Les Américains estiment que l’affaire Epstein révèle l’impunité des élites (sondage)

Arrêté en 2019 pour trafic sexuel de mineurs, Epstein est mort la même année dans une cellule à Manhattan. Sa mort a été officiellement qualifiée de suicide, mais elle continue d’alimenter controverses et théories.

WASHINGTON, 18 février – La publication de millions de documents liés à Jeffrey Epstein ravive un profond malaise au sein de l’opinion publique américaine. D’après un nouveau sondage Reuters / Ipsos, une large majorité d’Américains considère que cette affaire illustre une réalité inquiétante : les puissants échappent trop souvent à la justice.

Une méfiance massive envers la responsabilité des élites

Selon l’enquête menée sur quatre jours, 69 % des répondants affirment que leur point de vue est « très bien » ou « extrêmement bien » résumé par l’idée que les « fichiers Epstein montrent que les personnes puissantes aux États-Unis sont rarement tenues responsables de leurs actes ».

À cela s’ajoutent 17 % qui jugent cette affirmation « plutôt fidèle » à leur opinion. Seuls 11 % estiment qu’elle ne correspond pas à leur manière de penser.

Ce scepticisme transcende les clivages politiques : plus de 80 % des Républicains comme des Démocrates déclarent que cette perception reflète au moins « quelque peu » leur vision.

Une avalanche de documents et des noms en vue

Sous ordre du Congrès, le Department of Justice a rendu publics des volumes considérables d’archives détaillant les relations du financier avec des personnalités issues du monde politique, économique, universitaire et des affaires. Ces liens s’étendent sur plusieurs années, avant et après son plaidoyer de culpabilité en 2008 pour des accusations liées à la prostitution, incluant la sollicitation d’une mineure.

Arrêté en 2019 pour trafic sexuel de mineurs, Epstein est mort la même année dans une cellule à Manhattan. Sa mort a été officiellement qualifiée de suicide, mais elle continue d’alimenter controverses et théories.

Des répercussions dans le monde de l’entreprise

Les révélations commencent à produire des effets tangibles dans la sphère économique. Des dirigeants de Goldman Sachs et de Hyatt Hotels ont récemment quitté leurs fonctions.

Cependant, d’autres figures citées dans les documents conservent leurs postes. Des emails montrent par exemple que Howard Lutnick, actuel secrétaire au Commerce, aurait rendu visite à Epstein sur son île privée en 2012 et l’aurait invité à une levée de fonds en 2015 pour Hillary Clinton.

De même, Mehmet Oz, aujourd’hui administrateur des Centers for Medicare and Medicaid Services, lui aurait adressé une invitation à une réception en 2016.

Aucune de ces personnalités n’est accusée d’actes répréhensibles.

Une affaire politiquement sensible

Le scandale continue de représenter un défi pour le président Donald Trump. Connu pour avoir côtoyé Epstein dans les années 1990 et 2000, Trump affirme avoir ignoré les crimes du financier et déclare avoir rompu tout lien avec lui avant son accord judiciaire de 2008.

Faut-il tourner la page ?

Si la défiance envers les élites semble largement partagée, les Américains divergent sur la nécessité de poursuivre le débat.

Parmi les Républicains, 67 % estiment qu’il est temps pour le pays de « passer à autre chose » concernant les fichiers Epstein. Chez les Démocrates, seuls 21 % partagent cet avis.

Méthodologie

Le sondage Reuters/Ipsos a été réalisé en ligne auprès de 1 117 adultes américains. La marge d’erreur est de ±3 points.

Source : Reuters

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