Sahara Occidental : Le Makhzen aux abois

Au Maroc, la visite du président français, François Hollande, a été présenté comme une réaffirmation de la politique de soutien au Makhzen adoptée par Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy dans le conflit du Sahara Occidental. Mais, selon le professeur Carlos Ruiz Miguel, une lecture minutieuse du discours de Hollande révèle que la réalité peut être très différente.
Selon Ruiz Miguel, dans les paroles du président français il y a un soutien implicite à Christopher Ross. Deux phrases l’indiquent : 
– « La France soutient les démarches du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies » (et Ross est l’Envoyé personnel du Secrétaire général)
– « la crise au Sahel rend encore plus urgente la nécessité de mettre fin à cette situation. »
Ruiz Miguel signale que cette dernière phrase est particulièrement significative, car elle suit, presque textuellement, les déclarations de Ross. Lors de sa visite dans la région, après sa réception par le Président de l’Algérie, Abdelaziz Bouteflika, Ross avait insisté le 2 Avril que « la situation dangereuse dans la région du Sahel et son voisinage rendent la solution (au conflit du Sahara Occidental) plus urgente que jamais ».
Pour le professeur de l’Université de Sint-Jacques de Compostèle, si Hollande considère que le plan de pseudo-autonomie marocain est une « une base pour parvenir à une solution », c’est parce qu’il reconnaît qu’il y en a d’autres, puisque la France a déjè voté pour des résolutions du Conseil de sécurité qui ont adopté le Plan de règlement et les Accords de Houston et de la résolution qui a avalé le «plan Baker» comme «solution politique optimale ». 
Par conséquent, ajoute Ruiz Miguel, Hollande a évité de soutenir la proposition autonomiste marocaine au moment où il a dit que c’est une « base » sans prétendre qu’elle soit la seule base de négociation. 
Contrairement à ce qu’il a dit dans une phrase précédente: « La France soutient les démarches du Secrétaire général», en parlant du plan marocain il n’a pas dit « la France soutient » le plan marocain, conclue-t-il.

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