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Gracié par Alger après un an d’incarcération et revenu discrètement en France mardi, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal s’exprimera pour la première fois depuis sa libération, ce dimanche soir, au journal de 20h de France 2, a rapporté dimanche L’Express. Une intervention très attendue, dans un contexte marqué par la fragilité des relations franco-algériennes.
France Télévisions a annoncé ce dimanche matin que l’auteur de 2084 répondra aux questions de Laurent Delahousse, avant d’autres prises de parole prévues lundi à la radio et dans un quotidien national. Un calendrier que ses proches qualifient de « très encadré ».
Un an de prison, une grâce et un retour discret
Âgé de 81 ans, Boualem Sansal a retrouvé la liberté le 12 novembre après une grâce accordée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, à la suite d’une demande des autorités allemandes. Incarcéré pour « atteinte à l’unité nationale » en raison de propos tenus en 2024, il était devenu l’un des symboles de la crispation diplomatique entre Paris et Alger.
Après un passage à Berlin pour des soins médicaux, le romancier est arrivé en France mardi, où il a été reçu par Emmanuel Macron. Ce retour s’est déroulé loin des caméras, signe de la sensibilité politique du dossier.
Un contexte diplomatique délicat
Selon Arnaud Benedetti, fondateur du comité de soutien de l’écrivain, Boualem Sansal est pleinement conscient « du contexte profondément marqué par la difficulté de la relation franco-algérienne ». Joint par l’AFP, il souligne que la moindre parole de l’auteur pourrait avoir des répercussions : « Sa parole sera scrutée, analysée, soupesée. »
Pour M. Benedetti, la France cherche actuellement à renouer un dialogue apaisé avec Alger, ce qui expliquerait la prudence entourant cette première prise de parole publique.
L’affaire Gleizes en arrière-plan
Si le cas Sansal est désormais clos, l’affaire du journaliste Christophe Gleizes reste un point de tension. Le collaborateur de So Foot et Society, âgé de 36 ans, a été condamné en juin à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ». Son procès en appel est prévu le 3 décembre. Une situation qui, selon le comité de soutien de Sansal, pèse inévitablement sur le paysage diplomatique actuel.
Un écrivain dissident sous surveillance
Figure des lettres algériennes, admirateur de Camus et d’Orwell, Boualem Sansal a souvent assumé une parole libre, quitte à provoquer la controverse. Son arrestation, le 16 novembre 2024 à l’aéroport d’Alger, avait encore tendu les relations entre la France et son ancienne colonie.
Selon Kamel Daoud, prix Goncourt 2024, qui l’a récemment joint, Sansal espère malgré tout une amélioration des relations bilatérales. « Sa combativité morale reste intacte », assure également Arnaud Benedetti.
Ce soir, sa voix, scrutée des deux côtés de la Méditerranée, pourrait donner le ton des prochains mois diplomatiques.
Libéré le 12 novembre, Boualem Sansal reste très encadré par les autorités françaises. Le fondateur de son comité de soutien décrit une parole surveillée, dans un contexte diplomatique sous tension. C’est ainsi qu’il a été discrètement accueilli à l’Elysée par Emmanuel Macron après son retour d’Algérie. Selon le journaliste du JDD, Raphaël Stainville, « c’est la première fois qu’on voit un ex-otage être maintenu dans le silence».
La fille de Boualem Sansal a déclaré aux médias français que le gouvernement n’y est pour rien dans la libération de son père.Elle ajoute même qu’elle n’a jamais eu de réponse du président Macron après une lettre.
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