Tourisme maghrébin : quel avenir ?

Le secteur n’est plus aussi porteur qu’avant
Par Imaad Zoheir 
Le Maroc qui reste un mauvais élève, n’a pas bien compris la leçon et il répète aujourd’hui les mêmes erreurs et bien sûr les mêmes errements. L’exemple du Maroc oriental peut être généralisé à tout le pays.
Le secteur du tourisme est exactement comme le pétrole, c’est une source en devises non renouvelable. Le meilleur exemple nous vient d’Espagne sur ce plan-là. Grâce à son climat, à son soleil à la beauté de ses paysages et surtout à des investissements appropriés, le pays est devenu en l’espace de 20 ans la plus grande destination touristique du monde, la plus courue.
On y venait de partout au point qu’il fallait réserver six mois à l’avance pour pouvoir profiter de quelques jours de détente. A partir de juillet tout étant complet, même les résidences de luxe généralement inaccessibles aux petites bourses. Il y a 10 ans bien avant la crise qui frappe actuellement l’Europe, l’Espagne comptait jusqu’à 60 millions de touristes par an, un chiffre jamais atteint.
Forts d’une manne qu’ils pensaient inépuisable les responsables iront plus loin et ouvriront la promotion immobilière à tous les aventuriers du béton non sans porter atteinte à leur propre environnement. Aujourd’hui le pays est presque en ruine et les touristes se font rares. De plus en plus rares. Dans certains villages et par manque de moyens les habitants sont obligés de balayer leurs rues et d’enlever eux-mêmes leurs ordures.
Des millions de logements neufs construits dans la foulée d’une dynamique qu’on croyait éternelle sont aujourd’hui vides et inoccupés avec à la clef, si on peut dire, des milliards de crédits non remboursés et la perspective d’une faillite généralisée.
Le Maroc qui reste un mauvais élève, n’a pas bien compris la leçon et il répète aujourd’hui les mêmes erreurs et bien sûr les mêmes errements. L’exemple du Maroc oriental peut être généralisé à tout le pays. Oujda qui en est la capitale, recevait avant l’attentat de Marrakech de 1996 jusqu’à un million de touristes algériens par an. La ville était d’autant plus proche des frontières que les riverains de Tlemcen, de Maghnia, de Marset Ben M’hidi et même de Sebdou pouvaient faire leurs courses le matin et revenir le soir.
L’arrivée en masse des Algériens dopait littéralement le commerce et les boutiques de souvenirs se sont multipliées par trois, voire par quatre, meublés et hôtels refusaient des clients. Bref, tout le monde travaillait dans cette cité qui tirait l’essentiel de ses revenus des visiteurs algériens. Visiteurs que les Oujdis appelaient entre eux «khouda» (singes) en référence au volume de bananes qu’ils achetaient pour leurs familles.
Il faut rappeler qu’à cette époque notre marché était fermé et les fruits exotiques n’inondaient pas les étals comme aujourd’hui.
Algérie-Soir, 30/05/2012
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