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La députée wallonne Rachida Ait Alouha a annoncé ce lundi son départ du Parti du Travail de Belgique (PTB), devenant la deuxième élue à quitter le groupe au Parlement wallon en l’espace de quelques semaines. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, elle justifie sa décision par un profond désaccord entre ses convictions politiques et le fonctionnement interne du parti.
Élue en 2024 dans l’arrondissement de Liège, l’ancienne membre du PTB, infirmière de formation, dénonce une organisation qu’elle qualifie de « machine qui broie l’humain ». Selon elle, il est devenu impossible d’y défendre des valeurs d’émancipation, en raison de pratiques internes marquées par des logiques de pouvoir, des pressions constantes et un manque de débat démocratique.
Dans son témoignage, la députée évoque une détérioration progressive du climat interne, caractérisée par de la délation, du mépris — y compris de classe — et un fonctionnement qu’elle juge « vertical, opaque et profondément inégalitaire ». Elle affirme également avoir été confrontée à une absence de reconnaissance dès son élection, ce qui a contribué à renforcer son malaise.
Un autre point central de sa critique concerne ce qu’elle considère comme une instrumentalisation de ses origines marocaines. Elle explique qu’au moment de son engagement, celles-ci ont été présentées comme un « atout », avant d’être, selon elle, utilisées à des fins politiques puis marginalisées. Cette pratique est, à ses yeux, incompatible avec les principes d’égalité et de respect.
La députée pointe également une « ligne rouge » liée à l’ambiguïté du PTB concernant le Maroc, notamment sur la question du Sahara occidental. Malgré ses demandes répétées, elle affirme ne jamais avoir obtenu de clarification sur la position du parti.
Malgré cette rupture, Rachida Ait Alouha indique vouloir poursuivre son mandat en tant qu’indépendante, tout en restant fidèle à ses engagements politiques. Elle insiste sur le fait que son départ ne constitue pas un renoncement à ses convictions, mais une volonté de les défendre « autrement ».
Ce départ s’inscrit dans une série de défections au sein du PTB. Début mars, le député Jori Dupont avait lui aussi quitté le parti, dénonçant une organisation où les individus seraient contraints de « s’effacer » au profit du collectif. Au niveau bruxellois, Youssef Handichi et Soulaimane El Mokadem avaient également quitté le parti en 2024 et 2025, rejoignant respectivement le Mouvement Réformateur et le Parti Socialiste.
Ces départs successifs soulignent des tensions internes croissantes au sein du Parti du Travail de Belgique, alors que plusieurs anciens membres dénoncent des pratiques en contradiction avec les valeurs affichées publiquement par le parti.
Communique du PTB sur la question
Sahara : réponse à une fake news
1 juin 2024
Quelle est la position du PTB sur le Sahara Marocain et sur les oppositions entre le Maroc et l’Algérie ?
Nous n’avons pas de position sur le sujet. Ce n’est pas notre rôle comme Parti de nous positionner sur tous les conflits qui opposent des pays du Sud. Nous ne nous prononçons et n’intervenons pas sur les conflits Sud-Sud. Par exemple, nous n’intervenons pas dans le conflit qui oppose l’Érythrée et l’Éthiopie ou encore celui qui oppose le Venezuela et le Guyana. Nous sommes actifs dans les conflits internationaux où la Belgique, l’Union européenne ou les pays de l’OTAN sont directement impliqués avec des visées hégémoniques ou néocoloniales. Comme ancienne puissance coloniale, il serait complètement déplacé de prétendre vouloir intervenir dans des conflits opposants des pays du Sud. Il s’agirait là de la reproduction d’attitudes néocoloniales que nous dénonçons.
Par contre, nous sommes bien conscients que certains partis au pouvoir en Belgique propagent des mensonges et des fakenews pour éviter le débat sur leur échec complet en politique belge. Des partis qui se disent sociaux mais qui n’ont rien fait contre l’explosion des prix des loyers à Bruxelles, qui n’ont rien fait contre la pension à 67 ans, qui n’ont rien fait contre la loi de blocage salarial,… Le bilan est mauvais sur le plan social en Belgique et pour détourner l’attention, on agite des fantômes et on propage des fakenews. Nous sommes certains que les Bruxellois et Bruxelloises ne tomberont pas dans cette manipulation.
Source : Presse belge