L’ONU a accusé le Maroc d’espionner la MINURSO au Sahara Occidental, le hacker Chris Coleman a apporté les preuves

Dans son rapport au Conseil de sécurité de l'ONU, Ban Ki-moon s'est plaint que la force de l'ONU au Sahara occidental, connue sous le nom de MINURSO, est « incapable d'exercer pleinement ses fonctions de surveillance, d'observation et de compte rendu du maintien de la paix, ou de se prévaloir de l'autorité nécessaire pour inverser l'érosion » de sa capacité de fonctionnement. Il a exhorté le Conseil de 15 nations à l'aider à « réaffirmer le rôle mandaté de la MINURSO, à faire respecter les normes de maintien de la paix et la neutralité (de l'ONU), et à garantir que les conditions minimales pour le succès de l'opération de la Mission soient remplies ».

Un article de Reuters de 2012 détaille un rapport du Secrétaire général de l’ONU de l’époque, Ban Ki-moon, concernant les défis opérationnels et la surveillance auxquels la mission de la MINURSO a été confrontée au Sahara occidental. Ban Ki-moon a indiqué que la confidentialité des communications entre le siège de la MINURSO et New York avait été « compromise », suggérant que le Maroc aurait pu espionner la mission.

La force de l’ONU a été décrite comme étant incapable d’exercer pleinement ses fonctions de maintien de la paix, de surveillance et de compte rendu. Ban a exhorté le Conseil de sécurité à aider à réaffirmer le mandat et la neutralité de la mission.

Bien que le personnel civil jouissait d’une certaine liberté, l’accès à la population locale était contrôlé par les autorités marocaines. Le rapport notait un « effet dissuasif » sur les interactions avec les résidents (bien que cette formulation aurait été « édulcorée » dans les versions finales en raison de pressions politiques). Ce rapport faisait suite à l’échec d’un cycle de pourparlers médiatisés par l’ONU entre le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie.

Ban a demandé le renouvellement du mandat de la mission et une augmentation du nombre d’observateurs militaires afin de mieux surveiller le cessez-le-feu de 1991. Des diplomates ont affirmé que le langage du rapport avait été adouci suite aux pressions du Maroc et de son allié, la France. Le Front Polisario a qualifié ces révisions de « coup fatal porté à la crédibilité de l’ONU ».

L’article souligne la bataille en cours au sein du Conseil de sécurité pour savoir s’il faut élargir le mandat de la MINURSO afin d’inclure la surveillance des droits de l’homme — une mesure soutenue par le Polisario et l’Afrique du Sud, mais contestée par le Maroc et la France.

Révélations du Guardian : L’opération « House of Cards »

Dans la même lignée, The Guardian a publié un article intitulé : « Câbles fuités : Le Maroc a fait pression sur l’ONU pour qu’elle ferme les yeux sur le Sahara occidental dans une opération de type « House of Cards » ».

Selon le journal britannique, un rapport confidentiel de l’ONU a exposé une campagne sophistiquée du gouvernement marocain pour compromettre les communications des Nations Unies et bloquer la surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental. L’analyse, menée par le Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU (DOMP), décrit des « tactiques contraires à l’éthique » visant à garantir que l’organisation ferme les yeux sur la situation dans le territoire occupé.

Le rapport de l’ONU conclut que le Maroc a intercepté des correspondances internes de l’ONU en provenance de Genève, New York et Laâyoune, compromettant la confidentialité de l’organisation mondiale. Les câbles suggèrent que le Maroc a effectué des dons ciblés au bureau des droits de l’homme de l’ONU (HCDH) — incluant un paiement de 250 000 $ en 2011 — dans l’intention spécifique de rendre les responsables « plus attentifs » aux préoccupations marocaines et d’adoucir les rapports sur la région.

Le Maroc a réussi à faire pression pour empêcher la mission de paix (MINURSO) de recevoir un mandat de surveillance des violations des droits de l’homme, ce qui en fait l’une des rares missions au monde dépourvue d’une telle autorité. Des preuves montrent un effort concerté pour bloquer les visites de haut niveau au Sahara occidental, ciblant spécifiquement la Haute-Commissaire aux droits de l’homme de l’époque, Navi Pillay.

Le rapport suggère que le Maroc manque d’un désir réel de négocier une résolution, se concentrant plutôt sur la neutralisation de la surveillance de l’ONU. Les responsables marocains ont rejeté les documents divulgués, les qualifiant de « falsifiés » et « malveillants », attribuant la fuite à une tentative de déstabilisation du pays. Amnesty International a critiqué la présence de l’ONU, la jugeant inefficace si elle reste « inactive » alors qu’elle est témoin de violations sans mandat pour les signaler.

Deux ans plus tard, dans le cadre d’une opération de vengeance de la DGSE, un hacker français a apporté la preuve sur l’espionnage de la MINURSO par le Maroc. Voici quelques-unes:

Documents et correspondances mentionnés

Lettre envoyée le 25/10/2011 par Omar Manis (du bureau de la MINURSO à Tindouf) à Hany Abdelaziz concernant une réunion de la MINURSO avec le consul d’Espagne à Oran et le consul d’Italie à Alger concernant l’enlèvement de deux ressortissants espagnols et d’un ressortissant italien, ainsi que la sécurité des déplacements des membres de la MINURSO.

Rencontre entre le chef de la MINURSO et le ministre sahraoui de la Défense.

Lettre envoyée le 10/04/2011 par le chef de la MINURSO, Hany Abdelaziz, à toutes les branches de la mission, les informant de la nomination d’Hervé Ladsous comme Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, en remplacement d’Alain Le Roy.

Une demande faite par des journalistes japonais, invités par le Polisario, pour produire un reportage sur la MINURSO à Tifariti, dans les territoires libérés du Sahara occidental. Le document a été scanné et envoyé par un certain Ottman BADRI le 12/12/2011 à Mohammed Sitri.

Rapports sur la situation interne dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf.

Un câble confidentiel envoyé le 03/10/2011 par Hany Abdelaziz concernant les événements de Dakhla à son siège à New York.