Le coup du parapluie, ou comment le Maroc laisse Israël investir sur son territoire

Face caméra, la brouille diplomatique est claire : en boycottant Netanyahu lors 51e sommet de la Cédéao en 2017, Mohammed VI montrait que le Maroc ne négociait pas avec Israël. Mais en coulisse, notamment sur le plan économique, entre l’Etat hébreu et le royaume chérifien, les relations semblent au beau fixe entre les deux pays.

La bombe est sortie le mois dernier des archives israéliennes. Bien que les données officielles des échanges commerciaux du Maroc n’aient jamais mentionné Israël, écrivait ainsi le HuffPost Maghreb, les documents israéliens montrent que la réalité est autre : il y aurait eu, l’an dernier, 37 millions de dollars d’échanges entre Israël et le Maroc.

Le Bureau central israélien des statistiques est catégorique et ajoute même que les exportations marocaines vers Israël ont atteint un montant de 24 millions de dollars il y a trois ans.

Le journal en ligne cite plusieurs exemple de sociétés comme Netafim, une société dans laquelle les investissements israéliens se sont élevés à 3 millions de dollars. Une première dans le monde arabe. On est loin d’une relation économique « inexistante », comme la définit le royaume chérifien.

Mais comme pour l’emballage de dattes, Israël passe par des techniques de « camouflage » en mettant ses sociétés marocaines sous pavillon étranger. « Netafim n’est pas la seule entreprise a avoir recours à ce genre de stratégie de camouflage. La firme se met ‘sous parapluie’. Le tour de passe-passe consiste à céder 80 % des actifs et à en garder 20 %, en général les activités les plus stratégiques et sensibles, tel que les pôles R&D, et ce afin de garder le contrôle technologique », explique un militant BDS au HuffPost.

Et la technique du parapluie fonctionne : personne, ou presque, au royaume ne semble s’affoler de l’arrivée d’entreprises israéliennes. « Ces stratégies de camouflage d’un nouveau genre permettent à ces entreprises de s’introduire sur les marchés arabes en général, et marocain en particulier, sans se heurter à la vox populi ou l’opposition de mouvement d’activistes tel que BDS, tout en restant dans les bons papiers du gouvernement marocain qui continue de nier tout échange commercial avec Jerusalem », affirme un avocat d’affaires au magazine en ligne.

Un double discours étonnant : quand il s’agit de produits israéliens visibles, comme des tomates ou des dattes, les autorités marocaines n’hésitent pas à monter au créneau, tout en laissant s’implanter des sociétés israéliennes sur leur sol.

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