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Alors que l’administration Trump menace de plus en plus ouvertement de se retirer de l’OTAN, le secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, se retrouve sous le feu des critiques de la part des pays européens. Son approche, fondée sur une relation personnelle chaleureuse avec le président américain – allant jusqu’à l’appeler « Papa » et à lui envoyer des messages élogieux –, est désormais jugée inefficace, voire contre-productive.
Malgré sa réputation de « chuchoteur de Trump », Rutte n’a obtenu aucun résultat concret : ni sur l’aide à l’Ukraine, ni sur la politique commerciale américaine, ni pour empêcher la campagne militaire américaine contre l’Iran, qui a fait des centaines de morts et que Trump justifie par des menaces d’« anéantir toute une civilisation ». Les alliés européens s’interrogent donc en privé sur le bien-fondé de cette stratégie de séduction.
Les tensions se sont aggravées ces dernières semaines. Alors que les partenaires européens refusent de se joindre à la guerre en Iran, la Maison Blanche a déclaré que l’OTAN avait « tourné le dos au peuple américain ». La porte-parole Karoline Leavitt a affirmé que Donald Trump avait « discuté » d’un retrait des États-Unis de l’Alliance, ajoutant : « Ils ont été testés et ils ont échoué. »
En Europe, les réactions sont vives. Emmanuel Macron a dénoncé une rhétorique contradictoire et violente. Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a qualifié la guerre d’« erreur désastreuse » violant le droit international. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a déclaré qu’il n’applaudirait pas « ceux qui ont mis le feu au monde ».
Selon d’anciens responsables de l’OTAN, l’Alliance traverse sa pire crise depuis sa création. Ivo Daalder, ancien ambassadeur américain auprès de l’OTAN, estime que l’organisation est « rompue », et que la défiance européenne envers les États-Unis est désormais totale. Sur le plan financier, un retrait américain contraindrait l’Europe à débloquer plus de 1 000 milliards de dollars supplémentaires pour sa défense.
Une loi votée par le Congrès en 2023 empêche théoriquement tout président américain de quitter unilatéralement l’Alliance. Mais la confiance, elle, est déjà largement entamée.
Avec The Independent