Sahara Occidental : Trump impose une nouvelle rencontre à Washington

La rencontre sera coprésidée par Boulos et l’ambassadeur américain à l’ONU, Michael Waltz. La présence de Staffan de Mistura, envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara Occidental, est également attendue. (Photo: Wikimedia Commons)

Washington. Les États-Unis accélèrent la cadence diplomatique sur le dossier du Sahara occidental. À l’initiative de Massad Boulos, émissaire du président Donald Trump pour l’Afrique, une nouvelle ronde de négociations secrètes est prévue à Washington les 23 et 24 février, selon des sources diplomatiques. Il s’agira de la troisième réunion en un mois, après une première session fin janvier dans la capitale américaine et une deuxième organisée récemment à Madrid.

Autour de la table doivent se retrouver les principaux acteurs : Nasser Bourita pour le Maroc, Mohamed Yeslem Beisat pour le Front Polisario, Ahmed Attaf pour l’Algérie et Mohamed Salem Ould Merzoug pour la Mauritanie. La rencontre sera coprésidée par Boulos et l’ambassadeur américain à l’ONU, Michael Waltz. La présence de Staffan de Mistura, envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, est également attendue.

Une diplomatie accélérée, malgré le Ramadan

La réunion intervient en plein Ramadan, un calendrier qui suscite des réserves parmi les délégations, toutes composées de responsables musulmans. Certains craignent, non sans humour, que le jeûne n’affecte la concentration lors des séances de l’après-midi. D’origine libanaise et de confession maronite, Massad Boulos tente d’imprimer son rythme à un processus longtemps enlisé.

L’ONU et l’UE en retrait

Si l’ONU reste symboliquement associée via Staffan de Mistura, elle apparaît marginalisée, tout comme l’Union européenne. Ni la France ni l’Espagne — anciennes puissances coloniales dans la région — ne participent directement aux discussions. À Madrid, le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares avait reçu séparément plusieurs protagonistes, mais avait décliné toute rencontre avec le Polisario.

Un optimisme prudent côté américain

Lors de la Conférence de sécurité de Munich, Massad Boulos a affiché un optimisme mesuré, évoquant un conflit « sur la voie du règlement » et exprimant le souhait d’un accord rapide. Des sources diplomatiques indiquent que Washington espère une issue avant l’été.

Boulos a clarifié la structure du dialogue : la négociation se déroule entre le Maroc et le Polisario, tandis que l’Algérie et la Mauritanie sont considérées comme des pays voisins « concernés ». Une lecture qui nuance la position marocaine présentant souvent Alger comme interlocuteur central.

Le nouveau plan d’autonomie au cœur des échanges

Les discussions s’appuieraient sur un nouveau plan d’autonomie marocain, plus détaillé que celui de 2007. Le texte, d’une quarantaine de pages, propose une autonomie élargie en matière de santé, éducation, culture et urbanisme, tout en laissant à Rabat les compétences régaliennes : défense, sécurité, monnaie et politique étrangère.

Parmi les points sensibles figurent :

  • La composition du Parlement régional, incluant des représentants tribaux ;
  • Le mode de désignation du président régional, investi par le roi ;
  • L’absence de symboles propres (drapeau, blason) pour l’entité saharienne ;
  • La validation par référendum, dont le corps électoral reste contesté.

Le Polisario exprime de multiples objections, notamment sur la participation électorale des Marocains installés dans le territoire et sur les conditions du retour des réfugiés des camps de Tindouf, estimés à près de 200 000 selon le mouvement sahraoui.

Washington pousse à élargir l’offre

Après avoir soutenu en 2025 une résolution du Conseil de sécurité qualifiant le plan marocain de « solution la plus viable », la diplomatie américaine chercherait désormais à assouplir certains paramètres pour favoriser un compromis. Massad Boulos aurait ainsi rappelé à la délégation marocaine que les États américains disposent chacun de leur propre drapeau, suggérant une plus grande souplesse symbolique.

Source : El Confidencial, 21/02/2026

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