La situation paraît cette fois plus complexe : les indicateurs laissent entrevoir la possibilité d’un échec des négociations si les deux parties restent campées sur leurs positions, à moins qu’interviennent de fortes pressions extérieures — notamment de la part des États-Unis — pour pousser les parties vers une solution durable et définitive au conflit opposant le Maroc au Sahara Occidental.
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Le Front Polisario a levé le voile sur la composition de la délégation sahraouie chargée des négociations avec le Maroc en vue de rechercher une solution au conflit du Sahara Occidental. Cette équipe fait apparaître des visages attendus, reflétant la volonté de la direction de mettre en avant ses meilleurs diplomates.
Mohamed Salem Ould Salek (responsable de la délégation) : La nomination d’Ould Salek, premier conseiller diplomatique du président, en remplacement de Khatri Addouh (muté à l’ambassade d’Algérie), constitue une démarche stratégique. Ce choix garantit une supervision directe de la présidence sur les détails du processus de négociation et sur ses marges de manœuvre. La rupture avec la « règle coutumière » qui confiait la présidence de la délégation au président du Conseil national confirme que la priorité est aujourd’hui donnée à la longue expérience d’Ould Salek en tant qu’ancien ministre des Affaires étrangères, ainsi qu’à sa connaissance approfondie du parcours des négociations avec le Maroc.
Mohamed Yasslem Beissat : Sa présence au sein de l’équipe en tant que ministre des Affaires étrangères relève d’une évidence et d’une logique diplomatique, notamment pour faire face à la délégation marocaine généralement dirigée par Nasser Bourita.
Sidi Mohamed Omar : Il représente un poids lourd dans ce dossier : en tant que responsable des dossiers auparavant gérés par le défunt Mohamed Khaddad, il demeure la personne la plus proche et la plus au fait des coulisses de New York et des Nations unies.
Fatma El Mehdi : Son choix envoie un message politique à la communauté internationale et aux organisations de défense des droits humains quant au rôle central de la femme sahraouie et à sa représentation aux plus hauts niveaux de la décision politique et dans les positions les plus sensibles.
Mouloud Saïd (représentant du Front à Washington) : Il constitue un « choix judicieux » par excellence : comprendre la politique américaine requiert un homme doté de son expérience et de sa proximité avec les cercles de décision de la Maison-Blanche, ce qui pourrait apporter une valeur ajoutée qualitative dans la gestion des pressions et des intérêts.
En définitive, les résultats des négociations ne dépendent pas uniquement de l’habileté des personnes, mais aussi des « cartes de pression sur le terrain » dont dispose le Polisario et de sa capacité de manœuvre politique, tant en matière de concessions possibles que dans l’affichage de flexibilité vis-à-vis des propositions internationales.
La tâche n’est pas aisée : la partie adverse (la délégation marocaine) comprend des figures chevronnées telles qu’Omar Hilale et Nasser Bourita, soutenues par des personnages sahraouies soutenant les thèses de Rabat. Il ne faut pas oublier non plus que le Maroc aborde ces négociations en contrôlant environ 80 % du territoire, avec l’appui de la technologie des drones, un élément qui joue en faveur du Maroc. En revanche, la principale arme des sahraouis reste les résolutions du Conseil de sécurité, jusqu’à présent favorables au Polisario dans la mesure où elles « exigent l’accord des deux parties » comme condition essentielle à toute solution.
La situation paraît cette fois plus complexe : les indicateurs laissent entrevoir la possibilité d’un échec des négociations si les deux parties restent campées sur leurs positions, à moins qu’interviennent de fortes pressions extérieures — notamment de la part des États-Unis — pour pousser les parties vers une solution durable et définitive.
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