier rang, Tebboune a foulé le sol italien non pas comme un ancien colonisé quémandant une faveur, mais comme un chef d’État souverain et respecté, scellant une alliance stratégique avec un pays européen conscient des réalités du nouveau monde.
Pendant ce temps, la France regarde, muette et humiliée, réduite à l’impuissance, à l’agacement médiatique et aux plaintes diplomatiques feutrées. Car derrière le cérémonial italien, c’est tout un système de rapports postcoloniaux qui s’effondre — au grand dam de Paris.
La fin d’un privilège colonial
Paris continue, malgré les décennies, à entretenir un regard condescendant sur Alger. Une posture héritée d’un passé impérial mal digéré, où la France se pensait toujours tutrice, donneuse de leçons, maître d’un domaine qui lui appartenait encore moralement sinon politiquement. L’Algérie ? Une « chasse gardée », une ancienne colonie censée rester dans le giron de la République, même affranchie.
Mais l’ère Bouteflika est bel et bien révolue. Fini les faveurs opaques, les marchés réservés, les relations incestueuses entre cercles d’intérêts croisés. Sous Tebboune, l’Algérie revendique pleinement sa souveraineté, choisit ses partenaires, fixe ses priorités. Et cette souveraineté s’exerce avec des pays qui ne cherchent pas à l’humilier, mais à travailler d’égal à égal.
L’Italie : le partenaire du respect
Giorgia Meloni l’a bien compris. Loin du moralisme hexagonal, elle a opté pour le réalisme. Elle sait que l’Algérie est devenue incontournable sur l’échiquier méditerranéen, à la fois fournisseur énergétique majeur, acteur régional influent, et interlocuteur sérieux en Afrique du Nord. Et surtout, elle a compris ce que Paris feint encore d’ignorer : on ne traite pas l’Algérie avec arrogance, on la traite avec respect.
Résultat : un partenariat renforcé, un soutien explicite sur les questions sensibles (comme le Sahara occidental), des coopérations nouvelles dans les énergies renouvelables, l’agriculture, la recherche et même la défense. Une dynamique que la France observe de loin, rongée par son orgueil et son immobilisme.
Une France en perte d’influence
Pendant que Rome signe, Paris sermonne. Pendant que l’Italie investit, la France s’enferme dans un discours paternaliste, moralisateur et intrusif, qui ne passe plus. Plus personne à Alger ne veut de cette vieille musique où la République se donne des airs de grande sœur éclairée, incapable pourtant de respecter ses propres principes lorsqu’il s’agit de regarder l’Algérie d’égal à égal.
Et c’est cela, au fond, qui agace tant à Paris : l’Algérie n’est plus dépendante. Elle s’ouvre à la Chine, aux États-Unis, à la Turquie, à l’Italie. Elle assume son rôle régional. Elle soutient d’autres nations africaines dans leur quête d’indépendance réelle. Et face aux injonctions françaises, elle répond par le silence, ou par des alliances ailleurs.
La souveraineté ne se négocie pas
L’Algérie d’aujourd’hui ne se soumet pas. Elle ne cède pas à la pression médiatique, ni aux exigences diplomatiques, ni aux leçons de morale. La souveraineté n’est pas à vendre, pas même pour la libération d’un ressortissant, pas même pour quelques contrats énergétiques.
Et c’est là l’erreur fondamentale de la France actuelle : croire qu’elle peut encore obtenir des faveurs par les vieilles recettes de domination douce, quand le monde a changé. Ce monde, l’Algérie y prend sa place — avec fermeté, dignité, et stratégie.
Une France bredouille, victime de sa propre arrogance.
Aujourd’hui, l’image est cruelle mais juste : la France, isolée, observe les alliances se former sans elle. Elle ne convainc plus, elle irrite. Elle brandit des principes, mais ne sait plus dialoguer. Et face à cette Algérie nouvelle, elle ne peut plus compter sur ses anciens réseaux, ni sur la nostalgie d’un passé révolu.
Tebboune à Rome, c’est un signal clair : l’Algérie n’attend plus l’approbation de Paris. Elle trace sa voie. Et la France récolte les fruits amers de son arrogance.
Cette chronique n’est pas une provocation, c’est un constat. Celui d’un renversement des rapports de force, où le respect remplace l’héritage, et où ceux qui ne s’adaptent pas… disparaissent.
Source : L’Algérie libre
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