La création et l’installation du Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger constituent une évolution importante dans la relation de l’Algérie avec ses compétences établies à travers le monde.
Le message affiché est clair : passer de relations ponctuelles à un partenariat institutionnel durable.
C’est une bonne direction, que j’avais déjà saluée lors de son annonce. Mais la véritable question commence maintenant : que va-t-on faire concrètement de cette intelligence algérienne dispersée dans le monde ? Et surtout, il ne faudrait pas réduire la question au seul « retour des cerveaux ».
L’enjeu n’est pas nécessairement de faire revenir définitivement ceux qui sont partis. L’enjeu est de faire circuler les compétences, les connaissances, les réseaux et les expériences entre l’Algérie et sa diaspora. Un chercheur peut contribuer sans rentrer définitivement.
Un ingénieur peut accompagner un projet depuis l’étranger.
Un entrepreneur peut investir et créer des partenariats.
Un professeur peut codiriger une recherche.
Un expert peut participer à la conception d’une politique publique.
C’est cela, une véritable politique avec la diaspora.
Le Haut Conseil peut devenir un instrument utile de cette nouvelle approche. Mais sa réussite dépendra de sa capacité à dépasser les déclarations de principe, à travailler avec l’ensemble de la communauté scientifique algérienne à l’étranger et, surtout, à produire des résultats mesurables.
Car les compétences de la diaspora ne sont pas une réserve que l’on sollicite lorsque l’on en a besoin.
Elles peuvent devenir une partie intégrante de la capacité de l’Algérie à produire du savoir, de l’innovation et de la richesse.
Après les mots et les symboles, vient maintenant le temps des mécanismes, des projets et des résultats.
Passer d’une politique envers la diaspora à une politique avec la diaspora : voilà le véritable enjeu.
Source : Jil Jadid
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