Dans un nouveau rapport de 126 pages, Amnesty International affirme documenter un vaste système de surveillance visant des journalistes, militants et défenseurs des droits humains au Maroc.
Au cœur des révélations : le recours présumé à Pegasus, le puissant logiciel espion développé par NSO Group. Selon Amnesty, les autorités marocaines auraient utilisé Pegasus entre 2017 et 2021, et possiblement au-delà, pour cibler des défenseurs des droits humains et des journalistes au Maroc comme à l’étranger.
L’organisation affirme également avoir identifié près de 13 000 numéros de téléphone uniques sélectionnés comme cibles potentielles par le client marocain de Pegasus, que le rapport identifie comme la DGST.
Mais Pegasus ne serait, selon l’enquête, qu’un élément d’un dispositif beaucoup plus large : logiciels espions, interception des communications, géolocalisation, IMSI catchers, extraction de données téléphoniques, caméras et microphones cachés, ainsi que d’autres techniques de surveillance sont décrits dans le rapport.
Amnesty affirme également que des informations privées obtenues par la surveillance auraient ensuite été utilisées dans des campagnes de diffamation visant des défenseurs des droits humains, notamment à travers des médias et des réseaux sociaux. L’organisation précise toutefois qu’elle n’a pas pu vérifier indépendamment, dans chaque cas, la source exacte des informations diffusées.
Le rapport s’appuie notamment sur le témoignage d’un ancien membre des services de renseignement marocains, présenté sous le pseudonyme « Safir », ainsi que sur des données de surveillance divulguées, des documents internes, des analyses techniques et des entretiens avec des journalistes et défenseurs des droits humains. Amnesty indique avoir vérifié l’identité et le parcours professionnel de cette source et avoir recoupé plusieurs éléments de son témoignage avec des sources indépendantes.
Amnesty International appelle les autorités marocaines à mettre fin à la surveillance des journalistes et défenseurs des droits humains exerçant légitimement leurs droits, à réformer le cadre légal de la surveillance et à mener des enquêtes indépendantes sur les pratiques dénoncées.
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Une enquête qui relance le débat sur la surveillance numérique, la liberté de la presse et la protection de la société civile au Maroc.
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