La gifle est cinglante. Toute la presse aux ordres du Makhzen est encore sonnée après les déclarations de Massad Boulos. Pris de panique, les éditorialistes et relais officiels marocains, incapables d’assumer l’échec, se sont rués dans des attaques hystériques contre l’émissaire de Donald Trump. Le mirage s’effondre.
L’interview accordée par Boulos à France 24 enterre définitivement les illusions triomphalistes de Rabat. L’homme de Trump l’a martelé : aucune solution imposée n’est à l’ordre du jour. Pire pour le Palais : il a salué l’Algérie comme un « très bon partenaire » stratégique des États-Unis, et rappelé que Washington ne dictera rien. La solution appartient exclusivement au peuple sahraoui, qui s’exprime librement par son représentant légitime : le Front Polisario. Le droit international vient de claquer la porte au nez de l’annexion.Dans un précédent papier, « Les quatre phrases qui font mal à Rabat », j’annonçais la débâcle diplomatique qui se profilait. Septembre 2026 confirme l’humiliation : le Maroc a tout bradé pour rien.
Depuis un an, Rabat s’est prosterné devant l’administration Trump, trahissant ses propres principes pour plaire à Washington. La liste des reniements est accablante : élévation des représentations avec Israël au rang d’ambassades, financement du Conseil de la paix, envoi de troupes pour « stabiliser » Gaza et réprimer les Palestiniens que Bourita ose qualifier d’« extrémistes », ouverture du territoire aux industries de mort américaines et israéliennes… Le Maroc a vendu son âme.
Et pour quel résultat ? Pendant des années, Rabat a conditionné sa normalisation avec Israël à une victoire définitive sur le dossier du Sahara occidental. Résultat : la normalisation est actée, irréversible, gravée dans le marbre. L’engagement américain, lui, reste verbal, fragile, réversible au gré des intérêts de Washington. Rabat a donné du concret contre du vent. C’est l’échec total d’une diplomatie du chantage et de la soumission. Offrir des garanties irréversibles en échange de promesses volatiles relève de l’amateurisme stratégique. Le Makhzen a misé le sang des Palestiniens et la souveraineté nationale pour des déclarations que Washington peut renier demain. Seule une révolte populaire pourrait désormais faire reculer le pouvoir sur ces concessions honteuses.
Dans son aveuglement colonial, Rabat a cru que soutenir le Maroc signifiait forcément lâcher l’Algérie. Naïveté géopolitique. Washington joue sur tous les tableaux : il caresse le Makhzen d’une main, et consolide un partenariat stratégique vital avec Alger de l’autre. Pour les États-Unis, le Maroc est un pion. L’Algérie, un pilier.Les faits sont têtus. Depuis son retrait du Niger, le Pentagone a perdu ses yeux au Sahel. L’Algérie, elle, reste la clé de voûte du renseignement et de la lutte antiterroriste dans la région. Sa coopération sécuritaire avec Washington est irremplaçable. Le Maroc, sans frontière avec le Mali ou le Niger, n’a aucun levier comparable. Il n’a que des discours. Le nerf de la guerre achève de trancher. ExxonMobil et Chevron lorgnent les gigantesques bassins gaziers du sud algérien. Sinopec y pousse déjà ses pions. Les terres rares algériennes attirent toutes les convoitises de Washington. Face à ça, que propose Rabat ? Des alignements politiques et des bases pour Israël. L’Algérie offre des ressources et une position géographique. Le Maroc offre sa soumission.
Le cynisme américain est limpide : Washington qualifie les discussions de « constructives » pour ménager Rabat, mais ne signe rien. Car l’inacceptable reste inacceptable : l’autonomie sous souveraineté marocaine est une insulte au droit à l’autodétermination. Elle ne passera ni sur le fond, ni sur la forme. D’autres voies existent : celle d’un État sahraoui souverain, librement associé si le peuple sahraoui le décide. Le Pacifique Sud l’a prouvé : des peuples ont accédé à la souveraineté via la libre association, avec leurs constitutions, leurs institutions, et la maîtrise de leur politique étrangère. Ces modèles ne sont pas des copier-coller, mais ils explosent le cadre étriqué de l’« autonomie » coloniale que Rabat veut imposer.
Le Sahara occidental n’est pas à vendre
.La conclusion est brutale pour le Makhzen : le soutien américain au plan marocain n’a jamais été exclusif, et ne le sera jamais. Il coexiste déjà avec un axe Alger-Washington que Rabat ne peut plus nier. Ce que le Palais vend comme un « alignement historique » n’est pour la Maison Blanche qu’une option tactique parmi d’autres. Une reconnaissance américaine, même réitérée, ne vaut pas règlement international. Elle ne blanchit pas l’occupation. Elle ne légitime pas l’annexion.
Pendant que les intérêts américains au Sahel et dans l’énergie consolident Alger, Rabat découvre qu’elle a confondu « soutien » et « victoire ». Washington n’a signé aucun chèque en blanc. Le peuple sahraoui, lui, n’a pas dit son dernier mot. L’autodétermination n’est pas négociable.
MH
Source : Urgent Algérie
#Sahara Occidental #Algérie #Maroc #EtatsUnis #peuple_sahraoui #autonomie
Soyez le premier à commenter