Connue dans le monde entier pour son engagement contre le changement climatique, Greta Thunberg a choisi le Festival du film de Zurich (ZFF) pour élargir une nouvelle fois le champ de son activisme. La militante suédoise participe mercredi à une table ronde consacrée aux liens entre crise climatique et situation des réfugiés sahraouis, à l’occasion de la présentation du documentaire My Home of Wind and Sand.
Selon Blue News, Greta Thunberg a participé mardi à la première mondiale du film au ZFF, aux côtés de sa protagoniste, Najla Mohamed Lamin, et du réalisateur Patrick Wally. Après avoir foulé le « Green Carpet », la militante a assisté à la projection avant de prendre part à une séance de questions-réponses avec le public.
« Une trahison » et un conflit ignoré
À l’issue de la projection, Greta Thunberg a livré une lecture très critique de la situation sahraouie. Elle a notamment décrit le film comme particulièrement émouvant et évoqué ce qu’elle considère comme une « trahison », faisant référence à l’occupation et au manque d’attention internationale accordée au conflit.
Elle a également appelé les personnes disposant d’une tribune publique à se solidariser avec les Sahraouis et à contribuer à faire connaître leur situation.
Le documentaire présenté à Zurich s’intéresse notamment à la vie de Najla Mohamed Lamin et à l’expérience des réfugiés sahraouis. Le débat organisé mercredi doit permettre de prolonger la réflexion autour du lien entre justice climatique, déplacement des populations et conflit politique.
Du climat aux camps de réfugiés
Cette prise de position s’inscrit dans la continuité d’un engagement de Greta Thunberg sur la question sahraouie. La militante s’était rendue en 2025 dans les camps de réfugiés sahraouis situés près de Tindouf, en Algérie, où elle avait rencontré Najla Mohamed Lamin. Elle avait alors souligné le paradoxe qu’elle percevait entre la faible contribution des populations sahraouies à la crise climatique et leur exposition importante à ses conséquences.
À Zurich, elle reprend donc un argument déjà présent dans son discours sur la « justice climatique » : les populations les moins responsables du réchauffement seraient également parmi celles qui en subissent le plus durement les conséquences.
Le Sahara occidental au cœur du débat
La présence de Greta Thunberg au ZFF donne ainsi une dimension internationale supplémentaire au documentaire My Home of Wind and Sand. Le Sahara occidental demeure au centre d’un conflit politique vieux de plusieurs décennies entre le Maroc et le Front Polisario. Rabat contrôle la majeure partie du territoire, tandis que le Front Polisario revendique l’indépendance et défend l’organisation d’un référendum d’autodétermination.
La question est également liée à celle des ressources naturelles et de leur exploitation, un sujet que les défenseurs de la cause sahraouie associent de plus en plus aux enjeux environnementaux et climatiques. Lors d’une conférence internationale consacrée à la solidarité avec le peuple sahraoui en janvier 2025, Greta Thunberg avait déjà participé à un atelier consacré au changement climatique et à la justice climatique.
Une nouvelle tribune internationale
En apparaissant au Festival du film de Zurich, Greta Thunberg transforme donc une nouvelle fois une question environnementale en tribune pour des enjeux de droits humains et de justice internationale. Après avoir fait de l’urgence climatique son principal combat depuis son adolescence, la militante suédoise s’exprime désormais également sur plusieurs conflits et causes internationales.
Au ZFF, son intervention autour de My Home of Wind and Sand illustre cette évolution : le climat n’est plus abordé uniquement comme une question environnementale, mais également à travers les notions de justice, de déplacement et de vulnérabilité des populations.
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