Maroc : Yassine Mansouri ignore la convocation de la justice néerlandaise

Des experts en sécurité estiment que cela pourrait nuire aux relations diplomatiques entre les deux pays. Le spécialiste du Maroc Paolo de Mas a déclaré à NRC que Mansouri est l’un des hommes les plus puissants du Maroc et qu’il fait partie du cercle le plus restreint du roi. Il juge en outre peu probable qu’Abderrahim El M. ait eu des contacts à un tel niveau.

Le juge souhaite entendre un proche du roi du Maroc dans une affaire de fuites de secrets d’État

Le procès contre le Néerlandais d’origine marocaine Abderrahim El M., soupçonné d’avoir divulgué des secrets d’État aux autorités marocaines, est entré dans une nouvelle phase. Le tribunal souhaite entendre un proche du roi du Maroc.

C’est ce que rapporte le quotidien NRC. El M. travaillait auparavant comme analyste auprès du coordinateur national de la lutte contre le terrorisme (NCTV) et est soupçonné d’avoir transmis des secrets d’État aux services de renseignement marocains au plus haut niveau.

L’affaire, en cours depuis février, a pris un nouveau tournant lorsque le tribunal de Rotterdam a proposé d’entendre comme témoin Yassine Mansouri, chef du service de renseignement extérieur (DGED) et proche du roi Mohammed VI. El M. aurait éventuellement été en contact direct avec lui.

Des experts en sécurité estiment que cela pourrait nuire aux relations diplomatiques entre les deux pays. Le spécialiste du Maroc Paolo de Mas a déclaré à NRC que Mansouri est l’un des hommes les plus puissants du Maroc et qu’il fait partie du cercle le plus restreint du roi. Il juge en outre peu probable qu’El M. ait eu des contacts à un tel niveau.

Selon le même journal, il existe toutefois des raisons de soupçonner Mansouri d’espionnage. Son nom est apparu dans une affaire d’ingérence marocaine au Parlement européen à Bruxelles. Les services de renseignement marocains sont en outre accusés d’utiliser des logiciels espions pour surveiller des journalistes, des militants et des responsables politiques, tant à l’intérieur qu’à l’étranger. D’après l’AIVD, le gouvernement marocain espionne également la diaspora aux Pays-Bas.

Les relations diplomatiques se poursuivent normalement

Jusqu’à présent, rien n’indique que l’affaire El M. porte atteinte aux relations diplomatiques entre le Maroc et les Pays-Bas. Le gouvernement marocain ne s’est, à ce jour, pas exprimé publiquement sur la question. Au contraire, les relations diplomatiques se sont poursuivies normalement. En février, l’ancien secrétaire d’État à l’Asile, Eric van der Burg, s’est rendu à Rabat pour rencontrer le ministre marocain de l’Intérieur afin de discuter de la migration, un thème important de coopération.

Trouw rapporte par ailleurs que le ministère public ne voit aucune valeur ajoutée à l’audition de membres des services de renseignement marocains. Entre-temps, Dick Schoof, qui était à l’époque le supérieur hiérarchique d’El M., a bien été entendu afin de recueillir « la vision interne » concernant le suspect et son accès à des documents secrets et confidentiels.

El M. a été arrêté en 2023 à l’aéroport de Schiphol, alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour le Maroc. Il était en possession de documents confidentiels qu’il aurait, selon la justice, voulu transmettre aux services secrets marocains. D’autres documents ont été découverts à son domicile. L’affaire se poursuivra en février. El M. est autorisé à attendre son procès en liberté.

Source : presse néerlandaise, 17 septembre 2025