Révélations de Mediapart : Jordan Bardella confronté à des accusations d’antisémitisme

Selon Mediapart, plusieurs messages attribués à Jordan Bardella contiennent des propos visant les Juifs et développant l’idée d’une influence supposée d’Israël ou des milieux financiers sur la politique française.

Le président du Rassemblement national est au cœur d’une nouvelle controverse après la publication, ce lundi 28 septembre, d’une enquête de Mediapart lui attribuant des propos antisémites et complotistes tenus dans des échanges privés entre 2013 et 2015. Jordan Bardella conteste formellement l’authenticité de ces documents et annonce des poursuites pour diffamation.

La campagne présidentielle française est rattrapée par une polémique visant l’un des principaux dirigeants du Rassemblement national. Dans une enquête publiée lundi, le média d’investigation Mediapart affirme avoir retrouvé plusieurs dizaines de conversations privées datant des premières années de l’engagement politique de Jordan Bardella. Le média assure avoir procédé à des vérifications et recoupements avant leur publication.

À l’époque des échanges concernés, Jordan Bardella est encore un jeune militant du Front national. Né en septembre 1995, il fête ses 18 ans en 2013 et devient l’année suivante responsable de la fédération du FN en Seine-Saint-Denis.

Des propos antisémites et des théories complotistes

Selon Mediapart, plusieurs messages attribués à Jordan Bardella contiennent des propos visant les Juifs et développant l’idée d’une influence supposée d’Israël ou des milieux financiers sur la politique française.

Le média rapporte notamment une phrase affirmant que « toutes les banques sont détenues par des juifs », ainsi que d’autres messages évoquant une prétendue domination juive et un « Nouvel Ordre mondial » qui serait dominé par Israël. Des personnalités comme Bernard-Henri Lévy ou Jacques Attali auraient également été citées dans ces échanges.

L’enquête évoque par ailleurs des propos attribués au jeune militant sur Pierre Moscovici et d’autres responsables politiques, auxquels il aurait prêté une proximité avec Israël ou les intérêts financiers.

Mediapart affirme également avoir retrouvé des messages dans lesquels Jordan Bardella aurait relayé plusieurs théories complotistes, notamment sur les attentats du 11-Septembre, la Réserve fédérale américaine ou encore une prétendue survie d’Adolf Hitler après la Seconde Guerre mondiale. Le média évoque aussi une proximité intellectuelle revendiquée à l’époque avec Alain Soral et un soutien à Dieudonné.

Toujours selon l’enquête, des échanges internes au FN montreraient également une volonté de contrôler l’image publique du mouvement et d’éviter que certaines prises de position de militants ne soient rendues publiques.

Mediapart rapporte enfin qu’en 2014, alors que Bardella dirigeait la fédération FN de Seine-Saint-Denis, un militant récemment converti à l’islam aurait été poussé vers la sortie, sa conversion ayant été présentée comme problématique dans des échanges internes.

Bardella dénonce des « faux grossiers »

Jordan Bardella rejette catégoriquement les accusations. Sollicité avant la publication de l’enquête, il a déclaré à Mediapart n’avoir jamais tenu, « en public comme en privé, par oral ou par écrit », de propos racistes ou antisémites de cette nature.

Le président du RN affirme que les documents présentés sont des « faux grossiers » et dénonce une opération destinée à porter atteinte à son honneur. Il a également annoncé son intention d’engager des poursuites judiciaires contre Mediapart pour diffamation. Son avocat a confirmé lundi à RTL la préparation de cette démarche.

Sur les réseaux sociaux, Jordan Bardella a de nouveau contesté les accusations et dénoncé ce qu’il présente comme une tentative de déstabilisation politique à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.

Marine Le Pen et le RN font bloc derrière leur président

La direction du Rassemblement national a immédiatement apporté son soutien à Jordan Bardella.

Interrogée sur l’enquête lors d’un déplacement à Paris, Marine Le Pen a rejeté les accusations, parlant d’une « dinguerie » et d’une « barbouzerie ». Plusieurs responsables du parti ont également dénoncé ce qu’ils considèrent comme des accusations infondées.

Cette défense intervient alors que le RN cherche depuis plusieurs années à rompre avec l’image et les prises de position qui ont marqué l’histoire du Front national sous la direction de Jean-Marie Le Pen. La question de l’antisémitisme occupe ainsi une place particulière dans la stratégie de « dédiabolisation » menée par le parti.

Une vive réaction de la gauche et du gouvernement

Les révélations ont également provoqué de nombreuses réactions dans les autres formations politiques.

Plusieurs responsables de gauche ont condamné les propos rapportés par Mediapart tout en conditionnant leurs déclarations à l’authenticité des documents. Des membres du gouvernement ont eux aussi qualifié les faits allégués de particulièrement graves.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a notamment déclaré que l’antisémitisme ne pouvait, selon lui, être considéré comme un simple « accident de parcours » pour le RN. D’autres responsables politiques ont appelé Jordan Bardella à s’expliquer publiquement, tandis que certains élus de gauche ont réclamé sa démission.

À droite, les réactions sont plus contrastées. Dominique de Villepin a appelé à éviter « un procès d’intention gratuit » tout en estimant que l’affaire soulevait une question politique importante autour de la stratégie de « dédiabolisation » du RN.

Une polémique qui intervient à un moment stratégique

Ces révélations interviennent à quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, alors que Jordan Bardella est devenu l’une des figures centrales du Rassemblement national et que Marine Le Pen porte à nouveau les couleurs du parti pour l’élection présidentielle.

L’enquête de Mediapart et le démenti catégorique de Jordan Bardella ouvrent désormais une bataille à la fois médiatique et judiciaire. Le média maintient ses révélations et affirme avoir travaillé pendant plusieurs mois à partir de dizaines de conversations écrites, tandis que le président du RN soutient que les éléments publiés sont falsifiés.

À ce stade, les accusations rapportées par Mediapart restent donc contestées par l’intéressé. La plainte annoncée par Jordan Bardella pourrait désormais déplacer une partie de la controverse sur le terrain judiciaire, où l’authenticité et l’attribution des documents pourront notamment être examinées.

#JordanBardella #RN #Antisémitisme

Visited 64 times, 1 visit(s) today

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*