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Ramón Cuerda Riva, ancien militaire et expert en sécurité, dresse un portrait implacable du Maroc : corruption systémique, promotion du narcotrafic et création de cellules terroristes. Une vision critique et révélatrice.
Le nom de Mehdi Hijaouy, inconnu du grand public il y a encore quelques mois, est aujourd’hui celui qui fait trembler les murs du Palais royal à Rabat. Ancien haut cadre – et selon certaines sources, véritable numéro deux – des services secrets extérieurs marocains (DGED), Hijaouy détient les clés d’un édifice fragile : celui d’un régime dont la façade de stabilité dissimule un enchevêtrement de corruption, de répression et de compromissions géopolitiques.
Il ne s’agit plus d’un simple agent en fuite. Mehdi Hijaouy est devenu le témoin gênant par excellence, l’homme que le pouvoir marocain veut réduire au silence, coûte que coûte. Pourquoi ? Parce qu’il sait tout.
Au Maroc, les services de renseignement fonctionnent à deux têtes : la DGST (sécurité intérieure), dirigée d’une main de fer par Abdellatif Hammouchi, et la DGED (renseignement extérieur), bras actif du royaume dans les opérations d’influence et de surveillance à l’étranger.
Hijaouy occupait un poste stratégique dans ce dernier appareil, au cœur d’opérations sensibles allant de la surveillance des opposants à l’étranger à la coordination d’opérations cybernétiques comme l’affaire Pegasus. Son rôle dans les campagnes d’espionnage contre des journalistes, des militants, mais aussi contre des dirigeants européens et africains, lui conférait un pouvoir immense — un pouvoir qu’il n’exerce plus, mais qu’il n’a pas oublié.
Depuis sa défection, Hijaouy est devenu une menace existentielle pour le système de contrôle et de domination tissé patiemment par le Makhzen. Car il ne s’agit pas seulement d’écoutes ou de manipulations diplomatiques : Hijaouy connaît les circuits financiers occultes, les liaisons dangereuses entre militaires et narcotrafiquants, les noms derrière les opérations clandestines au Sahel, les montages qui permettent le blanchiment d’argent via les phosphates du Sahara occidental ou les concessions de pêche fictives à Dakhla.
À travers lui, ce sont les zones grises du régime marocain qui risquent de devenir visibles
Les révélations de Hijaouy pourraient désintégrer l’image que Rabat tente désespérément de vendre à ses alliés : celle d’un « partenaire fiable » dans la lutte contre le terrorisme et pour la stabilité régionale. Or, ce que dessine l’enquête, c’est une toute autre réalité : un régime dont les services sont impliqués dans l’organisation ou la couverture de flux de drogue destinés à financer les groupes terroristes au Sahel. Un régime où le commandement militaire sert ses intérêts privés, et non ceux de l’État. Un régime où la corruption est non pas un accident, mais une structure.
Cette vérité-là, Hijaouy l’incarne. Et c’est ce qui le rend intolérable pour le pouvoir.
opaque, sans contrôle parlementaire effectif, avec une faible reddition de comptes et sur laquelle aucune information publique officielle n’existe au Maroc.
Inspiré par des unités similaires de renseignements étrangers, le « Service Action » marocain est chargé de mener des opérations spéciales et clandestines, notamment à l’étranger. Ses missions incluraient :
-Suivi et surveillance à l’étranger.
-Neutralisation des menaces perçues par le régime.
-Manipulation de l’information.
-Soutien secret dans des opérations politiques ou diplomatiques sensibles.
Divers médias internationaux – tels que Le Monde, Le Desk, Yabiladi ou El Confidencial – ont publié des enquêtes sur la DGED et sur cette unité, notamment dans le contexte de l’affaire Mehdi Hijaouy.
Selon des rapports journalistiques et des fuites, le « Service Action » aurait été impliqué dans des opérations de cyberespionnage et de suivi de dissidents en Europe, y compris son infiltration dans des réseaux diplomatiques et la surveillance d’opposants via le logiciel espion Pegasus, développé par l’entreprise israélienne NSO Group.
Pegasus aurait été utilisé par le « Service Action » pour espionner de hauts responsables d’Espagne et de France, y compris Pedro Sánchez et Emmanuel Macron, et des journalistes comme Omar Radi et Maati Monjib, tous deux d’origine marocaine. Parmi les personnes affectées figureraient également, ainsi que Claude Mangin, épouse du militant sahraoui Naâma Asfari.
El Ghayeb Lamin
Source: La patrie news
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