Le prince Andrew dans les “Epstein files” : ce que révèlent les documents américains

Les documents montrent également qu’Andrew partageait des informations internes avec un banquier basé à Abu Dhabi.

LONDRES, 19 février – L’arrestation jeudi de Prince Andrew, frère cadet du King Charles III, marque un nouveau rebondissement dans une affaire relancée par la publication massive de dossiers liés à Jeffrey Epstein. Interpellé pour suspicion de « faute dans l’exercice d’une fonction publique », Andrew Mountbatten-Windsor a été remis en liberté dans la journée et n’a pas été inculpé à ce stade.

Cette arrestation intervient après la diffusion de millions de documents par le United States Department of Justice, qui exposent en détail les relations entretenues par le financier américain, mort en détention en 2019, avec de nombreuses personnalités politiques et économiques.

Déjà privé de ses titres royaux et évincé de sa résidence en raison de ses liens avec Epstein, l’ancien prince, aujourd’hui âgé de 66 ans, avait conclu en 2022 un accord amiable dans une procédure civile intentée par une victime d’Epstein. Il n’avait pas reconnu de faute, et son arrestation actuelle n’est pas liée à ces accusations. Andrew a toujours nié tout comportement répréhensible et déclaré n’avoir été témoin d’aucun crime sexuel.

Documents internes transmis

Les courriels rendus publics suggèrent qu’en 2010, alors qu’il occupait des fonctions d’envoyé commercial du Royaume-Uni, Andrew aurait transféré à Epstein des documents officiels et du matériel interne. Les envoyés au commerce sont généralement soumis à des règles strictes de confidentialité.

Un message de novembre 2010 montre Andrew envoyant quatre rapports gouvernementaux britanniques relatifs à des visites au Vietnam, à Singapour, à Hong Kong et à Shenzhen, reçus quelques minutes plus tôt d’un conseiller du palais après un déplacement en Asie. Le même jour, il aurait également fait suivre une série de fichiers intitulés « Overseas Bids 301110 », ainsi que des évaluations détaillées de dépenses liées à ses activités commerciales et caritatives.

Un autre courriel, daté du 24 décembre 2010, fait état de l’envoi à Epstein d’une note décrite comme un « brief confidentiel » émanant de l’équipe de reconstruction provinciale en Afghanistan, concernant des opportunités d’investissement international. Andrew y sollicitait « commentaires et idées ».

Discussions financières et projets d’investissement

Des échanges de mai 2010 évoquent une conversation privée antérieure avec Epstein sur la manière d’assumer une « responsabilité » en matière financière. Andrew y écrit qu’il n’y aurait « aucun problème » dès lors que les décisions d’investissement seraient déléguées à des trusts, banques ou « personnes de confiance ».

D’autres messages indiquent que le duc de York explorait un possible projet privé avec Epstein, baptisé « Green Park Group », tout en restant envoyé commercial. Une chaîne distincte mentionne des discussions autour d’un véhicule d’investissement désigné comme « Witan Holdings ».

En juillet 2010, Andrew apparaît dans des échanges relatifs à un montage « cash-for-oil » de 8 milliards de dollars impliquant des contacts à Abu Dhabi, Dubaï et en Libye. Les courriels font référence à des rôles potentiels de hauts responsables et à une introduction auprès d’un proche collaborateur de Muammar Gaddafi. D’autres correspondances traitent d’engagements commerciaux en Chine et de la préparation d’un voyage à Pékin.

Informations sensibles et entreprises

Les documents montrent également qu’Andrew partageait des informations internes avec un banquier basé à Abu Dhabi, notamment à propos d’une possible approche du constructeur automobile de luxe Aston Martin. Un assistant aurait ensuite transféré cet échange à Epstein.

Relations personnelles et témoignages

Les dossiers soulignent qu’Andrew a fréquenté Epstein avant et après sa condamnation en 2008 pour sollicitation de prostitution impliquant une mineure. Dans une déposition de 2009, l’ancien intendant d’Epstein, Juan Alessi, affirmait qu’Andrew séjournait « des semaines » dans la propriété du financier et recevait des « massages quotidiens ». Andrew a nié toute irrégularité.

Un courriel de 2010, peu après la fin de l’assignation à résidence d’Epstein, montre ce dernier présentant à Andrew une femme russe de 26 ans, décrite comme « belle » et « digne de confiance ». Andrew aurait répondu qu’il serait « ravi » de la rencontrer.

Les documents comprennent enfin des photographies d’Andrew en compagnie de plusieurs femmes, leurs visages étant masqués.

Source : Reuters

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